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Petite Plénitude

Petite Plénitude Poésie

「夜莺啼绿柳,皓月醒长空。」

Début du terme solaire: 2027-05-20 – 2027-05-22
La poésie de la Petite Plénitude décrit souvent les champs de blé qui commencent à mûrir et toutes choses parvenues à une plénitude encore modeste. Yuan Zhen chante “小满气全时,田家私黍稷.” Les poètes aiment particulièrement le blé au bord des…

La poésie de la Petite Plénitude prend pour cœur esthétique l’idée d’une plénitude encore contenue. Ouyang Xiu, avec “最爱垄头麦,迎风笑落红”, écrit le charme rural du blé qui commence à mûrir ; Yuan Zhen, avec “小满气全时,田家私黍稷”, consigne l’activité laborieuse des travaux agricoles. Les poètes écrivent la floraison des herbes amères, le dépérissement des plantes qui aiment l’ombre et l’arrivée du temps de la récolte du blé, saisissant par leurs vers les subtiles transformations des trois phases saisonnières de Xiaoman. La beauté de la Petite Plénitude tient à ce qu’elle est presque pleine sans l’être tout à fait, parfaitement mesurée. Les poètes en connaissaient profondément le sens et, sous leur plume, Xiaoman conserve toujours une part de silence et de suggestion.

Petite Plénitude / Poésie

Poésie de Petite Plénitude

Chanter les saisons · Donner voix au cœur
小满

小满

Dynastie Dynastie Song
Auteur Ouyang Xiu
Forme Poème

Vers originaux:

夜莺啼绿柳,皓月醒长空。

最爱垄头麦,迎风笑落红。

Traduction moderne:

La nuit, les loriots chantent parmi les branches vertes des saules, tandis que la lune claire illumine l’immensité du ciel. Ce que j’aime le plus, c’est le blé au bord des champs, qui se balance doucement dans le vent comme s’il riait des fleurs printanières tombées au sol.

Analyse:

Ce quatrain de cinq caractères exprime la beauté saisonnière propre à Xiaoman. Les deux premiers vers décrivent la nuit : “夜莺啼绿柳” relève de l’ouïe, tandis que “皓月醒长空” relève de la vue. Le caractère “醒” est particulièrement subtil : la lumière claire de la lune semble éveiller le vaste ciel de son sommeil. Les deux derniers vers constituent le tournant et l’élévation du poème. “最爱垄头麦” exprime directement le sentiment du poète : il ne choisit ni les fleurs ni la lune, mais le blé des champs, montrant ainsi son attention portée à la vie agricole. Le dernier vers, “迎风笑落红”, est le regard central du poème. Le blé y est personnifié : le mouvement des épis dans le vent devient un sourire, adressé aux fleurs printanières tombées, au “落红.” Ce sourire est chargé de sens : il n’est pas nécessaire de regretter les fleurs fanées, car le blé d’été est en pleine croissance ; les grains qui commencent à se remplir possèdent une vitalité plus forte que les pétales tombés.

咏廿四气诗 · 小满四月中

咏廿四气诗 · 小满四月中

Dynastie Dynastie Tang
Auteur Yuan Zhen
Forme Ci (lyrique)

Vers originaux:

小满气全时,如何靡草衰。

田家私黍稷,方伯问蚕丝。

杏麦修镰钐,錋欔竖棘篱。

向来看苦菜,独秀也何为?

Traduction moderne:

Xiaoman est le moment où l’énergie yang atteint sa plus grande abondance et où le souffle du Ciel et de la Terre se trouve pleinement accompli ; pourquoi donc les herbes qui aiment l’ombre commencent-elles à dépérir ? Les familles paysannes se préoccupent de leurs millets et céréales, tandis que les gouverneurs locaux s’enquièrent de la récolte de la soie. Lorsque les abricots mûrissent et que le blé approche de la moisson, il faut réparer et affûter les faucilles et les autres outils ; de grosses pièces de bois servent à dresser des clôtures d’épines. Les herbes amères, depuis toujours considérées comme des plantes sauvages comestibles, prospèrent maintenant seules : pourquoi donc ?

