Équinoxe d’Automne Poésie
「金气秋分,风清露冷秋期半。」
La poésie de l’Équinoxe d’Automne écrit souvent l’égalité du jour et de la nuit et la douceur du paysage automnal. Xie Yi, avec “金气秋分,风清露冷秋期半”, exprime la beauté d’un automne partagé en deux à l’équinoxe ; Yuan Zhen, avec “琴弹南吕调,风色已高清”, consigne le temps du vent clair et de la rosée froide. Les poètes écrivent que le tonnerre commence à se taire, que les insectes en hibernation scellent leurs abris et que les eaux commencent à baisser, dessinant dans les trois phases saisonnières de l’Équinoxe d’Automne un automne qui s’approfondit peu à peu. L’Équinoxe d’Automne est l’une des périodes les plus agréables parmi les Vingt-Quatre Termes Solaires : le vent est clair, la rosée froide, le parfum de l’osmanthe se répand et la lune est pleine. En ce jour, les poètes partagent également les couleurs de l’automne et répartissent aussi dans leurs vers la beauté du ciel et de la terre.
Poésie de Équinoxe d’Automne
晚晴
Vers originaux:
返照斜初彻,浮云薄未归。
江虹明远饮,峡雨落馀飞。
凫雁终高去,熊罴觉自肥。
秋分客尚在,竹露夕微微。
Traduction moderne:
La lumière oblique du soleil couchant vient à peine de traverser les nuages ; les nuées flottantes, légères, ne se sont pas encore entièrement dissipées. Au-dessus du fleuve, l’arc-en-ciel resplendit comme un long dragon qui boirait au loin ; dans les gorges, les dernières gouttes de pluie continuent encore de voler et de tomber. Canards sauvages et oies finissent par prendre leur envol vers les hauteurs, tandis que les ours semblent sentir leur corps devenir peu à peu plus gras. L’Équinoxe d’Automne est déjà arrivé, mais moi, voyageur loin de chez moi, je demeure encore en terre étrangère ; au crépuscule, la rosée sur les feuilles de bambou brille faiblement.
Analyse:
Du Fu prend pour arrière-plan le paysage du soir à l’Équinoxe d’Automne et écrit le sentiment du séjour loin de chez soi. “返照斜初彻” décrit le soleil couchant qui commence à percer les nuages après la pluie, tandis que “浮云薄未归” écrit les nuages légers qui flottent encore sans s’être dissipés. “江虹明远饮” compare l’arc-en-ciel traversant le fleuve à un long dragon qui boit au loin, produisant une image grandiose ; “峡雨落馀飞” décrit les dernières traces de pluie dans les gorges, lorsque l’averse est presque terminée sans l’être tout à fait. L’arc-en-ciel et la pluie, le lointain et le proche, composent un vaste espace. “凫雁终高去” écrit les oiseaux qui s’élèvent et partent, l’un des signes saisonniers de l’Équinoxe d’Automne ; “熊罴觉自肥” montre les animaux percevant la fraîcheur automnale et accumulant des réserves pour l’hiver. Le dernier distique, “秋分客尚在”, souligne que le poète, toujours en voyage, demeure encore loin de chez lui alors que l’Équinoxe d’Automne est déjà venu ; “竹露夕微微” referme le poème sur la faible lueur de la rosée sur les bambous au soir, la fraîcheur de la rosée répondant silencieusement à la solitude du voyageur. Le poème prend les phénomènes naturels de l’Équinoxe d’Automne comme trame et y tisse le sentiment de l’exil, avec retenue et profondeur.
秋分日忆用济
Vers originaux:
秋分一夜雨,残暑几时清。
燕去将何适,鸿来亦有情。
月明千里共,砧动万家声。
遥忆同游处,空山落木平。
Traduction moderne:
Durant toute la nuit de l’Équinoxe d’Automne, la pluie tombe ; quand donc la chaleur restante finira-t-elle par disparaître ? Les hirondelles s’en vont : vers quel lieu se dirigent-elles ? Les oies sauvages arrivent, comme si elles portaient elles aussi une émotion. La lune claire éclaire à la fois ceux que mille li séparent, tandis que le bruit du linge battu résonne dans d’innombrables foyers. De loin, je me souviens des lieux que nous parcourions ensemble ; dans les montagnes vides, les feuilles tombées doivent déjà couvrir le sol.
Analyse:
Qu Dajun ouvre le poème sur la pluie de la nuit de l’Équinoxe d’Automne et écrit son souvenir de son ami Yongji. “秋分一夜雨” précise le moment d’une nuit pluvieuse de l’Équinoxe d’Automne, tandis que “残暑几时清” écrit comment, après la pluie, l’automne s’approfondit et la chaleur résiduelle touche à sa fin. “燕去将何适” décrit le départ saisonnier des hirondelles, tandis que “鸿来亦有情” attribue subjectivement une forme de sentiment aux oies sauvages qui arrivent. “月明千里共” reprend l’idée de Su Shi dans “千里共婵娟”, selon laquelle la lune relie deux êtres séparés par une immense distance ; “砧动万家声” écrit le bruit des étoffes battues dans d’innombrables foyers, exprimant à la fois la fraîcheur généralisée de l’automne et la nostalgie propre à la saison. Le dernier distique, “遥忆同游处,空山落木平”, se conclut par le souvenir : le poète imagine que les lieux où ils voyageaient ensemble sont désormais des montagnes vides dont le sol est recouvert de feuilles. Le paysage naturel et la pensée de l’ami se fondent ainsi l’un dans l’autre.
