ChèvreFolklore
「 三阳开泰运,未羊送福来。 」
Fêtes et observances saisonnières:
Jour du Mouton et quatrième jour du premier mois lunaire
Dans le folklore traditionnel chinois, les six premiers jours du premier mois lunaire correspondent respectivement au Coq, au Chien, au Mouton, au Cochon, au Bœuf et au Cheval : selon la légende, Nüwa créa les six animaux domestiques en six jours et ne créa l’être humain que le septième. Le Livre de Divination (《占书》) rapporte : « 正月一日为鸡,二日为狗,三日为羊,四日为猪,五日为牛,六日为马,七日为人。 »
Le quatrième jour du premier mois lunaire est le « Jour du Mouton » (羊日). Ce jour-là, il est interdit de tuer des moutons, en signe de respect. Le temps du Jour du Mouton sert également à prédire la fortune des troupeaux pour l’année : si le quatrième jour est ensoleillé, cela annonce des moutons robustes, exempts de maladies et de calamités, ainsi qu’une reproduction prospère ; s’il pleut ou si le ciel est couvert, on estime que les moutons risquent de tomber malades ou de rencontrer des malheurs. Ce jour-là, les familles prient les ancêtres et les divinités d’accorder à tous paix et sécurité pour la nouvelle année, vents et pluies favorables, abondance des cinq céréales, prospérité des six animaux domestiques et accomplissement auspicieux.
Planter des moutons lors d’un jour Wei
Dans les anciennes coutumes populaires existait une pratique singulière appelée « planter des moutons lors d’un jour Wei » (未日种羊). Selon les textes anciens, cette « plantation » avait lieu au début de l’hiver, et la branche terrestre du jour où les os de mouton étaient enterrés devait obligatoirement être Wei (未). Les moutons « plantés » pouvaient ensuite être « récoltés » au troisième mois lunaire du printemps, précisément lors du premier jour de ce mois dont la branche terrestre était Wei. Ce jour-là, on jouait du hujia et l’on récitait des formules incantatoires ; les « jeunes moutons » étaient alors censés surgir de terre. Cette coutume reflète la foi profonde des anciens dans la correspondance entre « Wei » et le Mouton, tout en révélant leur compréhension singulière des rythmes naturels : les activités agricoles étaient articulées aux branches terrestres et aux animaux zodiacaux, formant ainsi un système complet de calendrier agraire.
Remercier le mouton après la récolte d’automne
Après la récolte d’automne et le stockage hivernal, les gens organisaient de grandes cérémonies sacrificielles afin de remercier le Mouton divin d’avoir apporté les semences au monde humain. Certaines de ces cérémonies rurales de culte ancestral, célébrées après la récolte d’automne et l’entreposage des provisions pour l’hiver, subsistent encore aujourd’hui dans certaines campagnes. Selon le récit, la grandeur du sacrifice au mouton attira l’attention de l’Empereur de Jade, qui se souvint alors une nouvelle fois de l’apparition des Cinq Céréales dans le monde des hommes.
Ce rite trouve son origine dans la légende du « Mouton divin qui vola les céréales » : le Mouton divin déroba les graines des Cinq Céréales au Palais céleste pour les offrir aux hommes, provoquant la colère de l’Empereur de Jade, qui ordonna sa mise à mort. Reconnaissants pour le don des céréales, les hommes organisèrent chaque année, après la récolte d’automne, une cérémonie commémorative. La coutume consistant à remercier le mouton après la récolte associe étroitement gratitude et abondance et constitue l’un des rites saisonniers les plus solennels du folklore du Mouton Wei.
Envoyer le mouton
Dans certaines régions du nord de la Chine existe la coutume populaire d’« envoyer le mouton » (送羊). Elle se pratique généralement au sixième ou au septième mois lunaire : le grand-père maternel ou l’oncle maternel offre à son neveu un mouton en pâte ou un mouton vivant, afin de lui souhaiter une croissance saine et une longue vie. La coutume exploite l’association phonétique entre « mouton » (羊) et « bon augure » (祥), exprimant l’idée d’offrir auspiciosité et bénédiction. Elle est largement répandue au Hebei, au Shanxi, au Shandong et dans d’autres régions, et constitue une expression concentrée de l’éthique familiale dans la culture populaire du Mouton Wei.
Sacrifier un mouton jaune au Dieu du Foyer
Le mouton joue également un rôle important dans la coutume du sacrifice au Dieu du Foyer, célébré le vingt-troisième jour du douzième mois lunaire. Le « sacrifice d’un mouton jaune au Dieu du Foyer » (黄羊祭灶) en est l’une des formes populaires importantes. Selon la tradition, ce jour-là, le Dieu du Foyer monte au Ciel pour rendre compte de sa mission ; les gens lui offrent alors un mouton jaune et prient afin qu’il « dise de bonnes choses au Ciel et revienne au palais en apportant l’auspiciosité ». Le choix du mouton jaune repose lui aussi sur l’association phonétique entre 羊 et 祥, exprimant le souhait d’envoyer la divinité céleste avec une offrande de bon augure.
Heure Wei et Heure du Mouton
Dans le système traditionnel des douze doubles-heures, l’heure Wei (未时) correspond de 13 h à 15 h et porte aussi les noms de 日昳、日仄、日央、日跌 ; son appellation élégante est précisément « Heure du Mouton » (羊时). C’est à ce moment que les moutons commencent à chercher leur nourriture de l’après-midi. Les anciens avaient observé que l’herbe broutée par les moutons pendant l’heure Wei semblait pousser mieux le lendemain : ce phénomène naturel résumé dans l’idée « les moutons mangent l’herbe, l’herbe repousse » contribua à associer le mouton à Wei.
