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Grain Barbu

Grain Barbu Poésie

「时雨及芒种,四野皆插秧。」

Début du terme solaire: 2027-06-05 – 2027-06-07
Lu You écrit les pluies de saison au temps du Grain en épi : partout dans les champs, on repique le riz, et dans chaque foyer on savoure les mets préparés avec le blé nouveau. Yuan Zhen chante “芒种看今日,螳螂应节生.” La poésie de Mangzhong décrit…

La poésie du Grain en épi décrit souvent l’intense activité agricole des « Trois travaux de l’été ». Lu You, avec “时雨及芒种,四野皆插秧”, consigne le labeur des riziculteurs qui se hâtent de repiquer avant que ne passe le moment favorable ; Yuan Zhen, avec “芒种看今日,螳螂应节生”, écrit les changements des signes saisonniers. Les poètes évoquent les prunes vertes chauffées avec du vin, le parfum des mets de blé nouveau et les mantes qui naissent au rythme de la saison, mêlant l’urgence des travaux agricoles aux plaisirs raffinés. À Mangzhong, récolter et semer vont de pair, travail et joie s’entrelacent ; sous la plume des poètes, c’est l’un des moments les plus affairés et les plus féconds de l’année.

Grain Barbu / Poésie

Poésie de Grain Barbu

Chanter les saisons · Donner voix au cœur
时雨

时雨

Dynastie Dynastie Song
Auteur Lu You
Forme Poème

Vers originaux:

时雨及芒种,四野皆插秧。

家家麦饭美,处处菱歌长。

老我成惰农,永日付竹床。

衰发短不栉,爱此一雨凉。

Traduction moderne:

Les pluies opportunes arrivent avec Mangzhong, et partout dans les champs les paysans repiquent le riz. Dans chaque foyer, on savoure des mets parfumés préparés avec le blé nouveau ; de toutes parts flottent les longues chansons de ceux qui cueillent les châtaignes d’eau. Quant à moi, vieux et affaibli, je suis devenu un paysan paresseux et passe la journée entière allongé sur un lit de bambou. Mes cheveux clairsemés sont désormais trop courts pour qu’il soit nécessaire de les peigner ; je ne cherche qu’à savourer la fraîcheur apportée par cette pluie.

Analyse:

Dans les quatre premiers vers, Lu You esquisse à larges traits un tableau agricole de Mangzhong. “时雨及芒种” souligne l’entrecroisement entre la période des semailles pressantes et les pluies de prunier, tandis que “四野皆插秧” décrit l’activité intense des rizières du Sud. “家家麦饭美” écrit la joie de la récolte du blé, tandis que “处处菱歌长” évoque le caractère propre aux régions d’eau du Sud. D’un côté la nourriture et la récolte, de l’autre l’eau et le chant : ensemble, ces images donnent vie au travail et à l’abondance de Mangzhong. Dans les quatre derniers vers, le poème passe brusquement des travaux agricoles à la personne du poète. “老我成惰农” exprime sur le ton de l’autodérision l’impuissance due à l’âge, tandis que “爱此一雨凉” revient au plaisir de la fraîcheur apportée par la pluie. L’ensemble crée une tension subtile entre l’agitation des champs et le loisir personnel, caractéristique de la poésie rurale tardive de Lu You.

芒种后经旬无日不雨偶得长句

芒种后经旬无日不雨偶得长句

Dynastie Dynastie Song
Auteur Han Biao
Forme Poème

Vers originaux:

芒种初过雨及时,纱厨睡起角巾欹。

痴云不散常遮塔,野水无声自入池。

绿树晚凉鸠语闹,画梁昼寂燕归迟。

闲来只共僧争席,抵掌饶他一笑时。

Traduction moderne:

Mangzhong vient à peine de passer que la pluie arrive déjà à point nommé. Je me lève après avoir dormi derrière les rideaux de gaze, le foulard de tête légèrement de travers. Des nuages obstinés demeurent sans se disperser et cachent souvent la pagode au loin ; l’eau des champs coule silencieusement et entre d’elle-même dans l’étang. Le soir apporte sa fraîcheur parmi les arbres verts, tandis que les tourterelles ne cessent de crier ; pendant le jour, les poutres peintes restent silencieuses et les hirondelles rentrent tard. Dans mes moments de loisir, je ne fais que disputer une place aux moines, frappant dans mes mains au fil de la conversation et les laissant rire de ma folie.

