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Solstice d’Hiver

Solstice d’Hiver Poésie

「天时人事日相催,冬至阳生春又来。」

Début du terme solaire: 2026-12-21 – 2026-12-23
Du Fu écrit le Solstice d’Hiver comme le moment où le yin atteint son extrême et où le yang commence à renaître, tandis que le printemps se forme déjà au cœur du froid le plus profond. Yuan Zhen chante : “二气俱生处,周家正立年.” La poésie du…

La poésie du Solstice d’Hiver a pour thème central le moment où le yin atteint son extrême et où le yang commence à renaître, tandis que le printemps se trouve déjà contenu dans le froid le plus profond. Du Fu, avec “天时人事日相催,冬至阳生春又来”, écrit le rythme naturel du premier yang qui naît au Solstice d’Hiver ; Yuan Zhen, avec “二气俱生处,周家正立年”, rappelle la tradition qui faisait du Solstice d’Hiver le commencement de l’année. Les poètes écrivent que les vers de terre se nouent, que les bois du cerf se détachent et que les sources commencent à s’animer, saisissant dans les trois phases saisonnières du Solstice d’Hiver les premiers frémissements subtils du yang qi. Parmi les vingt-quatre termes solaires, le Solstice d’Hiver est le jour qui porte le plus fortement le sens du basculement : dans la nuit la plus longue, les poètes écrivent leurs espérances les plus profondes, parce qu’ils savent que le printemps n’est déjà plus loin.

Solstice d’Hiver / Poésie

Poésie de Solstice d’Hiver

Chanter les saisons · Donner voix au cœur
小至

小至

Dynastie Dynastie Tang
Auteur Du Fu
Forme Poème

Vers originaux:

天时人事日相催,冬至阳生春又来。

刺绣五纹添弱线,吹葭六琯动浮灰。

岸容待腊将舒柳,山意冲寒欲放梅。

云物不殊乡国异,教儿且覆掌中杯。

Traduction moderne:

Le cours du ciel et les affaires humaines se pressent jour après jour. Au Solstice d’Hiver, le yang commence à naître et le printemps reviendra de nouveau. Les brodeuses constatent que les jours s’allongent et peuvent ajouter un peu de fil à leur ouvrage ; dans les tubes musicaux, la cendre de roseau se met à bouger lorsque le qi de la terre commence à s’éveiller. Les rives attendent le douzième mois lunaire pour voir les saules déployer leurs branches, tandis que les montagnes semblent traverser le froid, prêtes à laisser éclore les fleurs de prunier. Les nuages et le paysage d’ici ne diffèrent pas de ceux de mon pays natal, bien que la terre où je me trouve soit autre. Que mon fils vide donc la coupe qu’il tient en main.

Analyse:

Ce poème de Du Fu est une œuvre classique consacrée au Solstice d’Hiver. Le premier vers, “天时人事日相催”, écrit avec une ample vision la double poussée du temps naturel et des affaires humaines, tandis que “冬至阳生春又来” indique le sens philosophique du Solstice d’Hiver, moment où « naît le premier yang » : au cœur de la nuit la plus longue, le yang qi commence à se mouvoir et le printemps est déjà en gestation. Le deuxième distique, “刺绣五纹添弱线”, écrit qu’après le Solstice d’Hiver, les jours s’allongent peu à peu et que les femmes qui brodent peuvent ajouter un peu plus de fil à leur ouvrage ; “吹葭六琯动浮灰” renvoie à l’ancienne pratique consistant à observer le qi au moyen de tubes musicaux, dans lesquels la cendre de roseau se mettait à bouger lorsque le qi de la terre commençait à s’éveiller au jour du Solstice. Un détail relève du travail quotidien des femmes, l’autre de l’observation du ciel ; tous deux confirment ensemble l’arrivée de la « naissance du yang ». Le troisième distique, “岸容待腊将舒柳”, écrit les rives attendant le douzième mois pour que les saules déploient leurs branches, tandis que “山意冲寒欲放梅” montre les montagnes traversant le froid rigoureux, comme si les pruniers étaient sur le point de fleurir. L’un « se déploie », l’autre « s’ouvre », révélant la force de vie cachée dans l’hiver le plus sévère. Le dernier distique, “云物不殊乡国异”, dit que les nuages et le paysage devant lui ne diffèrent pas de ceux de son pays natal ; “教儿且覆掌中杯” clôt le poème sur une coupe de vin. Il y a là à la fois la joie d’une boisson de fête et la profondeur de celui qui, loin de chez lui, boit pour apaiser la tristesse de l’errance.