Jour du Mouton et jour Wei
Dans le folklore traditionnel, les jours Wei (未日), c’est-à-dire les jours du Mouton, donnent souvent lieu à des sacrifices et à des prières liés à l’animal. En raison de l’association fixe entre « Wei » et le Mouton, le jour Wei est considéré comme son « jour zodiacal natal », et le sacrifice accompli ce jour-là est tenu pour particulièrement efficace. Dans certaines régions habitées par des minorités ethniques, le jour Wei possède en outre une signification calendérique particulière.
Croyances populaires:
Le mouton possède une dignité sacrée élevée dans les croyances populaires chinoises : il est à la fois le totem du Mouton divin qui vola les céréales pour sauver le peuple, la créature judiciaire sacrée Xiezhi capable de discerner la perfidie et la justice, et un animal sacrificiel servant de médiateur entre le Ciel et le monde humain. Dans la conception des anciens, le mouton était l’incarnation de « 祥 », une créature sacrée reliant les hommes au monde divin.
Totem du Mouton divin
Dans les légendes populaires chinoises, le mouton est un personnage d’une grandeur comparable à Prométhée dans la mythologie grecque : Prométhée fut puni par Zeus pour avoir volé le feu céleste et l’avoir donné aux hommes ; le mouton, lui, sacrifia sa vie au nom de la justice après avoir volé les graines des Cinq Céréales afin de les apporter au monde humain.
La légende raconte qu’au commencement de la haute Antiquité, le monde humain ne connaissait pas les céréales et que les hommes vivaient d’herbes sauvages, peinant à apaiser leur faim. Un automne, un Mouton divin du Palais céleste descendit par hasard dans le monde mortel et découvrit la dureté de la vie humaine ainsi que l’ignorance des hommes en matière de culture céréalière. Pris de compassion, il promit de leur apporter des graines. Il découvrit que seules les terres impériales du Ciel produisaient des céréales ; profitant du sommeil de la divinité gardienne des champs célestes, il entra en secret, cueillit les Cinq Céréales, les apporta dans le monde humain et enseigna aux hommes comment les cultiver.
Dès lors, l’humanité posséda les semences des Cinq Céréales et commença à cultiver la terre de génération en génération, devenant autonome pour se nourrir et se vêtir. Après la récolte d’automne, les hommes organisèrent une grande cérémonie afin de remercier le Mouton divin de leur avoir apporté les céréales. Le sacrifice attira l’attention du Ciel ; lorsqu’il découvrit ce qui s’était produit, l’Empereur de Jade dirigea sa colère contre le Mouton divin, ordonna qu’il soit abattu dans le monde humain et exigea que les hommes mangent sa chair. Peu après, à l’endroit où il avait été exécuté, l’herbe commença d’abord à pousser, puis des agneaux apparurent : dès lors, les moutons se multiplièrent parmi les hommes, vivant d’herbe et offrant généreusement leur chair, leur lait, leur peau et leur laine à l’humanité.
Xiezhi
Xiezhi (獬豸) est une créature sacrée de la légende chinoise ancienne, que l’on décrit ainsi : « les grands sont comme des bœufs, les petits comme des moutons ». Elle sait discerner la vérité dans le monde et distinguer le mal du bien. Jusqu’à la dynastie Qing, les vêtements officiels des censeurs impériaux étaient encore ornés de son image.
La figure de Xiezhi est étroitement liée au mouton : elle ressemble à un mouton doté d’une seule corne, sait discerner le juste de l’injuste et, lorsqu’elle voit deux personnes se quereller, frappe de sa corne celle qui est dans son tort. Xiezhi devint ainsi un symbole de justice et d’État de droit. Les vêtements officiels des anciens magistrats chargés de la justice portaient son image brodée, exprimant l’idéal d’une application inflexible de la loi et d’un discernement sans faille. La croyance dans le Xiezhi-Mouton sacré fit ainsi passer le mouton du domaine des sacrifices agricoles à la hauteur philosophique de la justice judiciaire.
Légende des Cinq Moutons
Guangzhou porte également le surnom de « Cité des Moutons » (羊城), issu d’une belle légende. On raconte que la ville fut autrefois frappée par une grave sécheresse et qu’un grand nombre de personnes moururent de faim. Cinq immortels apparurent alors soudainement, montés sur des moutons célestes de couleurs différentes ; ils répandirent des épis de riz dans Guangzhou et promirent que la ville ne connaîtrait plus jamais la famine. Les cinq moutons célestes furent ensuite laissés sur place comme créatures sacrées chargées de réprimer les forces maléfiques. Aujourd’hui, la statue de pierre des Cinq Moutons du parc Yuexiu à Guangzhou est précisément la traduction artistique de cette légende et l’une des sculptures emblématiques de la ville.