Analyse:

Han Biao situe ce poème dans les pluies continues qui suivent Mangzhong et décrit la vie paisible d’un lettré sous un climat humide et pesant. “芒种初过雨及时” répond au caractère de pluie opportune propre à la saison ; “纱厨睡起角巾欹” décrit la posture nonchalante de celui qui vient de se réveiller d’une sieste, avec un fort parfum de vie quotidienne. “痴云不散常遮塔” personnifie les nuages, écrivant leur lourdeur persistante pendant la saison des pluies de prunier ; “野水无声自入池” écrit le calme par le mouvement : l’eau coule sans bruit, suivant son propre cours. Les deux derniers distiques passent des signes saisonniers de “鸠语闹” et “燕归迟” aux échanges avec les moines. Par une écriture délicate, le poème saisit l’humidité, le silence et l’aisance propres à cette saison.

芒种

芒种

Dynastie Dynastie Song
Auteur Yu Si
Forme Poème

Vers originaux:

一把青秧趁手青,轻烟漠漠雨冥冥。

东风染尽三千顷,白鹭飞来无处停。

Traduction moderne:

Poignée après poignée, les jeunes plants de riz verts brillent entre les mains ; une brume légère s’étend sur les champs, tandis qu’une fine pluie obscurcit l’horizon. Le vent d’est semble avoir teint de vert trois mille qing de rizières, si bien que même les aigrettes blanches qui arrivent en volant ne trouvent plus un seul espace libre où se poser.

Analyse:

Ce quatrain utilise une écriture extrêmement concise pour peindre la grandeur des repiquages au temps de Mangzhong. Le premier vers, “一把青秧趁手青”, saisit le geste même du repiquage : le vert frais des plants et la sensation de les tenir en main se rejoignent, comme si le vert des mains et celui des champs ne faisaient plus qu’un. Le deuxième vers, “轻烟漠漠雨冥冥”, écrit une pluie fine comme de la fumée et un monde noyé dans la brume, créant une atmosphère humide et vaporeuse. Les deux derniers vers constituent l’éclat du poème. “东风染尽三千顷” personnifie le vent d’est à travers le caractère “染”, comme s’il était un peintre couvrant d’un seul geste de vert toute l’immensité des champs ; “三千顷” en souligne l’étendue. Le dernier vers, “白鹭飞来无处停”, est particulièrement inspiré : une aigrette cherche un endroit où se poser, mais découvre que tous les champs sont déjà remplis de plants. Ce détail montre indirectement la densité, la rapidité et l’ampleur du travail. Le poème ne contient pas un seul mot signifiant explicitement « affairé », et pourtant toute la scène est traversée par l’activité ; la suggestion y est forte et contenue.

伊犁记事诗

伊犁记事诗

Dynastie Dynastie Qing
Auteur Hong Liangji
Forme Poème

Vers originaux:

芒种才过雪不霁,伊犁河外草初肥。

生驹步步行难稳,恐有蛇从鼻观飞。

Traduction moderne:

Mangzhong vient à peine de passer, mais la neige n’a toujours pas complètement fondu. Au-delà de la rivière Ili, les herbes de la steppe commencent seulement à devenir luxuriantes. Un poulain nouveau-né avance d’un pas encore mal assuré ; on craint même qu’un serpent ne surgisse brusquement près de ses naseaux.

