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Le Solstice d’été

Le Solstice d’été Poésie

「昼晷已云极,宵漏自此长。」

Début du terme solaire: 2027-06-21 – 2027-06-22
Le Solstice d’été est le jour où la durée de la lumière atteint son maximum ; à partir de là, les nuits commencent peu à peu à s’allonger. Fan Chengda écrit “李核垂腰祝饐,粽子系臂扶羸.” La poésie du Solstice d’été évoque souvent la transformation…

La poésie du Solstice d’été écrit souvent le rythme céleste selon lequel le yang atteint son extrême et le yin commence à naître, tandis que le jour et la nuit entrent dans un nouveau mouvement de transformation. Wei Yingwu, avec “昼晷已云极,宵漏自此长”, consigne le moment où la longueur du jour atteint son apogée ; Fan Chengda, avec “李核垂腰祝饐,粽子系臂扶羸”, décrit les coutumes du Solstice d’été. Sous la plume des poètes apparaissent les cigales chantant dans les grands arbres, les lotus brillant au soleil et les jeunes pousses de bambou, mais aussi la réflexion philosophique de “夏至一阴生”. Dans le jour le plus long de l’année, les poètes saisissent par l’encre et le pinceau le mouvement de la lumière et de l’ombre : lorsque le jour atteint son extrême, le yin a déjà commencé à naître ; le rythme de la nature ne manque jamais son rendez-vous.

Le Solstice d’été / Poésie

Poésie de Le Solstice d’été

Chanter les saisons · Donner voix au cœur
夏至日作

夏至日作

Dynastie Dynastie Tang
Auteur Quan Deyu
Forme Poème

Vers originaux:

璿枢无停运,四序相错行。

寄言赫曦景,今日一阴生。

Traduction moderne:

Le pivot céleste de la Grande Ourse ne cesse jamais de tourner, et les quatre saisons se succèdent tour à tour. Je voudrais dire à cette lumière brûlante de l’été : à partir d’aujourd’hui, jour du Solstice d’été, le yin commence silencieusement à naître.

Analyse:

Ce quatrain de cinq caractères fait entrer l’astronomie et la philosophie dans la poésie avec une grande concision. “璿枢无停运” écrit le mouvement incessant de la Grande Ourse et suggère que les lois régissant le ciel ne peuvent être modifiées. “四序相错行” décrit l’alternance ordonnée des quatre saisons. Les deux premiers vers partent des grandes lois du cosmos, tandis que les deux derniers se concentrent sur le moment particulier du Solstice d’été. “寄言赫曦景” personnifie le soleil estival, comme si le poète s’adressait directement à lui ; “今日一阴生” indique le sens astronomique et philosophique essentiel du Solstice d’été : c’est le jour où le yang atteint son apogée, mais aussi celui où le yin commence à naître, selon l’idée exprimée par “夏至一阴生.” Bien que le poème ne compte que vingt caractères, il réunit astronomie, phénomènes saisonniers et philosophie, incarnant cette sagesse poétique des Tang qui consiste à voir le grand à travers le petit.

夏至雨霁与陈履常暮行溪上 · 其一

夏至雨霁与陈履常暮行溪上 · 其一

Dynastie Dynastie Song
Auteur Han Wei
Forme Ci (lyrique)

Vers originaux:

西山已暗隔金钲,犹照东山一抹明。

片子时间弄山色,乍黄乍紫忽全青。

Traduction moderne:

Les montagnes de l’ouest sont déjà plongées dans l’ombre, cachant le soleil couchant semblable à un gong d’or ; pourtant, sa lumière éclaire encore une mince bande des montagnes de l’est. En l’espace de quelques instants, le couchant joue avec les couleurs des montagnes : tantôt dorées, tantôt pourpres, puis soudain entièrement bleu-vert.

Analyse:

Ce poème décrit l’étrange beauté du crépuscule après la pluie, au Solstice d’été, alors que le poète se promène au bord d’un ruisseau. “西山已暗隔金钲” écrit le soleil qui descend et disparaît derrière les montagnes occidentales ; “金钲”, ancien instrument de percussion semblable à un gong, constitue une image vive du soleil couchant. “犹照东山一抹明” montre que la lumière restante éclaire encore une mince bande de la montagne orientale. D’un côté l’ombre, de l’autre la lumière : le contraste est net. Les deux derniers vers, “片子时间弄山色,乍黄乍紫忽全青”, utilisent un rythme très rapide pour écrire les transformations instantanées des couleurs de la montagne au crépuscule. “片子时间” signifie en l’espace d’un bref instant, et “乍黄乍紫忽全青” enchaîne trois couleurs pour montrer comment les dernières lueurs du soleil et les reliefs s’imprègnent mutuellement et changent sans cesse. Le Solstice d’été est le jour le plus long de l’année ; le coucher du soleil y est donc particulièrement tardif et prolongé. Ce que le poète saisit, c’est précisément la métamorphose de la lumière et des couleurs à cet instant particulier.