Le mouton comme victime sacrificielle
Dans les rites sacrificiels de l’époque pré-Qin, le mouton comptait parmi les « Six Victimes animales » (六牲) — Cheval, Bœuf, Mouton, Coq, Chien et Porc — et occupait une place importante dans le système rituel. Le Zuozhuan rapporte : « 祭以特羊,殷以少牢。 », évoquant l’usage du mouton comme offrande. Dans les sacrifices, le Shaolao (少牢) comprenait mouton et porc, sans bœuf ; le Tailao (太牢) mettait le bœuf au premier rang, suivi du mouton et du porc. Le mouton jouait ainsi un rôle important comme médiateur entre le Ciel, la Terre, les hommes et les divinités.
Dans les inscriptions oraculaires Shang, 羊 et 祥 étaient interchangeables. L’inscription de couteau de l’ère Yuanjia des Han orientaux « 大吉羊 » et la formule « 辟除不羊 » du Bogu Tu des Song emploient toutes deux le mouton avec le sens de bon augure. Offrir un mouton en sacrifice aux divinités constituait donc en soi un acte rituel consistant à leur présenter la « félicité ».
Culte du mouton parmi les groupes ethniques
Parmi de nombreuses minorités ethniques, le mouton possède lui aussi un statut sacré élevé.
Mongols : le mouton occupe une place importante dans la culture mongole. Il constitue l’une des principales victimes sacrificielles lors de grandes cérémonies telles que le culte des obao ou les sacrifices au Ciel. La laine, la peau, la viande et le lait de mouton sont des piliers essentiels de la vie matérielle comme de la vie spirituelle des Mongols.
Tibétains : les Tibétains utilisent également le mouton comme animal sacrificiel important. L’image du mouton apparaît sur les drapeaux de prière du cheval du vent, et l’animal est considéré comme une créature numineuse capable de relier le Ciel et la Terre.
Yi : les Yi possèdent des coutumes de sacrifice au mouton, et celui-ci joue un rôle important dans leurs cérémonies religieuses.
Significations auspicieuses:
Le mouton occupe une place suprême dans la culture populaire chinoise des heureux présages. 羊 est interchangeable avec 祥 et homophone de 阳, ce qui fait du mouton l’un des symboles fondamentaux de bon augure dans la culture chinoise. « Trois Yang ouvrent le Tai » est le motif auspicieux le plus profondément enraciné de toute la culture du mouton.
Trois Yang — ou Trois Moutons — ouvrent le Tai
« Trois Yang ouvrent le Tai » (三阳开泰), également écrit « Trois Moutons ouvrent le Tai » (三羊开泰), est un motif auspicieux traditionnel chinois issu de l’hexagramme Tai du Yijing. Le concept philosophique de « Trois Yang ouvrent le Tai » provient de l’hexagramme Tai parmi les soixante-quatre hexagrammes du Zhouyi. Le dixième mois lunaire correspond à l’hexagramme Kun, image du Yin pur ; le onzième au Fu, où un Yang naît en bas ; le douzième au Lin, où deux Yang naissent en bas ; le premier mois lunaire correspond au Tai, où trois Yang naissent en bas, symbolisant le départ de l’hiver, le retour du printemps, l’alternance du Yin et du Yang et le réveil de toutes choses.
Parce que 羊 et 阳 sont homophones, le motif utilise trois moutons pour représenter les « trois Yang », symbolisant l’essor de l’énergie Yang et le renouvellement des dix mille êtres. Lorsque « Trois Yang ouvrent le Tai » prend une forme figurative, il se traduit par trois moutons sous le soleil. C’est en vertu de cette homophonie entre « Yang » et « mouton » que les trois animaux apparaissent si fréquemment dans les estampes du Nouvel An et les papiers découpés populaires. On retrouve ce motif sur les céramiques des Ming et des Qing, dans le brocart Yunjin de Nanjing et dans d’autres arts décoratifs ; il contient à la fois la signification culturelle du mouton comme symbole de bon augure et, à travers l’idée de communion harmonieuse entre le Ciel et la Terre portée par l’hexagramme Tai, une conception saisonnière consistant à chasser le mal et accueillir la fortune.
Dans l’art populaire, notamment dans les motifs décoratifs, 羊 et 阳 sont unis par homophonie, tandis que 羊 et 祥 sont eux aussi associés par le son ; c’est pourquoi l’image de trois moutons est fréquemment utilisée comme symbole de bon augure. Le chapitre 91 du Voyage en Occident contient cette phrase : « 设此三羊,以应开泰之言,唤做‘三阳开泰’,破解你师之否塞也 ».
« Mouton auspicieux » signifie « bon augure »
Dans les inscriptions divinatoires Shang, 羊 et 祥 étaient interchangeables ; « 吉羊 » équivalait donc à « 吉祥 ». Dans la culture auspicieuse de la Chine ancienne, le mouton était le caractère originel associé à 祥 : l’inscription de couteau des Han orientaux « 大吉羊 » et la formule du Bogu Tu des Song « 辟除不羊 » emploient toutes deux le mouton avec le sens de bon augure. Dong Zhongshu, sous les Han occidentaux, écrivait : « 羊,祥也,故吉礼用之。 »
Dans la culture Han, le mouton symbolise depuis l’Antiquité l’harmonie et la célébration, le beau, le bien et la bienveillance, d’où l’expression ancienne « mouton auspicieux » (吉羊). Aujourd’hui encore, parmi les formules de vœux du Nouvel An durant l’Année du Mouton, « Que le Mouton auspicieux apporte l’accomplissement » et « Que le Mouton auspicieux apporte les bénédictions » occupent une place importante.