点绛唇 · 金气秋分
Vers originaux:
金气秋分,风清露冷秋期半。
凉蟾光满,桂子飘香远。
素练宽衣,仙仗明飞观。
霓裳乱,银桥人散,吹彻昭华管。
Traduction moderne:
Le qi du métal propre à l’automne emplit l’Équinoxe d’Automne ; le vent est clair, la rosée froide, et l’automne a atteint sa moitié. La fraîche lumière de la lune se répand partout, tandis que le parfum de l’osmanthe flotte au loin. Vêtus de larges robes de soie blanche, les cortèges d’immortels brillent dans les hauts pavillons. La danse de *Nishang* se disperse, les visiteurs quittent le Pont d’Argent, tandis que la musique des flûtes Zhaohua continue de résonner.
Analyse:
Ce *ci*, *Dian Jiang Chun · Jin Qi Qiu Fen*, écrit l’Équinoxe d’Automne dans une atmosphère élégante et éthérée. “金气秋分” associe le métal des Cinq Phases à l’automne et marque l’arrivée de l’Équinoxe d’Automne. “风清露冷秋期半” décrit le vent clair et la rosée froide, tout en indiquant que l’automne a atteint précisément son milieu — ce qui souligne le sens de partage égal de l’automne propre à l’équinoxe. “凉蟾光满” écrit la lune, désignée par l’image du crapaud lunaire, répandant pleinement sa fraîche clarté ; “桂子飘香远” décrit le parfum de l’osmanthe qui se diffuse au loin. Ces deux vers donnent une scène typique de la période autour de l’Équinoxe d’Automne, lorsque la Fête de la Mi-Automne approche : lune claire et parfum d’osmanthe. Dans la seconde strophe, le pinceau passe vers une imagination proche du royaume des immortels. “素练宽衣” décrit leurs vêtements, “仙仗明飞观” montre les cortèges célestes brillant dans les hauts pavillons, tandis que “霓裳乱,银桥人散” écrit la musique et la danse qui s’achèvent, les visiteurs qui s’éloignent, laissant une impression de solitude après la fête. Le dernier vers, “吹彻昭华管”, referme le texte sur la musique qui continue de résonner, laissant derrière elle une longue vibration. L’ensemble se déplace librement entre le monde réel et l’univers des immortels, donnant à l’Équinoxe d’Automne à la fois l’éclat du monde humain et une grâce détachée du monde.
秋分
Vers originaux:
秋分一夜晴,月满桂花清。
露气凝衣湿,天风拂面轻。
雁来沙渚冷,萤去草堂明。
谁念羁栖客,徘徊独夜情。
Traduction moderne:
La nuit de l’Équinoxe d’Automne est claire ; la lune est pleine, et les fleurs d’osmanthe sont pures et parfumées. La rosée se condense jusqu’à mouiller les vêtements, tandis qu’une brise céleste effleure légèrement le visage. Les oies sauvages arrivent sur les bancs de sable refroidis ; les lucioles s’en vont, mais la chaumière demeure lumineuse. Qui donc pense à moi, voyageur vivant loin de chez lui, alors que j’erre seul dans la nuit, le cœur rempli d’émotions ?
Analyse:
Xu Wei prend pour arrière-plan la nuit de l’Équinoxe d’Automne et écrit les pensées du voyageur loin de chez lui. “秋分一夜晴,月满桂花清” décrit une nuit claire, sans nuages, sous une pleine lune et parmi des fleurs d’osmanthe limpides et parfumées, créant un espace ouvert et lumineux. “露气凝衣湿” écrit le poids de la rosée, qui se condense jusqu’à humidifier les vêtements ; “天风拂面轻” écrit au contraire la légèreté du vent d’automne qui effleure le visage. L’un est lourd, l’autre léger : ensemble, ils expriment la sensation particulière de la nuit automnale. “雁来沙渚冷” écrit les oies sauvages arrivant sur les bancs de sable froids, tandis que “萤去草堂明” montre les lucioles qui s’éloignent alors que la chaumière reste lumineuse. Les unes arrivent, les autres partent : ces mouvements donnent vie à la nuit d’automne. Le dernier distique, “谁念羁栖客,徘徊独夜情”, exprime directement la solitude du voyageur. La nuit de l’Équinoxe d’Automne, sous la pleine lune, devrait être un temps de réunion ; pourtant, le poète erre seul, sans personne pour penser à lui. Le poème utilise ainsi la beauté lumineuse du paysage automnal pour mieux faire ressortir la solitude du cœur : la joie du paysage écrit la tristesse et l’intensifie.