冬至夜

冬至夜

Dynastie Dynastie Tang
Auteur Bai Juyi
Forme Poème

Vers originaux:

邯郸驿里逢冬至,抱膝灯前影伴身。

想得家中夜深坐,还应说着远行人。

Traduction moderne:

Je passe la nuit du Solstice d’Hiver dans un relais à Handan. Assis devant la lampe, les genoux serrés contre moi, je n’ai pour seule compagnie que mon ombre. J’imagine qu’à la maison, mes proches sont eux aussi encore éveillés au cœur de la nuit, assis ensemble, et qu’ils doivent certainement parler de moi, celui qui voyage au loin.

Analyse:

Bai Juyi écrit dans une langue extrêmement simple la nostalgie de celui qui passe la nuit du Solstice d’Hiver loin de chez lui. Le premier vers, “邯郸驿里逢冬至”, précise le temps et le lieu : la nuit du Solstice, un relais à Handan, au cours d’un voyage. Le deuxième, “抱膝灯前影伴身”, utilise une description directe pour écrire une solitude extrême : une personne, une lampe, une silhouette assise les genoux repliés, et une ombre projetée sur le mur. En dehors de cette ombre, personne ne l’accompagne. L’image est extrêmement forte et l’émotion très profonde. Dans les deux derniers vers, “想得家中夜深坐,还应说着远行人”, le poète imagine ses proches, chez eux, encore éveillés tard dans la nuit du Solstice, assis ensemble et parlant de lui, le « voyageur lointain ». Cette manière d’écrire depuis le point de vue de l’autre est particulièrement subtile : au lieu de dire directement combien sa famille lui manque, il écrit combien lui-même doit manquer aux siens, rendant la nostalgie plus profonde, plus vraie et plus émouvante. Sans aucune recherche d’ornement, le poème est devenu l’un des plus largement diffusés parmi ceux consacrés au Solstice d’Hiver.

冬至

冬至

Dynastie Dynastie Song
Auteur Mei Yaochen
Forme Poème

Vers originaux:

冬至至后日初长,远在剑南思洛阳。

青袍白马有何意,金谷铜驼非故乡。

冬至一阳生百福,此时欢会亦何如。

樽前不可无此客,为报春风且莫疏。

Traduction moderne:

Après le Solstice d’Hiver, les jours commencent peu à peu à s’allonger. Loin, à Jiannan, je pense à Luoyang. Quel sens peuvent bien avoir la robe bleue et le cheval blanc, c’est-à-dire la vie de fonctionnaire ? Jingu et Tongtuo, lieux célèbres de Luoyang, ne sont déjà plus le pays natal tel que je le garde en mémoire. Au Solstice d’Hiver naît le premier yang, et avec lui viennent cent bénédictions ; quelle joie ce serait de pouvoir se réunir à un tel moment ! Devant la coupe, cet hôte ne saurait manquer ; dites au vent du printemps de ne pas m’oublier.

Analyse:

Mei Yaochen prend le Solstice d’Hiver pour arrière-plan et écrit la nostalgie de celui qui sert loin de chez lui ainsi que son attente du printemps. “冬至至后日初长” indique le phénomène saisonnier par lequel les jours commencent à s’allonger après le Solstice, tandis que “远在剑南思洛阳” écrit directement le fait d’être dans le Shu tout en pensant à l’ancienne capitale, Luoyang. Le deuxième distique, “青袍白马有何意”, emploie « robe bleue et cheval blanc » pour désigner la condition de fonctionnaire et s’interroge sur le sens véritable de cette vie de service loin du foyer. “金谷铜驼非故乡” écrit que Jingu et Tongtuo, lieux célèbres de Luoyang, ne sont déjà plus le pays natal tel qu’il subsiste dans sa mémoire. Le troisième distique, “冬至一阳生百福”, exprime le sens auspicieux de la naissance du premier yang au Solstice d’Hiver, tandis que “此时欢会亦何如” imagine la joie d’une réunion à un tel moment. Le dernier distique, “樽前不可无此客,为报春风且莫疏”, dit que cet hôte ne peut manquer devant la coupe et demande que l’on transmette au vent du printemps de ne pas le délaisser. Tout le poème écrit la nostalgie au sein de l’impuissance de la vie officielle, l’attente au sein du caractère auspicieux du Solstice, puis confie finalement cette attente au vent du printemps, laissant un goût qui se prolonge.

冬至日独游吉祥寺

冬至日独游吉祥寺

Dynastie Dynastie Song
Auteur Su Shi
Forme Poème

Vers originaux:

井底微阳回未回,萧萧寒雨湿枯荄。

何人更似苏夫子,不是花时肯独来。

Traduction moderne:

Au fond du puits, une faible tiédeur semble revenir, sans être pourtant réellement revenue ; la pluie froide tombe avec tristesse et détrempe les racines desséchées de l’herbe. Qui pourrait davantage ressembler à Maître Su que moi-même, prêt à venir seul alors même que ce n’est pas la saison des fleurs ?

Analyse:

Su Shi écrit ici une promenade solitaire au temple Jixiang le jour du Solstice d’Hiver, laissant apparaître dans la froideur limpide une indépendance fière et une forme de contentement intérieur. “井底微阳回未回” écrit l’état subtil dans lequel le premier yang commence à revenir au Solstice, bien que la véritable chaleur ne soit pas encore revenue. Les trois caractères “回未回”, « revenu, pas encore revenu », expriment avec précision cet instant de seuil où le yang qi commence tout juste à bouger, comme s’il était à la fois présent et absent. “萧萧寒雨湿枯荄” décrit la scène désolée de la pluie froide qui détrempe les racines sèches de l’herbe. Les deux derniers vers, “何人更似苏夫子,不是花时肯独来”, constituent la note de satisfaction personnelle du poème : qui donc, comme Su Shi, accepterait de venir seul alors que ce n’est même pas la saison animée des fleurs ? Il y a ici à la fois autodérision et plaisir de soi. Ne pas suivre le moment, ne pas rechercher l’animation, et choisir de visiter seul un vieux temple en ce jour désolé du Solstice : voilà précisément un reflet du caractère de Su Shi, détaché des choses extérieures. En vingt-huit caractères seulement, le poème écrit à la fois la caractéristique saisonnière du Solstice — le léger retour du yang — et la personnalité singulière du poète — son goût pour la solitude.

冬至

冬至

Dynastie Dynastie Song
Auteur Lu You
Forme Poème

Vers originaux:

老遇阳生海上村,信知天道每亲仁。

方惭独掩柴荆老,何幸时陪杖屦人。

冻雀啄梅如索笑,寒鸦栖树似忘嗔。

一樽聊为君倾尽,未觉人间万事新。

Traduction moderne:

Déjà vieux, je rencontre la naissance du yang du Solstice d’Hiver dans un village au bord de la mer, et je crois véritablement que la Voie du Ciel se rapproche toujours des hommes de bien. Je rougis de vieillir seul derrière une simple porte de branches, mais quelle chance de pouvoir accompagner de temps à autre des amis marchant avec leur bâton et leurs sandales. Les moineaux transis picorent les fleurs de prunier comme s’ils réclamaient un sourire ; les corbeaux froids se perchent dans les arbres comme s’ils avaient oublié toute irritation. Pour toi, je viderai donc cette coupe, sans pour autant sentir que toutes les choses du monde soient devenues nouvelles.