Formules auspicieuses de l’Année du Mouton
À chaque Année du Mouton, les formules de vœux prennent une tonalité particulièrement douce et favorable : « Trois Yang (Moutons) ouvrent le Tai » — l’hiver s’en va, le printemps revient et toutes choses se renouvellent ; « Que le Mouton auspicieux apporte l’accomplissement » (吉羊如意) — que tout soit favorable et conforme aux souhaits ; « 喜气洋洋 » — joie, harmonie et atmosphère festive ; « Grande fortune pendant l’Année du Mouton », « Que l’Année du Mouton apporte les bénédictions », « Bon augure pour l’Année du Mouton » ; « 羊眉吐气 », jeu homophonique sur 扬眉吐气 ; « 羊羊得意 », jeu homophonique sur 洋洋得意.
Le mouton comme symbole auspicieux
Dans la culture chinoise, le mouton possède de multiples significations favorables : bonté et douceur — son tempérament paisible symbolise la bienveillance et l’amabilité ; bon augure et accomplissement — 羊 et 祥 sont interchangeables, si bien que « 吉羊 » équivaut à « 吉祥 » ; beauté — le Shuowen Jiezi dit : « 美,甘也,从羊,从大 », d’où la formule traditionnelle « 羊大为美 » ; piété filiale — le « jeune agneau qui s’agenouille pour téter » symbolise le respect envers ses parents et la gratitude pour les soins maternels ; abondance — le mouton étant l’un des six animaux domestiques, en posséder signifie une vie matériellement prospère.
Association graphique entre le mouton, le « beau », le « bien » et la « justice »
Dans le système de l’écriture chinoise, de nombreux caractères liés à 羊 portent des significations positives : 美 — traditionnellement expliqué par l’idée « 羊大为美 », le beau étant associé à l’image d’un mouton bien nourri ; 善 — 羊 y fonctionne comme composant sémantique ; 義 — le caractère se compose de 羊 et 我, et 羊 y porte des connotations liées à la droiture et à la justice ; 鲜 — composé de 鱼 et 羊, il associe le poisson et le mouton à l’idée de saveur délicieuse. Le Shuowen Jiezi explique 羊 par « 羊,祥也。 » et 美 par « 美,甘也。从羊,从大。 » Ces éléments philologiques montrent pleinement la place élevée du mouton dans la culture chinoise.
Art populaire:
Le mouton est l’un des sujets auspicieux les plus fréquents de l’art populaire chinois. Des estampes du Nouvel An au papier découpé, de la broderie à la sculpture, son image se présente toujours sous une forme douce et de bon augure.
Le mouton dans les estampes du Nouvel An
Estampes « Trois Yang ouvrent le Tai » : « Trois Yang ouvrent le Tai » est le thème du mouton le plus classique dans les estampes du Nouvel An. Trois moutons apparaissent sous le soleil, symbolisant le départ de l’hiver, le retour du printemps et le renouvellement de toutes choses. Ce motif auspicieux apporte une atmosphère de fête à d’innombrables foyers.
Le mouton dans les estampes de Yangjiabu : les estampes du Nouvel An de Yangjiabu à Weifang, dans le Shandong, comptent elles aussi de nombreuses œuvres consacrées au mouton. Les compositions « Trois Yang ouvrent le Tai », aux couleurs claires et aux formes simples, sont emblématiques des estampes populaires du nord de la Chine.
Le mouton dans le papier découpé
L’image du mouton est également riche et variée dans le papier découpé populaire. Les thèmes de « Trois Yang ouvrent le Tai » et de « Que le Mouton auspicieux apporte l’accomplissement » y sont fréquents, avec des formes vivantes et des significations favorables. Les trois moutons sont souvent associés aux nuages auspicieux, au soleil et à d’autres motifs de bon augure pour former une composition complète de « Trois Yang ouvrent le Tai ». La silhouette douce et attachante du mouton en papier découpé est très appréciée du public.
Le mouton dans la broderie
Broderie Guang, Trois Yang ouvrent le Tai : parmi les œuvres de broderie Guang (广绣), l’une des Quatre Grandes Broderies de la dynastie Qing, figure une composition intitulée Trois Yang ouvrent le Tai : dans l’angle supérieur gauche sont brodés un soleil rouge et des nuages auspicieux, tandis que trois moutons occupent le centre d’une prairie. L’œuvre traduit la signification favorable du motif à travers une technique d’une grande finesse et constitue une pièce représentative des broderies consacrées au mouton.
Le mouton dans la broderie populaire : dans les broderies populaires, le mouton est souvent associé aux pivoines, aux nuages auspicieux, au caractère 福 et à d’autres symboles favorables afin de former des compositions comme « Que le Mouton auspicieux apporte l’accomplissement » ou « Trois Yang ouvrent le Tai ». Sa représentation, douce et charmante, apparaît fréquemment sur les vêtements d’enfants, les bandeaux ventraux, les tabliers et d’autres objets du quotidien.
Le mouton dans la sculpture
Four-Goat Square Zun (四羊方尊) : le bronze de la fin des Shang connu sous le nom de Four-Goat Square Zun est l’un des objets en forme de mouton les plus célèbres de la bronzerie chinoise. Son corps est carré et chacun des quatre angles porte un mouton aux cornes recourbées. La technique est raffinée et la présence monumentale. À l’âge du bronze, on disait souvent que l’on « cachait le rite dans l’objet » : le Four-Goat Square Zun est précisément un bronze rituel d’un rang particulièrement élevé.