Analyse:

Yuan Zhen construit ce poème autour de questions et de travaux agricoles, présentant avec précision et finesse les signes saisonniers et la vie quotidienne de Xiaoman. Le premier distique s’ouvre sur une interrogation : “小满气全时” indique le moment où l’énergie yang est la plus abondante, tandis que “如何靡草衰” introduit “靡草死”, l’une des trois phases de Xiaoman : les plantes qui aiment l’ombre dépérissent lorsque l’énergie yang atteint son apogée. Le mot “如何” exprime l’observation du poète devant les mouvements de croissance et de déclin du yin et du yang. Le deuxième distique, “田家私黍稷,方伯问蚕丝”, montre chacun occupé à sa tâche : les paysans se soucient des récoltes, tandis que les fonctionnaires s’informent de la soie et des impôts. Le contraste entre “私” et “问” montre qu’au temps de Xiaoman, du peuple aux autorités, tous s’activent en vue de la récolte d’été. Le troisième distique, “杏麦修镰钐”, écrit directement les travaux agricoles : lorsque les abricots jaunissent et que le blé mûrit, il faut affûter les faucilles. Le dernier “向来看苦菜,独秀也何为” correspond à une autre phase saisonnière, “苦菜秀”, la floraison des herbes amères. En demandant pourquoi elles prospèrent seules, le poème affirme en réalité que chaque être naturel possède son propre moment.

吴门竹枝词·小满

吴门竹枝词·小满

Dynastie Dynastie Qing
Auteur Wang Taixie
Forme Ci (lyrique)

Vers originaux:

调剂阴晴作好年,麦寒豆暖两周全。

枇杷黄后杨梅紫,正是农家小满天。

Traduction moderne:

Le Ciel semble régler avec soin l’alternance des jours couverts et ensoleillés afin de produire une bonne année de récolte. Le blé préfère la fraîcheur, les légumineuses la chaleur, et les besoins des deux sont parfaitement satisfaits. Après que les nèfles ont jauni, les baies de yangmei prennent une couleur violette : c’est précisément la saison de Xiaoman tant appréciée des familles paysannes.

Analyse:

Cette chanson de bambou utilise une langue claire et vive, proche du chant populaire, pour exprimer la joie des familles paysannes au temps de Xiaoman. “调剂阴晴作好年” personnifie le Ciel dès l’ouverture, comme s’il réglait avec soin la proportion de soleil et de pluie pour assurer une bonne récolte. “麦寒豆暖两周全” décrit les besoins différents des cultures : pendant le remplissage du grain, le blé a besoin de fraîcheur, tandis que les légumineuses préfèrent la chaleur. Le temps de Xiaoman satisfait justement les deux, et “两周全” exprime la satisfaction des paysans envers le climat. Les deux derniers vers, “枇杷黄后杨梅紫”, marquent le passage du temps par le changement de couleur des fruits ; le jaune et le violet se répondent avec éclat. Le dernier vers, “正是农家小满天”, se clôt sur une affirmation. “小满” est à la fois le nom du terme solaire et l’expression implicite de la satisfaction paysanne devant une plénitude modeste : nul besoin d’une plénitude absolue, la Petite Plénitude suffit.

归田四时乐 · 其二(夏)

归田四时乐 · 其二(夏)

Dynastie Dynastie Song
Auteur Ouyang Xiu
Forme Ci (lyrique)

Vers originaux:

南风原头吹百草,草木丛深茅舍小。

麦穗初齐稚子娇,桑叶正肥蚕食饱。

老翁但喜岁年熟,饷妇安知时节好。

野棠梨密啼晚莺,海石榴红啭山鸟。

田家此乐知者谁?我独知之归不早。

Traduction moderne:

Le vent du sud traverse la plaine et agite les herbes ; au milieu de la végétation dense, les maisons de chaume paraissent petites. Les épis de blé viennent tout juste de s’aligner, tendres comme de jeunes enfants ; les feuilles de mûrier sont grasses et les vers à soie mangent à satiété. Le vieil homme ne se réjouit que de la promesse d’une bonne récolte ; la femme qui apporte le repas aux champs ne sait guère combien la saison est justement équilibrée. Dans les poiriers sauvages touffus chantent les loriots du soir, tandis que les oiseaux de montagne gazouillent parmi les fleurs rouges de grenadier. Qui peut comprendre cette joie de la vie paysanne ? Moi seul la comprends, et je regrette d’être revenu trop tard.