Analyse:

Lu You écrit ici le jour du Solstice d’Hiver dans les dernières années de sa vie, alors qu’il réside au bord de la mer. “老遇阳生海上村” écrit qu’au soir de sa vie, dans un village côtier, il rencontre la naissance du yang au Solstice, tandis que “信知天道每亲仁” exprime sa conviction que la Voie du Ciel se rapproche toujours des hommes de bien. C’est une manière de s’affirmer après une vie entière passée à rester fidèle à la voie juste sans regret, même dans la vieillesse. “方惭独掩柴荆老” écrit sa honte de vieillir seul derrière une porte de branchages, tandis que “何幸时陪杖屦人” exprime la chance et la joie de pouvoir passer du temps avec des amis qui portent un bâton et des sandales. Le troisième distique, “冻雀啄梅如索笑”, compare les moineaux gelés qui picorent les fleurs de prunier à des créatures qui demanderaient un sourire, image pleine de saveur quotidienne ; “寒鸦栖树似忘嗔” écrit l’attitude paisible des corbeaux froids perchés dans les arbres. Le dernier distique, “一樽聊为君倾尽,未觉人间万事新”, dit qu’il videra une coupe pour son ami, sans pourtant sentir que les affaires du monde aient vraiment changé. C’est la lucidité de celui qui a traversé bien des vicissitudes : au Solstice, le yang renaît, les années reviennent l’une après l’autre, et les affaires humaines ne font que suivre leur cycle ; seules l’amitié et une coupe de vin peuvent encore offrir de la chaleur.

冬至

冬至

Dynastie Dynastie Song
Auteur Fan Chengda
Forme Poème

Vers originaux:

病眼逢人每懒开,正须药物助衰骸。

寒梅未放香先透,冻柳初回绿渐回。

至后阳回春有信,灯前儿女笑相催。

从今莫说闲中事,只把新诗当酒杯。

Traduction moderne:

Mes yeux malades répugnent chaque fois à s’ouvrir lorsque je rencontre quelqu’un, et ce corps affaibli a désormais besoin du secours des remèdes. Le prunier d’hiver n’a pas encore fleuri, mais son parfum se laisse déjà sentir ; les saules gelés commencent à peine à revenir à la vie et le vert réapparaît peu à peu. Après le Solstice, le yang revient et le printemps donne déjà un signe certain de sa venue ; devant la lampe, les enfants rient et s’encouragent les uns les autres. Désormais, ne parlons plus des choses oiseuses : prenons simplement chaque nouveau poème comme une coupe de vin.

Analyse:

Fan Chengda écrit le Solstice d’Hiver depuis un corps vieillissant et malade, mais dans l’affaiblissement physique, le poème demeure rempli d’attente envers le retour de la chaleur et de la vie. “病眼逢人每懒开” écrit l’état de maladie et de vieillesse, tandis que “正须药物助衰骸” décrit un corps affaibli qui a besoin du soutien des remèdes. Dans le deuxième distique, “寒梅未放香先透” écrit que le prunier d’hiver n’a pas encore ouvert ses fleurs, mais que son parfum se laisse déjà percevoir ; “冻柳初回绿渐回” montre les saules gelés commençant à revenir, tandis que le vert renaît peu à peu. “先透”, « se révéler d’abord », et “渐回”, « revenir progressivement », écrivent le processus subtil par lequel toutes choses commencent à reprendre vie après la naissance du yang au Solstice. Le troisième distique, “至后阳回春有信”, énonce directement la loi naturelle selon laquelle le yang revient après le Solstice et le printemps donne déjà un signe certain de son arrivée, tandis que “灯前儿女笑相催” écrit la scène chaleureuse des enfants riant ensemble devant la lampe. Le dernier distique, “从今莫说闲中事,只把新诗当酒杯”, dit qu’à partir de maintenant il n’est plus nécessaire de parler de choses oiseuses et que les nouveaux poèmes peuvent être pris comme des coupes de vin. Tout le poème fond ensemble le déclin de la vieillesse et de la maladie, l’espérance née du retour du yang au Solstice, la chaleur des enfants réunis devant la lampe et la liberté de prendre la poésie à la place du vin ; il constitue un exemple du ton des poèmes tardifs de Fan Chengda, où la tristesse demeure présente sans jamais devenir accablante.
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Commentaires des Lecteurs

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