夏至

夏至

Dynastie Dynastie Ming
Auteur Gu Lin
Forme Poème

Vers originaux:

日永星火,以正仲夏。

火流暑退,金气始下。

井梧叶绿,砌槿花赭。

忽忽时变,感物伤化。

Traduction moderne:

Le jour s’allonge, et l’étoile du Feu, Antarès, apparaît plein sud au crépuscule, marquant le cœur de l’été. Lorsque l’étoile du Feu commence à se déplacer, la chaleur décline peu à peu et le souffle de l’automne commence silencieusement à descendre. Les feuilles du parasolier près du puits restent vertes, tandis que les hibiscus devant les marches portent des fleurs rouge brun. Le temps change avec une rapidité troublante ; en voyant les transformations des choses, on ne peut s’empêcher d’en être attristé.

Analyse:

Il s’agit d’un poème ancien en vers de quatre caractères, au style sobre et solennel, qui conserve quelque chose de l’esprit du *Classique des vers*. Les deux premiers vers, “日永星火”, viennent du *Yao Dian* du *Livre des Documents* et situent le Solstice d’été à travers les phénomènes astronomiques : “日永” désigne le jour le plus long, tandis que “星火” renvoie à l’étoile du Feu, Antarès, visible plein sud au crépuscule à cette époque. Cette manière de déterminer les saisons par les astres prolonge une tradition remontant à l’Antiquité pré-Qin. “火流暑退,金气始下” écrit le principe selon lequel, au Solstice d’été, le yin commence à naître : même au cœur de la chaleur se trouve déjà caché le premier souffle de l’automne ; “金气” désigne le souffle du Métal, associé à l’ouest et à l’automne. Les quatre derniers vers passent du paysage immobile des feuilles vertes du parasolier près du puits à la teinte rouge sombre des hibiscus devant les marches, puis se ferment sur “忽忽时变,感物伤化.” Le poème unit ainsi le Solstice d’été à une méditation sur les transformations de la vie et le passage du temps, avec une beauté mélancolique née de l’émotion devant le changement.

夏至

夏至

Dynastie Dynastie Song
Auteur Sima Guang
Forme Poème

Vers originaux:

朝雨晚晴夏至天,绿阴幽草胜花时。

一觞一咏聊自适,莫问人间荣与衰。

Traduction moderne:

En ce jour de Solstice d’été, il pleut le matin et le ciel s’éclaircit le soir ; l’ombre verte et les herbes discrètes me semblent plus belles encore que la saison des fleurs. Une coupe de vin, un poème : cela me suffit pour trouver mon propre contentement ; inutile de demander ce qu’il en est de la gloire ou du déclin dans le monde des hommes.

Analyse:

Sima Guang prend pour arrière-plan les changements de pluie et d’éclaircie du Solstice d’été et exprime un détachement à l’égard des affaires du monde. “朝雨晚晴夏至天” décrit les variations météorologiques du jour : pluie le matin, ciel dégagé le soir, un trait fréquent des pluies convectives de cette saison. “绿阴幽草胜花时” oppose l’ombre verte et les herbes discrètes aux fleurs du printemps et exprime l’esthétique Song où la simplicité paisible l’emporte sur l’éclat luxuriant : les ombres profondes et les herbes du plein été possèdent une vitalité supérieure à celle des fleurs printanières. Les deux derniers vers, “一觞一咏聊自适,莫问人间荣与衰”, expriment directement le cœur du poète : il trouve son contentement dans le vin et la poésie, sans plus s’interroger sur les succès et les déclins du monde humain. En quatre vers seulement, le poème fond climat, phénomènes saisonniers et état d’esprit en un ensemble bref et puissant.

夏至

夏至

Dynastie Dynastie Song
Auteur Zhao Fan
Forme Poème

Vers originaux:

老去人间百事慵,夏来长日睡方浓。

绿阴满地蝉声静,惟有幽禽自往还。

Traduction moderne:

En vieillissant, je deviens indolent devant toutes les affaires du monde. L’été arrive, les jours sont longs et le sommeil devient profond. L’ombre verte couvre le sol et même le chant des cigales semble se fondre dans le silence ; seuls les oiseaux des lieux retirés vont et viennent librement.

Analyse:

Zhao Fan prend pour arrière-plan les longues journées du Solstice d’été et écrit la langueur et le loisir propres à la vieillesse. “老去人间百事慵” indique dès l’ouverture l’état d’esprit des dernières années : les affaires humaines ne suscitent plus d’enthousiasme. “夏来长日睡方浓” écrit les longues journées estivales et le sommeil devenu particulièrement profond. “绿阴满地蝉声静” utilise l’ombre verte couvrant le sol pour exprimer la densité et la fraîcheur de l’été. Les trois caractères “蝉声静” sont particulièrement subtils : ils ne signifient pas qu’il n’y ait aucun chant de cigale, mais que celui-ci s’est fondu dans le silence, faisant ressortir davantage encore la quiétude du lieu. Le dernier vers, “惟有幽禽自往还”, clôt le poème sur les oiseaux qui vont et viennent librement. Leur liberté contraste avec l’indolence du poète, mais cette indolence n’a rien de décadent : c’est une sérénité déposée par les années. La langue est simple mais savoureuse, offrant un portrait authentique de l’état d’esprit de la vieillesse au temps du Solstice d’été.

