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Fête de l’Eau

Fête de l’EauArts Populaires

「 欢快时节圣水扬,污秽随清泼洒净。 」

Le Festival de l’Aspersion d’Eau a lieu à la mi‑avril (le premier mois du calendrier Dai) chaque année et est la fête traditionnelle la plus grandiose du groupe ethnique Dai. Pendant le festival, les gens s’aspergent d’eau pure, symbolisant…

Vers d’ouverture :

欢快时节圣水扬,污秽随清泼洒净。

Introduction :

La poésie de la Fête de l’Eau s’articule autour des bénédictions transmises par les aspersions d’eau et de l’effervescence des courses de bateaux-dragons. « 欢快时节圣水扬 » évoque l’eau qui lave les poussières et porte les vœux de bonheur ; « 龙舟竞渡,人山人海,万面鼓声喧 » restitue toute l’intensité des régates de bateaux-dragons ; tandis que « 清水瓢瓢泼喜悦,深情洒向心中逑 » fait de l’aspersion d’eau une expression des sentiments.

La poésie de la Fête de l’Eau prend souvent pour thèmes la purification par l’eau, l’adieu à l’année écoulée et l’accueil de la nouvelle. Un poème dit : « 欢快时节圣水扬,污秽随清泼洒净,祈福永续万年长 », réunissant dans une même image la purification du corps par l’eau, l’effacement des souillures et le souhait de voir les bénédictions se perpétuer à travers les générations.

Une autre composition dépeint l’animation de la Fête de l’Eau : « 彩色长裙短雪衫……龙舟竞渡,人山人海,万面鼓声喧。无忧花放浴新欢。相泼水,笑连天 », consignant avec vivacité les Dai vêtus de leurs habits de fête, les courses de bateaux-dragons et la joie des participants qui s’aspergent mutuellement dans un éclat de rires.

Un autre poème écrit : « 清水瓢瓢泼喜悦,深情洒向心中逑 », élevant le geste d’asperger de l’eau au rang d’expression des sentiments. Dans la poésie de la Fête de l’Eau, l’eau devient ainsi le médium par lequel se transmettent bénédictions, joie et profonde affection.

Fête de l’Eau / Arts Populaires

Formes Artistiques

Formes d’expression

Zhangha

Shuochang (récit chanté) 傣族

Place et signification du Zhangha

Le Zhangha est la forme traditionnelle de chant narratif la plus représentative du peuple dai. Le terme désigne à la fois le genre artistique lui-même et les chanteurs qui le pratiquent.

Les Dai comparent le Zhangha au « sel indispensable à la vie » et à des « fleurs répandant leur parfum de toutes parts ». Une Fête de l’Eau sans Zhangha serait, disent-ils, aussi fade qu’un plat sans sel.

Le Zhangha trouve son origine dans les chants populaires de travail des Dai. Avec la division progressive des activités au sein de la société, il a donné naissance à des groupes d’artistes professionnels. Ses paroles comprennent aussi bien des créations improvisées que des chants formulaires de bénédiction et de prière, ainsi que de longs chants narratifs transmis sous une forme fixée.

En 2006, le Zhangha dai a été inscrit sur la première liste nationale chinoise du patrimoine culturel immatériel.

Caractéristiques artistiques du Zhangha

Une représentation de Zhangha réunit généralement un chanteur et un accompagnateur. Le récitant tient un petit éventail devant lui, dissimulant à demi son visage, et chante doucement, dans une manière qui conserve encore quelque chose d’ancien.

La mélodie, stable et délicate, épouse étroitement les tons de la langue dai. Souple, gracieuse et mélodieuse, elle possède une identité dai particulièrement marquée.

Les paroles du Zhangha sont rimées et possèdent une beauté rythmique propre à la langue dai. Une interprétation dans une autre langue ne saurait restituer pleinement cette saveur particulière.

La transmission du Zhangha repose principalement sur un enseignement oral et personnel : les artistes âgés transmettent aux jeunes générations les paroles, les mélodies et les techniques d’interprétation.