Statue de pierre des Cinq Moutons de Guangzhou : la statue du parc Yuexiu est l’une des sculptures emblématiques de Guangzhou. Inspirée de la légende des « Cinq Moutons portant des céréales », elle constitue l’une des représentations artistiques les plus caractéristiques de la culture du mouton dans l’identité visuelle de la ville.
Le mouton dans les textiles et le brocart Yunjin
« Trois Yang ouvrent le Tai » est un motif fréquemment utilisé dans les textiles et les broderies. Dans le brocart Yunjin de Nanjing, trois moutons forment le sujet principal, accompagnés de nuages auspicieux, d’un soleil rouge et d’autres éléments, constituant l’un des motifs classiques de cet art. La broderie Guang, l’une des Quatre Grandes Broderies des Qing, possède elle aussi des œuvres intitulées Trois Yang ouvrent le Tai.
Le mouton dans les timbres zodiacaux
Les timbres zodiacaux de l’Année du Mouton émis par China Post constituent une importante manifestation moderne de la culture du mouton. Leurs dessins intègrent papier découpé, estampes du Nouvel An, gravure sur bois et d’autres formes d’art populaire, associant la culture traditionnelle du mouton à la création philatélique contemporaine.
Tabous et rites de protection:
Bien que le mouton soit une créature de bon augure, il existe aussi autour de lui certains tabous et malentendus populaires. Le plus connu est la formule « neuf Moutons sur dix sont incomplets » (十羊九不全).
Origine de « neuf Moutons sur dix sont incomplets »
Diffusion de la croyance : il existe dans le folklore la formule « neuf Moutons sur dix sont incomplets », selon laquelle les femmes nées sous le signe du Mouton auraient un mauvais destin, ce qui pousse certaines personnes à éviter d’avoir des enfants pendant une Année du Mouton. La croyance populaire chinoise a ainsi parfois prétendu que les personnes nées sous ce signe connaissaient une destinée malheureuse. Beaucoup se sont alors précipités pour avoir des enfants pendant les Années du Cheval, provoquant la saturation de certains hôpitaux et l’augmentation du prix des auxiliaires de maternité.
Origines historiques possibles : plusieurs explications sont avancées.
Hypothèse de l’impératrice douairière Cixi : selon une théorie, l’expression serait née du rejet populaire du pouvoir de Cixi à la fin des Qing. Comme elle était née sous le signe du Mouton, les préférences et aversions politiques auraient été projetées sur l’évaluation du signe zodiacal.
Mention dans Jing Hua Yuan (《镜花缘》) : l’écrivain Ma Boyong a signalé que le roman Qing contient déjà la formule « 俗传女命北以属羊为劣,南以属虎为凶 », montrant que dès l’ère Jiaqing, il existait dans la population l’idée que, pour une femme, naître sous le Mouton était défavorable.
Lien avec la physiognomonie : Ma Boyong estime également que l’idée d’un destin difficile pour les personnes nées sous le Mouton pourrait être liée à la physiognomonie. « Le folkloriste Liu Ruiming a mené une étude spécifique : le fait d’avoir “les quatre blancs visibles autour des yeux” était considéré comme un trait physiognomonique défavorable, et cette apparence a ensuite fait l’objet d’un transfert conceptuel vers le mouton. »
Mention dans Jin Ping Mei (《金瓶梅》) : le roman Ming contient lui aussi un passage associé à cette idée : après la mort de Li Ping’er, un maître du yin et du yang remet à Ximen Qing un jugement écrit selon lequel elle aurait tué une brebis dans une vie antérieure et serait donc revenue dans cette vie sous la forme d’une femme née sous le signe du Mouton.
Rectification par les spécialistes du folklore
Le folkloriste de Wuhan Liu Qianding a déclaré avec fermeté : « Il n’est absolument pas nécessaire de se préoccuper de l’origine de l’idée selon laquelle les personnes nées sous le Mouton auraient un destin difficile, car il s’agit incontestablement d’une superstition. » Selon lui, les douze animaux zodiacaux constituent une forme d’identité culturelle au sein de la civilisation chinoise, mais il convient aussi d’en éliminer les éléments négatifs et de ne pas les mystifier.
Les spécialistes soulignent que, dans la Chine ancienne, le mouton symbolisait le bon augure et le beau, et entretenait une relation extrêmement étroite avec l’être humain ; les affirmations selon lesquelles l’Année du Mouton porterait malheur sont donc dénuées de fondement. Parmi les personnalités chinoises et étrangères nées sous le signe du Mouton figurent de nombreuses figures remarquables — des célébrités culturelles aux dirigeants politiques — dont les accomplissements ne diffèrent en rien de ceux des autres.
Conflits zodiacaux
Dans la culture traditionnelle des compatibilités matrimoniales, les personnes nées sous le Mouton sont dites en conflit avec le Bœuf, selon l’opposition Chou–Wei (丑未相冲), et en relation de nuisance avec le Rat, selon la nuisance Zi–Wei (子未相害). Le folklore contient des formules comme « Bœuf et Mouton ne vont pas jusqu’au bout ensemble » (牛羊不到头) et « Quand Mouton et Rat se rencontrent, tout s’arrête aussitôt » (羊鼠相逢一旦休), exprimant la croyance qu’un mariage entre Mouton et Bœuf ou entre Mouton et Rat serait défavorable.