Analyse:

Hong Liangji écrit ici le paysage de Mangzhong dans la région d’Ili, à la frontière nord-ouest, totalement différent de celui des plaines centrales et de Jiangnan. “芒种才过雪不霁” surprend dès le premier vers : alors qu’à Jiangnan Mangzhong coïncide déjà avec les pluies continues et les premières chaleurs estivales, à Ili la neige n’a pas encore entièrement disparu. L’ampleur de la différence régionale est saisissante. “伊犁河外草初肥” écrit l’arrivée tardive du printemps dans la steppe frontalière ; “初肥” décrit les herbes qui commencent à peine à pousser et deviennent progressivement plus abondantes. “生驹步步行难稳” saisit la gaucherie attendrissante du poulain qui apprend à marcher, pleine de vie quotidienne. Le dernier vers, “恐有蛇从鼻观飞”, utilise l’exagération pour exprimer l’abondance et la vigueur des serpents et des insectes des régions frontalières, donnant à la lecture une impression à la fois dangereuse et étrange. Par ce regard porté depuis les confins, le poème redéfinit Mangzhong et élargit les frontières géographiques et culturelles de la poésie des termes solaires.

田间杂咏(其一)

田间杂咏(其一)

Dynastie Dynastie Ming
Auteur Fan Fu
Forme Poème

Vers originaux:

芒种忙忙种,南风日日催。

新秧初出水,宿麦已登台。

蚕老叶稀尽,蚕眠人未回。

日长农事急,无计避尘埃。

Traduction moderne:

Au temps de Mangzhong, tous s’affairent aux semailles, tandis que le vent du sud presse chaque jour le calendrier agricole. Les jeunes plants nouvellement repiqués émergent à peine de l’eau, alors que le blé semé l’année précédente a déjà été moissonné et rentré. Les vers à soie ont vieilli et les feuilles de mûrier sont presque épuisées ; même lorsque les vers dorment, ceux qui les élèvent ne sont toujours pas revenus. Les jours s’allongent et les travaux agricoles deviennent toujours plus urgents ; il n’existe aucun moyen d’échapper à la poussière et à la fatigue.

Analyse:

Avec une langue simple, ce poème offre un panorama de l’intense activité agricole de Mangzhong. “芒种忙忙种” commence par répéter l’idée de “忙”, l’affairement, touchant directement au cœur saisonnier de Mangzhong : être occupé à semer. “南风日日催” personnifie l’avancée de la saison, comme si le vent du sud pressait les paysans de ne pas perdre de temps. “新秧初出水” écrit le repiquage du riz, tandis que “宿麦已登台” écrit la récolte du blé ; l’un émerge, l’autre est rentré, montrant les étapes différentes de la vie des cultures au même moment de l’année. “蚕老叶稀尽” écrit la fin prochaine de l’élevage des vers à soie, tandis que “蚕眠人未回” montre que ceux qui les élèvent continuent de travailler. Le dernier vers, “无计避尘埃”, exprime une profonde compassion pour la peine des familles paysannes : au moment de Mangzhong, lorsque récolter et semer se superposent, il n’y a pas d’échappatoire ; il faut simplement continuer à travailler. Le poème consigne avec réalisme leur peine et leur endurance.

芒种

芒种

Dynastie Dynastie Song
Auteur Lou Shu
Forme Poème

Vers originaux:

芒种节序近,新秧绿未齐。

田家勤动苦,耘耨望云霓。

麦秋蚕亦老,桑柘叶初低。

妇姑荷箪食,童稚携壶浆。

Traduction moderne:

Mangzhong approche, et les jeunes plants nouvellement repiqués n’offrent pas encore un vert uniforme. Les familles paysannes travaillent avec acharnement et peinent aux champs, espérant l’arrivée d’une pluie opportune. Le blé atteint sa maturité comme en automne et les vers à soie vieillissent eux aussi ; les feuilles des mûriers et des mûriers à papier commencent à retomber. Les femmes portent des paniers de nourriture, tandis que les enfants apportent des cruches d’eau à ceux qui travaillent dans les champs.