Passages classiques du Zhangha pour la Fête de l’Eau

《澜沧江水唱起歌》

“澜沧江水唱起歌,各族同胞和谐共庆泼水节,相互传递祝福与吉祥。”

《凤尾竹跳起了舞》

“凤尾竹跳起了舞,我们用最清甜的泉水泼向长辈,祝福他们健康长寿;我们用最真诚的笑脸迎接客人,祝福大家吉祥如意。”

《新农村》

“听吧!如今的农村新貌不同往日,农民金银满袋稻谷满仓,盖起一座座新楼,家家户户住进了新楼房。听吧!乡村公路通天下,柏油马路通到家,村民致富游四海,幸福花儿落傣乡。”

《快乐的泼水节》

“泼水节来了,乡亲们换上节日的盛装,敲起象脚鼓、跳起依拉贺,迎接新年的到来。清澈的水啊,带来了佛祖的祝福,洗去旧年的尘埃,迎接吉祥的新岁。”

Pendant la Fête de l’Eau, les représentations de Zhangha comprennent également des œuvres spécialement composées pour cette célébration, notamment 《欢歌泼水黎明时》, 《泼水欢歌》 et 《欣欣向荣的傣乡》.

« Yilahe »

Chant et danse 傣族

Signification culturelle

Le « Yilahe » est l’une des formes de chant dansé les plus caractéristiques du peuple dai pendant la Fête de l’Eau.

Durant les festivités, les Dai aiment former des cortèges, faire résonner les grands gongs mang, battre les tambours en pied d’éléphant et danser collectivement le « Yilahe ». Ils passent de maison en maison pour présenter leurs vœux de Nouvel An, souhaiter bonheur et réussite à chacun.

Le « Yilahe » consiste en des paroles chantées tout en dansant. Profondément imprégné de la vie quotidienne et des émotions du peuple dai, il accompagne les visites de Nouvel An, les jeux d’eau, les courses de bateaux-dragons et le lancement des gaosheng.

Les paroles sont le plus souvent improvisées par un meneur, tandis que tous reprennent en chœur : « 依拉贺,依拉贺,水水水! » Cette structure permet à chacun de prendre part à la célébration.

Paroles classiques

Chant de vœux du Nouvel An — Kapok rouge

“攀枝花,红艳艳,桑开傣(新年贺新),已来到。帕萨傣(傣族),尽开颜,糯米酒,蜜样甜,共举杯,贺新年,依拉贺,依拉贺,水水水!”

Chant de l’aspersion — Fleurs d’eau argentées

“澜沧江,黎明城,各族人,似穿梭。深情人,心中出,似洁泉,如甘露。银水花,在飞舞,一个个,湿漉漉。透进心,是祝福,笑脸盘,是花朵。依拉贺,依拉贺,水水水!”

Chant de la course de bateaux-dragons — Tel un dragon des eaux

“铜芒响,齐举桨,团结紧,有力量。象蛟龙,劈波浪,昂起首,使劲划,帕萨傣,赛龙船,依传统,争上游。依拉贺,依拉贺,水水水!”

Chant du lancement du gaosheng — Telle une flèche

“做高升,放高升。学科学,练本领。火一点,黑烟喷,似利箭,冲入云。祝来年,好光景,愿五谷,又丰登。依拉贺,依拉贺,水水水。”

Chant d’invitation — Venez, mes sœurs

“妹妹们来吧来吧来吧,我们一起去赶摆。哥哥们来吧来吧来吧,我们一起去泼水。我们一起约着来泼水啰。高升大高升长,长长的高升扛上架,点燃它冲向广阔无边的苍穹,带着我们美好的祝福。”

“滚滚澜沧江,万万纳卡河,水流千转过连过,鲜花开放水花飞,朵朵浪花一首歌,清清泉水遍地洒,傣家生活红似火,跳起依拉贺,水水水水水。”

Yi Lahui

Chant et danse 傣族

《依腊灰》 est une forme populaire de chant et de danse transmise dans les villages dai de Xishuangbanna. Elle conserve l’unité originelle de la poésie, du chant et de la danse, et n’est interprétée qu’à l’occasion du Nouvel An du calendrier dai, c’est-à-dire pendant la Fête de l’Eau.

《依腊灰》 relève pour l’essentiel de la création improvisée et tire son nom du fait que la représentation s’achève par le chant de 《依腊灰》.