秋分
Vers originaux:
秋分才过半,凉意已先秋。
叶落惊残梦,虫吟动客愁。
天高云自远,露重月如钩。
欲寄相思字,鸿飞不可留。
Traduction moderne:
L’Équinoxe d’Automne vient à peine de dépasser son milieu, mais la fraîcheur semble déjà annoncer l’automne profond. La chute des feuilles me réveille d’un rêve inachevé, tandis que le chant des insectes éveille la tristesse du voyageur. Le ciel est haut et les nuages naturellement lointains ; la rosée est lourde, et la lune se courbe comme un crochet. Je voudrais envoyer quelques mots de nostalgie, mais les oies sauvages se sont déjà envolées et ne peuvent être retenues.
Analyse:
Zheng Xiaoxu prend l’Équinoxe d’Automne pour arrière-plan et écrit la tristesse du voyageur ainsi que la nostalgie. “秋分才过半” indique le moment saisonnier, tandis que “凉意已先秋” décrit une fraîcheur qui s’approfondit après l’équinoxe, comme si l’automne avancé était arrivé plus tôt. “叶落惊残梦” écrit le bruit des feuilles tombées qui réveille un rêve encore inachevé ; “虫吟动客愁” montre comment le chant des insectes d’automne éveille la tristesse de celui qui vit loin de chez lui. Les verbes “惊”, « surprendre », et “动”, « émouvoir, mettre en mouvement », traduisent la force psychologique des sons de l’automne. “天高云自远” décrit l’ouverture du ciel haut et des nuages lointains ; “露重月如钩” écrit la fraîcheur de la rosée abondante et une lune mince comme un crochet. Haut et bas, loin et près, composent un espace tridimensionnel de la nuit automnale. Dans le dernier distique, “欲寄相思字,鸿飞不可留”, l’Équinoxe d’Automne correspond au temps où les oies sauvages partent vers le sud. Le poète voudrait leur confier une lettre, mais elles se sont déjà envolées et ne peuvent être retenues. L’impuissance de ne pouvoir envoyer la lettre ni faire parvenir la nostalgie apparaît ainsi avec force. Le poème utilise successivement les phénomènes saisonniers de l’Équinoxe d’Automne comme déclencheurs pour révéler les multiples dimensions de la tristesse du voyageur.
秋分后十日得暴雨
Vers originaux:
秋分已过十日期,雨声连夜响空枝。
老夫卧听檐溜急,起看庭树半倾欹。
天公似欲补夏旱,一夜滂沱百谷滋。
明朝晴霁秋光好,且喜新凉入鬓丝。
Traduction moderne:
Dix jours se sont déjà écoulés depuis l’Équinoxe d’Automne, et toute la nuit la pluie frappe les branches dénudées. Le vieil homme reste allongé à écouter l’eau ruisseler rapidement depuis les avant-toits ; puis il se lève et voit les arbres de la cour à demi inclinés sous le vent et la pluie. Le Ciel semble vouloir compenser la sécheresse de l’été : une seule nuit de pluie torrentielle a nourri tous les grains. Demain, lorsque le ciel se sera éclairci, la lumière d’automne sera encore plus belle ; je me réjouis que cette fraîcheur nouvelle ait déjà pénétré jusqu’aux cheveux de mes tempes.
Analyse:
Fan Chengda prend pour sujet une pluie violente survenue dix jours après l’Équinoxe d’Automne et mêle à la description du paysage son souci des travaux agricoles. Le premier distique, “秋分已过十日期,雨声连夜响空枝”, précise le moment et écrit le bruit de la pluie automnale frappant toute la nuit les branches dénudées. “老夫卧听檐溜急” montre le poète allongé, écoutant tranquillement l’écoulement rapide de l’eau sous les avant-toits, tandis que “起看庭树半倾欹” le montre se levant pour voir les arbres de la cour penchés sous le vent et la pluie. “天公似欲补夏旱” interprète l’averse comme une bienveillance du Ciel venu réparer la sécheresse estivale, tandis que “一夜滂沱百谷滋” écrit comment une seule nuit de pluie abondante nourrit les cultures. Autour de l’Équinoxe d’Automne, le riz tardif se trouve dans une période cruciale de remplissage des grains, et une eau suffisante est donc essentielle à la récolte. Le dernier distique, “明朝晴霁秋光好”, imagine qu’après la pluie le ciel dégagé rendra la lumière d’automne plus belle encore ; “且喜新凉入鬓丝” se conclut sur le caractère “喜”, « joie » : la pluie apporte une fraîcheur nouvelle, mais aussi l’espoir d’une bonne récolte. Le poème trouve ainsi un équilibre naturel entre la quiétude personnelle et l’attention portée aux travaux des champs.
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Commentaires des Lecteurs
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