Tabous de l’année zodiacale personnelle
Les personnes nées sous le Mouton observent certaines précautions particulières pendant leur propre Année du Mouton : éviter les grands changements — déménagement, changement de travail ou investissement important ; faire attention à la santé — l’année zodiacale personnelle étant considérée comme une période où il convient de prendre davantage soin de son corps ; porter du rouge — ceinture rouge, chaussettes rouges, sous-vêtements rouges.
Rétablir la réputation auspicieuse du mouton
Selon les mots de Liu Qianding, « nos ancêtres n’auraient jamais choisi comme signe zodiacal un animal porteur d’une signification défavorable ». Dans la culture chinoise, le mouton constitue un excellent symbole de bon augure. Plusieurs créatures sacrées célèbres de l’Antiquité, comme le Qilin, le Xiezhi et le Yiyang, sont décrites comme inspirées de la forme du mouton. Des caractères anciens positifs tels que 美、鲜、羡 sont liés, dans leur formation graphique, à l’image du mouton ; même le caractère 祥 lui-même utilise 羊 pour exprimer à la fois le son et le sens. On peut donc dire que le mouton est véritablement une créature sacrée d’une auspiciosité incomparable.
Langue populaire et dictons:
Le mouton a laissé une riche empreinte dans la langue populaire chinoise. À la différence du Rat, dont les expressions sont presque unanimement péjoratives, le langage associé au Mouton est principalement laudatif et reflète l’affection et la vénération que les Chinois lui portent.
Le mouton dans les expressions idiomatiques
Expressions laudatives / neutres : 三阳(羊)开泰 — l’hiver disparaît, le printemps revient et toutes choses se renouvellent ; 羊羔跪乳 — métaphore de la piété filiale et de la gratitude envers sa mère ; 羊毛出在羊身上 — métaphore du rapport de cause à effet entre les choses ; 亡羊补牢 — réparer l’enclos après avoir perdu un mouton, c’est-à-dire corriger une erreur à temps ; 顺手牵羊 — prendre quelque chose au passage ; 羊肠小道 — chemin étroit et sinueux.
Le mouton dans les proverbes et les dictons
De nombreux proverbes liés au mouton circulent dans le peuple : « 羊毛出在羊身上 » — ce qui vient d’un endroit retourne finalement à cet endroit ; « 挂羊头卖狗肉 » — suspendre une tête de mouton tout en vendant de la viande de chien, métaphore d’une réalité qui ne correspond pas à son nom ; « 替罪羊 » — bouc émissaire, personne qui porte la faute d’autrui ; « 羊群里跑出骆驼来 » — un chameau surgit d’un troupeau de moutons, métaphore d’une personne hors du commun ; « 多如牛毛,少如羊毛 » — comparaison entre abondance et rareté ; « 羊有跪乳之恩,鸦有反哺之义 » — le mouton possède la grâce de s’agenouiller pour téter et le corbeau la vertu de nourrir en retour ses parents, métaphore de la gratitude et de la piété filiale ; « 留得青山在,不怕没柴烧;留得羊群在,不怕没羊毛 » — tant que les montagnes vertes subsistent, il ne faut pas craindre de manquer de bois ; tant que le troupeau subsiste, il ne faut pas craindre de manquer de laine, c’est-à-dire qu’il importe avant tout de préserver la base.
Xiehouyu sur le mouton
Les xiehouyu (歇后语) liés au mouton sont vifs et humoristiques : « Le mouton entre dans la gueule du tigre — pas de retour possible » ; « Les moutons dans l’enclos — impossible de les compter » ; « La queue du mouton — elle ne peut pas s’allonger », sur le même modèle que la formule relative à la queue du lapin ; « Les cornes du mouton prises dans la clôture — courbes et pointues » ; « Les intestins du mouton — pleins de détours » ; « Trois Moutons ouvrent le Tai — bon augure et accomplissement ».
Caractérisations populaires des personnes nées sous le Mouton
Dans le folklore zodiacal de la personnalité, les personnes nées sous le Mouton reçoivent des évaluations particulières. Qualités positives : douces et bienveillantes, sensibles et délicates, dotées d’un tempérament artistique, compréhensives, généreuses et tolérantes. Traits négatifs : indécision, douceur excessive, manque de capacité à trancher. Une formule populaire dit : « 未羊性温良,一生福寿长。心存善念在,自有好风光。 »
Le mouton dans le folklore enfantin:
Dans le monde de l’enfance, le mouton est un compagnon doux et attachant, mais aussi le protagoniste du récit filial du « jeune agneau qui s’agenouille pour téter ».
Le mouton dans les comptines
Petit Mouton de montagne : « 小山羊,小绵羊,山地草原是牧场。牧场处处美如画,画里藏有大灰狼。生肖羊,虽善良,善良更需有提防。狼会装成狼外婆…… »
Le Mouton dans la « Chanson des Douze Animaux du Zodiaque » : « 鼠第一牛第二虎第三兔第四龙第五蛇第六马第七羊第八猴第九鸡第十狗十一猪十二…… » ; et « 一是老鼠吱吱叫,二是牛儿尾巴摇。三是老虎威风到,四是白兔蹦蹦跳。五是飞龙像座桥,六是蛇会圈圈绕。七是马儿最会跑,八是羊儿吃青草。 »
Comptine « Le jeune agneau s’agenouille pour téter » : « 小羊羔,跪着吃奶,感谢妈妈养育恩。 » Cette comptine transforme l’allusion du jeune agneau s’agenouillant pour téter en chanson enfantine afin d’enseigner aux enfants le respect des parents et la gratitude envers les soins maternels.