夏至

夏至

Dynastie Dynastie Song
Auteur Yang Wanli
Forme Poème

Vers originaux:

不是清凉罢挥扇,自缘手倦歇些时。

登台长早下台迟,移遍胡床无处移。

Traduction moderne:

Ce n’est pas parce qu’il fait enfin frais que je cesse d’agiter l’éventail ; c’est simplement que mon bras est fatigué et que je dois me reposer un instant. Je monte tôt sur la terrasse élevée et n’en redescends que tard ; je déplace sans cesse mon siège pliant, sans trouver nulle part un endroit réellement frais.

Analyse:

Ce quatrain écrit avec humour la chaleur accablante après le Solstice d’été. “登台长早下台迟” montre le poète s’attardant sur une terrasse élevée, peut-être parce qu’elle reçoit davantage de vent que le sol ; “移遍胡床无处移” le montre déplaçant sans cesse son siège à la recherche d’un peu de fraîcheur, toujours en vain. Les deux premiers vers sont encore plus savoureux. “不是清凉罢挥扇” commence par nier l’explication évidente : ce n’est pas parce que l’air est devenu plus frais qu’il cesse de s’éventer ; “自缘手倦歇些时” donne ensuite la véritable raison : son bras est simplement trop fatigué, et il faut faire une pause. Cette construction, qui nie d’abord avant d’expliquer, utilise l’autodérision pour écrire l’intensité de la chaleur et arrache un sourire au lecteur. Le style Chengzhai de Yang Wanli, qui excelle à saisir les détails de la vie quotidienne et à écrire les sensations ordinaires avec humour, apparaît ici dans toute sa netteté.

Conclusion

La poésie, cœur du ciel et de la terre · Les saisons à travers les âges

La poésie du Solstice d’été commence par l’idée du jour long. Wei Yingwu écrit dans *夏至避暑北池* “昼晷已云极,宵漏自此长” : le jour le plus long de l’année est arrivé et, à partir de ce moment, les nuits vont s’allonger jour après jour. Ce n’est pas la fin d’un terme solaire, mais le point de retournement entre yin et yang. Le poète Tang Han Wo écrit “长夏于今逢至日,长年何计得闲身” : l’été est long, mais la vie humaine est brève. Yuan Zhen, dans *咏廿四气诗·夏至五月中*, écrit : “处处闻蝉响,须知五月中。龙潜渌水坑,火助太阳宫.” Il saisit le paysage du cinquième mois, lorsque le yang atteint son maximum : les cigales chantent de toutes parts, et le soleil brûle comme le feu. Les deux derniers vers, “寄言赫曦景,今日一阴生”, voient la naissance du yin au cœur même de la chaleur extrême et perçoivent le commencement du retournement au point de plus grande intensité.
Les poètes des Song écrivent souvent le Solstice d’été avec un goût de loisir. Fan Chengda écrit “李核垂腰祝饐,粽丝系臂扶羸。节物竞随乡俗,老翁闲伴儿嬉” : au Solstice d’été, les zongzi ne servent pas seulement à être mangés ou à commémorer, mais entrent aussi dans des coutumes de bénédiction et de longévité. Un autre poète écrit “忆在苏州日,常谙夏至筵。粽香筒竹嫩,炙脆子鹅鲜”, évoquant dans le souvenir le parfum des zongzi et la tendreté du jeune oison lors d’un banquet du Solstice d’été à Suzhou. Et peut-être le plus émouvant est-il cette phrase de Su Shi écrite au temps du Solstice : “处之泰然,夫复何忧” — si long que soit le jour et si pesante que soit la chaleur, les accueillir avec sérénité reste la meilleure manière de les traverser.
Le Solstice d’été est l’un des termes solaires les plus anciennement déterminés parmi les vingt-quatre. Dès le VIIe siècle avant notre ère, les anciens utilisaient un gnomon pour mesurer l’ombre du soleil et fixer le Solstice d’été. Ce qu’ils voyaient était « l’extrême longueur du jour » ; ce qu’ils ressentaient était « lorsque le yang atteint son extrême, le yin commence à naître ». Du “昼晷已云极” de Wei Yingwu au “今日一阴生” de Yuan Zhen, du “老翁闲伴儿嬉” de Fan Chengda au “处之泰然” de Su Shi, la poésie du Solstice d’été nous dit que le jour le plus long finira lui aussi par passer et qu’après l’apogée du yang, le yin commence nécessairement à naître. Mais quelles que soient les transformations du climat du monde, le climat intérieur peut demeurer inchangé. Le Solstice d’été est arrivé : le jour est long, et le cœur demeure en paix.
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