Analyse:

Ce poème décrit avec des traits simples la vie rurale au temps de Xiaoman. “南风原头吹百草” écrit le large souffle du vent du sud au début de l’été, tandis que “草木丛深茅舍小” montre le calme des petites maisons de chaume au milieu d’une végétation luxuriante. “麦穗初齐稚子娇” compare les épis qui viennent de s’aligner à de jeunes enfants délicats, exprimant la fraîcheur du blé pendant la période de remplissage ; “桑叶正肥蚕食饱” écrit l’activité intense de la sériciculture, avec des feuilles de mûrier abondantes et des vers à soie rassasiés. “老翁但喜岁年熟” exprime l’espoir du vieux paysan envers la récolte, tandis que “饷妇安知时节好” montre la femme qui apporte le repas aux champs, trop occupée pour percevoir consciemment la beauté de la saison. Cette absence de conscience esthétique constitue précisément l’état le plus authentique de la vie rurale. Le dernier vers, “我独知之归不早”, se clôt sur un regret : le poète comprend et envie le bonheur de la vie paysanne, mais il estime être revenu trop tard vers cette existence.

晨征

晨征

Dynastie Dynastie Song
Auteur Gong Feng
Forme Poème

Vers originaux:

静观群动亦劳哉,岂独吾为旅食催。

鸡唱未圆天已晓,蛙鸣初散雨还来。

清和入序殊无暑,小满先时政有雷。

酒贱茶饶新而熟,不妨乘兴且徘徊。

Traduction moderne:

En observant tranquillement, je vois que tous les êtres travaillent et s’affairent ; suis-je donc le seul que les nécessités de la vie loin de chez soi poussent en avant ? Avant que le chant du coq ne soit achevé, le jour s’est déjà levé ; à peine les grenouilles se sont-elles tues que la pluie revient. La saison entre dans une période claire et douce, encore sans chaleur accablante ; avant Xiaoman, le tonnerre arrive justement à son heure. Le vin est bon marché, le thé abondant, nouveau et déjà prêt à être dégusté ; autant suivre son humeur et avancer sans se presser.

Analyse:

Gong Feng prend le voyage au petit matin comme fil conducteur et écrit ce qu’il voit au temps de Xiaoman. “静观群动亦劳哉” s’ouvre sur une réflexion : tous les êtres travaillent, pas seulement le voyageur. “鸡唱未圆天已晓” écrit la rapidité du matin, tandis que “蛙鸣初散雨还来” exprime les pluies fréquentes et les chants intermittents des grenouilles. “清和入序殊无暑” décrit le climat agréable de Xiaoman, clair et doux, encore exempt de chaleur excessive ; “小满先时政有雷” indique que les orages et les pluies accompagnent souvent cette période. Le dernier distique, “酒贱茶饶新而熟,不妨乘兴且徘徊”, se clôt sur une note détendue : le vin est bon marché et le thé abondant, on peut donc avancer et s’arrêter au gré de son humeur. Dans l’effort du voyage, le poème trouve la sérénité ; dans les signes naturels de Xiaoman, il découvre un lieu de repos poétique.

小满

小满

Dynastie Dynastie Song
Auteur Wang Zhiwang
Forme Poème

Vers originaux:

子规声里雨如烟,润逼红绡透客毡。

映水黄梅多半老,邻家蚕熟麦秋天。

Traduction moderne:

Au milieu des cris du coucou, la pluie fine ressemble à de la fumée. L’humidité pénètre la fine gaze rouge et traverse même le feutre du voyageur. Les prunes jaunes reflétées dans l’eau sont pour la plupart déjà mûres ; chez les voisins, les vers à soie ont atteint leur maturité, et le blé entre dans sa saison de récolte dorée, comme si l’automne était arrivé en plein été.