Jeux autour du mouton
« Le vieux loup attrape les petits moutons » : jeu populaire pour enfants imitant la scène d’un loup chassant des moutons. Un enfant joue le « vieux loup » et plusieurs autres les « petits moutons » ; le loup les poursuit et celui qui est attrapé devient à son tour le vieux loup. Ce jeu fait écho à la comptine évoquant le « grand loup gris caché dans l’image » et développe chez l’enfant agilité et esprit de coopération.
« Les moutons traversent la rivière » : jeu collectif dans lequel plusieurs enfants se placent en file, imitent un troupeau traversant une rivière, chacun tenant le vêtement de celui qui le précède et tous avançant ensemble. Le jeu exerce la coordination et le sens du groupe.
Jouets en forme de mouton
Mouton en tissu : petite poupée cousue dans du tissu, d’apparence douce et attachante, et l’un des premiers supports par lesquels les enfants découvrent le mouton.
Mouton en argile : jouet courant dans les foires de temples, à la forme tendre et charmante et aux couleurs douces.
Mouton en feutre de laine : petite poupée confectionnée en laine feutrée, douce au toucher et très appréciée des enfants.
Le mouton dans la littérature et les arts:
Le mouton est l’un des thèmes les plus importants de la littérature et des arts chinois. Du Shijing à la poésie Tang et Song, du Four-Goat Square Zun aux peintures de moutons à travers les dynasties, écrivains et artistes lui ont conféré une haute valeur culturelle.
Le mouton dans le Shijing
Le Shijing·Shaonan contient un poème intitulé 《羔羊》. Le Mao Shi explique ce texte par la phrase : « 召南之国,化文王之政,在位皆节俭正直,德如羔羊也。 » Le sens est que les souverains de Shaonan, qui gouvernaient avec diligence et droiture, sont comparés au « jeune agneau ». Le poème dit : « 羔羊之皮,素丝五紽。退食自公,委蛇委蛇。 » En mettant le jeune agneau en parallèle avec la vertu de l’homme de bien, ce texte établit la haute position du mouton dans la tradition littéraire chinoise.
Shijing·Xiaoya·Wuyang (《诗经·小雅·无羊》) est l’un des plus célèbres poèmes pastoraux de la Chine ancienne : « 谁谓尔无羊?三百维群。 » Il décrit avec vivacité une scène d’abondance où bœufs et moutons forment de grands troupeaux.
Su Wu gardant les moutons
« Su Wu gardant les moutons » (苏武牧羊) est l’une des histoires les plus célèbres de l’histoire chinoise liées au mouton. Su Wu, haut fonctionnaire des Han, fut envoyé en mission auprès des Xiongnu ; les dirigeants xiongnu tentèrent par menaces et promesses de le contraindre à se rendre, mais Su Wu préféra mourir plutôt que céder. Ils l’envoyèrent alors garder les moutons dans la région de la Mer du Nord, correspondant aujourd’hui au lac Baïkal, déclarant qu’il ne pourrait rentrer qu’au moment où les béliers mettraient bas. Su Wu vécut jour après jour parmi le troupeau, traversant les épreuves et demeurant ferme dans l’adversité ; il ne fut libéré et ne rentra chez les Han qu’après dix-neuf années passées chez les Xiongnu. Après sa mort, l’empereur Xuan des Han le fit figurer parmi les Onze Fonctionnaires méritants du Pavillon Qilin, afin d’honorer son intégrité. L’histoire de Su Wu gardant les moutons a ainsi associé étroitement le mouton aux qualités de loyauté, de persévérance et de fermeté indomptable.
Poèmes sur le mouton à travers les dynasties
Dans l’immense océan de la poésie chinoise, les vers consacrés aux moutons sont innombrables.
Dynastie Tang : Wang Wei, Weichuan Tianjia : « 斜阳照墟落,穷巷牛羊归。 » La scène des bœufs et des moutons revenant au village exprime la joie de la vie pastorale ; Du Fu a lui aussi composé des vers consacrés au mouton, l’utilisant pour évoquer la vertu de l’homme de bien.
Dynastie Song : dans la poésie de Su Shi, les œuvres prenant le mouton pour sujet sont souvent liées à la vie agricole.
Peintures de moutons à travers les dynasties
Les peintures consacrées au mouton n’ont jamais cessé d’apparaître dans l’histoire de l’art chinois.
Lang Shining, Kaitai Tu (《开泰图》) : le peintre de cour des Qing Lang Shining (郎世宁, Giuseppe Castiglione) réalisa Kaitai Tu sur le thème des « Trois Yang ouvrent le Tai ». Trois moutons jouent sous le soleil ; l’œuvre combine styles picturaux chinois et occidentaux et constitue un classique de la peinture consacrée au mouton.
Peintures de « Mouton auspicieux » à travers les dynasties : des œuvres centrées sur le thème du « Mouton auspicieux » (吉羊) existent à différentes époques, où l’animal apparaît tantôt doux, tantôt vif, tantôt sacré.
