Baba de la fête de l’Eau (毫闷)
Pâtisseries & EncasInformations essentielles
- Catégorie : Douceur à base de riz
- Régions où il est populaire : Zones habitées par les Dai, particulièrement Xishuangbanna, Dehong et Changning à Baoshan
- Ingrédients principaux : Farine de riz gluant, sucre roux, graines de périlla, feuilles fraîches de bananier, huile alimentaire
- Autres noms : Haomen, haoluosuo, hao luosuo
Origines historiques
Le baba de la fête de l’Eau est le mets saisonnier le plus emblématique de cette célébration, et son nom même vient de la fête. Autrefois, pendant les festivités, les femmes dai cueillaient des feuilles fraîches de bananier, y enveloppaient les baba sucrés, puis les utilisaient comme offrandes au Bouddha et comme mets de banquet, confiant à la nourriture leurs souhaits les plus favorables. Cette coutume s’est transmise de génération en génération et est devenue une composante importante de la culture dai.
Le nom du baba en langue dai varie selon les régions. À Menglian, Pu’er, et dans d’autres endroits, il est appelé « hao luosuo ». Pour les Dai, il possède une importance comparable à celle du zongzi pendant la fête des Bateaux-Dragons et du gâteau de lune le quinzième jour du huitième mois lunaire. C’est une spécialité indispensable de la fête de l’Eau et elle symbolise le souhait que « la carrière progresse et prospère année après année, tandis que la vie s’élève étape après étape ». À Lujiangba, dans le district de Longyang, le baba ne pouvait autrefois être consommé que pendant la fête de l’Eau ; avec le temps, il est progressivement devenu une spécialité quotidienne des Dai.
Signification culturelle
La préparation du baba paraît simple, mais elle recèle le savoir-faire du peuple dai. On commence par cueillir des feuilles fraîches de bananier, que l’on lave puis découpe en petits carrés réguliers. On choisit ensuite une farine de riz gluant de bonne qualité, à laquelle on ajoute une quantité adaptée de sucre roux avant de pétrir plusieurs fois jusqu’à obtenir une pâte ni trop molle ni trop ferme. On étale uniformément une fine couche d’huile sur chaque feuille de bananier — pour éviter que la pâte ne colle et pour permettre au parfum naturel de la feuille de pénétrer pendant la cuisson. On prélève une portion de pâte d’environ un tiers de la taille d’un poing et on la place au centre de la feuille ; certaines préparations ajoutent également une farce de graines de périlla grillées. La feuille est ensuite repliée délicatement de manière à bien enfermer la pâte, puis les paquets sont placés dans un cuiseur traditionnel et cuits à la vapeur pendant environ une demi-heure.
Lors du pétrissage, on incorpore d’abord du sucre roux en poudre à la farine de riz gluant, puis on verse un sirop de sucre roux préalablement préparé. Le mélange est pétri jusqu’à ce qu’il devienne souple, élastique et résistant. Une fois cuit à la vapeur, le baba est tendre et élastique. En bouche, la douceur profonde du riz gluant se mêle au parfum frais de la feuille de bananier, produisant plusieurs couches de saveur. À peine sorti du cuiseur, il libère une vapeur abondante où s’entrelacent la fraîcheur du bananier et la douceur du sucre roux.
Le baba de la fête de l’Eau porte plusieurs significations favorables. Premièrement, « offrir au Bouddha et honorer le sacré ». À l’origine, il constituait une offrande bouddhique permettant d’exprimer le respect envers le Bouddha à travers la nourriture. Deuxièmement, « douce réunion ». La douceur du sucre roux, la texture collante du riz gluant et l’enveloppement dans la feuille de bananier forment ensemble l’image d’une « réunion douce et harmonieuse ». Troisièmement, « s’élever étape après étape ». Hao luosuo symbolise une carrière qui progresse et prospère année après année ainsi qu’une vie qui s’améliore continuellement. Quatrièmement, « refaire le plein d’énergie ». De petite taille mais très énergétique, le baba permet en quelques bouchées de récupérer rapidement les forces dépensées pendant les réjouissances intenses de la fête de l’Eau.
Préparation simple
- Ingrédients : 300 g de farine de riz gluant, 100 g de sucre roux préparé en sirop, 50 g de graines de périlla grillées, plusieurs feuilles fraîches de bananier, huile alimentaire selon les besoins
- Étapes :
- Laver les feuilles de bananier et les découper en carrés d’environ 20 × 20 cm. Les ébouillanter brièvement pour les assouplir. Faire griller les graines de périlla puis les piler avec du sucre roux pour préparer la farce.
- Faire cuire le sucre roux avec de l’eau pour obtenir un sirop et laisser refroidir. L’ajouter à la farine de riz gluant puis pétrir longuement jusqu’à obtenir une pâte élastique.
- Badigeonner uniformément les feuilles de bananier d’une fine couche d’huile pour éviter qu’elles n’attachent. Prélever un petit morceau de pâte, l’aplatir, placer au centre la farce de périlla et de sucre roux, refermer puis rouler en boule.
- Placer la pâte au centre de la feuille, replier délicatement celle-ci jusqu’à former un paquet bien fermé puis presser pour lui donner une forme rectangulaire.
- Placer dans un cuiseur vapeur et cuire pendant 25 à 30 minutes.
Astuce : Il faut utiliser des feuilles fraîches de bananier, car les feuilles anciennes se fissurent facilement. La pâte atteint sa meilleure texture lorsqu’elle devient « souple, élastique et résistante ». La cuisson doit être suffisamment vive pour garantir que la farce soit entièrement cuite. Le baba peut se manger chaud ou après refroidissement.
Commentaires des Lecteurs
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