Analyse:

Ce quatrain écrit le paysage de Jiangnan au temps de Xiaoman avec une touche entièrement humide. “子规声里雨如烟” s’ouvre sur le cri du coucou et une pluie fine comme de la fumée, créant l’atmosphère humide caractéristique de la saison. Le deuxième vers, “润逼红绡透客毡”, pousse cette humidité à l’extrême : même la gaze rouge et le feutre sont traversés d’eau. Les caractères “逼” et “透” expriment la profondeur de cette humidité, prélude aux pluies de prunier de Jiangnan. “映水黄梅多半老” montre les prunes jaunes reflétées dans l’eau, déjà pour la plupart mûres, le jaune et le vert se mêlant dans le paysage ; “邻家蚕熟麦秋天” écrit les vers à soie arrivés à maturité et le blé devenu doré comme en automne. L’expression “麦秋天” compare la récolte estivale du blé à celle de l’automne et renvoie à la phase saisonnière “麦秋至”, l’une des trois phases associées à Xiaoman. À travers des impressions visuelles et tactiles dominées par l’humidité, le poème écrit la moiteur et l’abondance propres à Jiangnan à cette saison.

Conclusion

La poésie, cœur du ciel et de la terre · Les saisons à travers les âges

La poésie de la Petite Plénitude commence par un sillon de blé. Ouyang Xiu écrit “最爱垄头麦,迎风笑落红” : le printemps se flétrit, mais il n’en éprouve aucun regret, car le blé est en train de remplir ses grains. Il a compris la beauté de Xiaoman : elle réside dans le fait d’être presque pleine sans l’être encore tout à fait. Yuan Zhen regarde plus loin encore : “小满气全时,如何靡草衰。田家私黍稷,方伯问蚕丝.” Il écrit la subtile tension entre yin et yang au temps de Xiaoman : l’énergie yang s’emplit, les plantes qui aiment l’ombre commencent à dépérir, les familles paysannes s’occupent du millet et des céréales, tandis que les fonctionnaires s’enquièrent de la récolte de la soie. Certaines choses grandissent, tandis que d’autres disparaissent. “向来看苦菜,独秀也何为” montre les herbes amères poussant partout et rappelle qu’autrefois elles avaient aidé les hommes à traverser les famines. Le poète des Song Gong Feng saisit des sons plus subtils encore : “鸡唱未圆天已晓,蛙鸣初散雨还来” — le chant du coq, celui des grenouilles et le bruit de la pluie composent ensemble le paysage sonore de Xiaoman. Le poète Ming Li Changqi écrit “长是江南逢此日,满林烟雨熟枇杷”, tandis que le poète Yuan Yuan Huai écrit “子规声里雨如烟.” Chacun possède son propre Xiaoman.
Du “最爱垄头麦” d’Ouyang Xiu au “小满气全时” de Yuan Zhen, du “蛙鸣初散” de Gong Feng au “满林烟雨” de Li Changqi, la poésie de Xiaoman écrit le blé, la pluie, les nèfles et les herbes amères. Parmi les vingt-quatre termes solaires, il existe Petite Chaleur et Grande Chaleur, Petite Neige et Grande Neige, Petit Froid et Grand Froid, mais seule la Petite Plénitude n’a pas de Grande Plénitude. Ce n’est pas un oubli du calendrier, mais une ouverture délibérément laissée par les anciens. La poésie de Xiaoman est la sagesse qui pousse dans cet espace : les fleurs n’ont pas besoin de s’ouvrir entièrement, ni la lune d’être parfaitement ronde ; dans la vie, le meilleur état est celui de la plénitude encore contenue.
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Petit Froid · 24 termes solaires · Grand Froid

Commentaires des Lecteurs

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