Le mouton dans les objets patrimoniaux
Four-Goat Square Zun — fin de la dynastie Shang, mis au jour en 1938 à Ningxiang, dans le Hunan : l’un des objets en bronze en forme de mouton les plus célèbres de Chine, avec un mouton aux cornes recourbées fondu à chacun des quatre angles. Il est aujourd’hui conservé au Musée national de Chine et considéré comme un trésor national.
Zun de bronze Shang en forme de mouton : récipient rituel en bronze façonné sous la forme d’un mouton, important témoignage matériel de la culture du mouton sous les Shang.
Le mouton dans les pierres picturales Han : de nombreuses figures de moutons apparaissent sur les pierres picturales Han, aussi bien dans des scènes sacrificielles que dans des scènes de la vie quotidienne.
Moutons sancai des Tang : des figurines de moutons à glaçure sancai ont été mises au jour dans des tombes Tang, avec des formes vivantes et des couleurs éclatantes.
Le mouton dans les mythes et les légendes
Dans les récits mythologiques, le mouton cesse d’être le petit animal vulnérable de la réalité pour se transformer en créature sacrée. Des légendes telles que celles du Xiezhi ou des Cinq Moutons portant des céréales élèvent le mouton au rang de créature divine et d’être immortel. Il est également considéré comme une monture d’immortels, ce qui signifie que l’on voyait en lui un animal capable de « communiquer avec le monde spirituel », reliant le monde humain aux immortels et aux divinités.
Le mouton et les contrats
Les anciens considéraient également le mouton comme une preuve et un garant lors de la conclusion des pactes, représentant l’équité et la justice. Pendant les périodes des Printemps et Automnes et des Royaumes combattants, lorsque deux États concluaient une alliance, ils pratiquaient souvent le rite consistant à « éventrer un mouton pour conclure le pacte » (刳羊而约), c’est-à-dire sacrifier un mouton afin de sceller l’accord. Si l’une des parties violait le pacte, ou si le serment avait été prononcé avec insincérité ou malhonnêteté, on croyait qu’elle subirait une sévère punition du Ciel et des divinités.
Réflexions finales:
La culture populaire du Mouton Wei (未羊) constitue l’une des pages les plus douces comme le jade et les plus imprégnées de bon augure de toute la tradition zodiacale chinoise. L’attitude des hommes envers le mouton mêle proximité et vénération : ils aiment son image douce et bienveillante tout en honorant son esprit sacré de sacrifice pour la justice. Le mouton n’est pas seulement le héros sacrificiel du Mouton divin qui vola les céréales pour sauver les hommes, ni uniquement la créature judiciaire sacrée Xiezhi capable de discerner le mensonge et d’éclairer la justice ; il est aussi le caractère originel associé à « 祥 », l’incarnation de la beauté et le symbole de la bonté. Du Jour du Mouton du quatrième jour du premier mois lunaire au sacrifice d’un mouton jaune au Dieu du Foyer le vingt-troisième jour du douzième mois, de la cérémonie de gratitude suivant la récolte d’automne à la sagesse agraire contenue dans la coutume de « planter des moutons lors d’un jour Wei », la figure du mouton traverse de nombreux moments essentiels du calendrier traditionnel.
De la légende sacrificielle du « Mouton divin qui vola les céréales » à l’origine de Guangzhou dans le récit des « Cinq Moutons portant des céréales », du motif auspicieux des « Trois Yang ouvrent le Tai » au vœu du Nouvel An « Que le Mouton auspicieux apporte l’accomplissement », du bronze rituel Four-Goat Square Zun à la virtuosité de la broderie Guang Trois Yang ouvrent le Tai, le folklore du mouton couvre presque tous les domaines de la culture populaire : fêtes saisonnières, croyances, significations auspicieuses, art populaire, tabous et rites de protection, traditions enfantines, littérature et arts. Le mouton est à la fois une créature sacrée que les hommes vénèrent et à laquelle ils présentent des offrandes, et un compagnon de tissu que les enfants serrent dans leurs bras. Cette proximité — le révérer comme une divinité, l’aimer comme un compagnon — constitue précisément l’un des aspects les plus fascinants de la culture populaire du Mouton Wei.
La racine de cette proximité réside dans le fait que, dans la culture chinoise, le mouton a toujours porté certaines des significations les plus nobles et les plus heureuses. Dans le système de l’écriture chinoise, 羊 est le caractère originel associé à 祥 ; 美 se comprend traditionnellement à travers la formule « 羊大为美 » ; dans 善, 羊 fonctionne comme composant sémantique, tandis que 義 se compose de 羊 et de 我, 羊 y apportant des connotations liées à la droiture et à la justice. L’image culturelle du mouton est ainsi demeurée étroitement associée à la bonté, la beauté et la justice. De la vertu de l’homme de bien exprimée par « 德如羔羊 » dans Shijing·Gaoyang au récit filial du « jeune agneau qui s’agenouille pour téter », de la loyauté inébranlable de Su Wu gardant les moutons à la bénédiction auspicieuse des « Trois Yang ouvrent le Tai », l’image culturelle du mouton a toujours conservé une qualité à la fois douce et élevée. Bien que le Mouton Wei n’occupe que la huitième place du zodiaque, il porte les aspirations les plus profondes de la nation chinoise envers la bonté, la beauté, la justice et le bon augure : venu des pentes de la plus haute Antiquité, les Cinq Céréales à la bouche et enveloppé d’auspiciosité, il a laissé dans le paysage spirituel du peuple chinois la présence la plus douce et la plus belle.
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Commentaires des Lecteurs
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