Analyse:

Lou Shu peint avec simplicité une scène vivante du travail rural au temps de Mangzhong. “芒种节序近” précise la saison, tandis que “新秧绿未齐” note le détail des jeunes plants récemment repiqués, dont le vert n’est pas encore uniforme. “田家勤动苦” écrit directement la peine des familles paysannes, et “耘耨望云霓” exprime leur ardent désir de pluie pendant qu’elles sarclent et cultivent. “云霓” désigne l’arc-en-ciel ; les anciens considéraient que son apparition annonçait la fin de la pluie, et l’expression sert ici à traduire l’attente d’une pluie opportune. Le troisième distique, “麦秋蚕亦老”, écrit le blé mûr comme si l’automne était arrivé et les vers à soie parvenus à la fin de leur cycle, tandis que “桑柘叶初低” décrit les feuilles qui commencent à retomber. Le dernier distique, “妇姑荷箪食,童稚携壶浆”, constitue la scène la plus chaleureuse du poème : les femmes portent le repas, les enfants apportent de l’eau aux proches qui travaillent aux champs. Par une écriture directe, le poème enregistre toute la vie paysanne au temps de Mangzhong, avec une simplicité émouvante.

Conclusion

La poésie, cœur du ciel et de la terre · Les saisons à travers les âges

La poésie de Mangzhong commence par un seul caractère : “忙”, l’affairement. Lu You écrit “时雨及芒种,四野皆插秧。家家麦饭美,处处菱歌长”, donnant à Mangzhong une atmosphère animée et généreuse. Mais aussitôt, son pinceau change de direction : “老我成惰农,永日付竹床.” Le monde entier est occupé, tandis que lui seul s’accorde un peu de loisir sur son lit de bambou. Travail et repos peuvent coexister dans la poésie de Mangzhong.
Lorsque Yuan Zhen, poète des Tang, écrit Mangzhong, son regard se porte sur les signes naturels et le rythme saisonnier : “芒种看今日,螳螂应节生。彤云高下影,鴳鸟往来声.” Les mantes éclosent, les pies-grièches annoncent l’été, les lotus s’ouvrent sous le soleil, tandis que vers à soie et blé attendent la récolte. Mais les deux vers les plus touchants sont les derniers : “相逢问蚕麦,幸得称人情”. Lorsque les gens se rencontrent dans les champs, ils ne demandent rien d’autre : combien de soie a-t-on récolté, combien de blé a-t-on coupé ? C’est une sollicitude née de la terre elle-même. Bai Juyi écrit quant à lui “田家少闲月,五月人倍忙”, voit la peine des paysans dans “足蒸暑土气,背灼炎天光”, et de là naît sa propre réflexion : “念此私自愧.”
Le poète des Song Fan Chengda place Mangzhong au cœur des pluies de prunier : “乙酉甲申雷雨惊,乘除却贺芒种晴” — après l’orage et la pluie, le ciel s’éclaircit, et il est temps de repiquer les jeunes plants. Du “四野皆插秧” de Lu You au “相逢问蚕麦” de Yuan Zhen, du “五月人倍忙” de Bai Juyi au “乘除却贺芒种晴” de Fan Chengda, dans la poésie de Mangzhong, une moitié est le sel de la sueur, l’autre la fraîcheur de la pluie. C’est à la fois le rythme agricole selon lequel « à chaque effort répond une récolte » et l’attitude lettrée qui consiste à « chercher un peu de loisir au cœur de l’affairement ». Lorsque l’on ouvre les poèmes de Mangzhong, les mots consacrés au blé, aux chants des cueilleurs de châtaignes d’eau, aux orages et aux lotus reprennent vie : l’affairement est l’état naturel de l’été, tandis que la poésie est ce peu de fraîcheur que l’homme se réserve au milieu de son labeur.
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Commentaires des Lecteurs

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