La Fête de l’Eau est une saison de poésie et de musique. À son arrivée, les jeunes hommes et les jeunes femmes dai revêtent leurs habits de fête et dansent avec grâce au rythme des tambours en pied d’éléphant et des gongs mang. Leurs chants se répondent et s’élèvent jusqu’au ciel.

Le fait que cette forme artistique n’apparaisse que pendant la Fête de l’Eau lui confère un caractère particulièrement fort d’expression propre à cette célébration.

Parmi les Dai se transmettent encore aujourd’hui d’anciens chants consacrés à la Fête de l’Eau :

“当和煦的春风吹拂大地,芬芳的莫过帅开满漫山遍野,欢乐的楞货桑勘比迈就要来到了……”

Lorsque vient avril et que montagnes et collines se couvrent de verdure, les pas de la Fête de l’Eau se rapprochent.

Chants populaires de la Fête de l’Eau

Chanson populaire 傣族

《傣家哥妹》

Voix féminine :

“月光照在窗外,竹楼飘进歌来,傣家阿妹手拿针线,坐在灯下思绪敞开,绣一个鸳鸯荷包,悄悄把哥等待,针针线线寄情怀,阿哥哟你何时来。”

Voix masculine :

“月亮花儿盛开,巴乌声声传来,傣家阿哥在竹楼外,摘一朵花等妹来戴,唱一曲山歌哟传递心中的爱,真真切切寄情怀,阿妹哟阿哥在等待。”

Chœur :

“泼水节来——等哥表白。孔雀屏开——妹妹的心等哥来爱。春风暖暖吹来,缅桂花儿盛开,春雨滋润香蕉叶摆,阿哥阿妹敞开情怀。”

Le clair de lune, les maisons de bambou, les bourses brodées, le bawu, les fleurs parfumées de miangui : chacune de ces images est profondément imprégnée de la vie quotidienne du pays dai.

Le motif récurrent de l’« attente » exprime l’espérance amoureuse des jeunes hommes et des jeunes femmes dai en cette période particulière qu’est la Fête de l’Eau.

《泼水歌》

“啊,傣家的泼水节,到处洋溢着喜庆的雨,把友情泼向我,把爱心洒向你,把问候泼向我,把祝福洒向你。泼水节泼出的水,比酒更加醉人,比蜜还要甜蜜。”

《恭祝泼水节》

“又是一年赏建花开,充满了吉祥和纯净的花香拂过傣族家家户户,把我们的爱唤醒,让我们手牵手,一起来吧,傣家人,让我们结伴同行,释放激情。”

《吉祥的泼水》

“走进我们傣家的竹楼,泼水是我们对你的祝福,是对你的问候。祝福你如履金旺,祝福你生活幸福,让我们用圣洁的水……”

Pendant la Fête de l’Eau, les Dai chantent également cet ancien chant populaire :

“姑娘们穿上漂亮的衣服,小伙子敲响金灿灿的铓锣,人们聚集在一起,共同欢度傣历新年。不是水贵如油,是我们的祝福比水长;不是酒贵如金,是我们的情义比酒浓。”

Épopée de la création

Épopée 傣族

L’épopée cosmogonique dai 《巴塔麻嘎捧尚罗》 compte plus de dix mille vers. Considérée comme l’un des cinq grands « rois de la poésie » du peuple dai, elle constitue une vaste synthèse de la mythologie dai et une expression complète de sa vision du cosmos.

L’épopée décrit la place centrale qu’occupe l’eau dans la conception dai de l’univers :

“在傣族人的心目中,水是孕育万物的乳汁,是生命的源泉,是幸福吉祥的载体。傣族创世史诗《巴塔麻嘎捧尚罗》在描述开天辟地时说,是水形成了地,是水创造了世,水是万物之源。”

Dans l’épopée, le dieu créateur Yingba façonne la Terre en mélangeant l’eau à d’autres substances.

Dans le récit cosmogonique dai, l’eau n’est pas seulement la source de la vie : elle est aussi le principe originel de l’univers. C’est précisément cette conception culturelle de l’eau comme source de toute vie qui détermine sa place sacrée au cœur de la Fête de l’Eau.

S’asperger d’eau n’est donc pas seulement une forme de réjouissance : c’est aussi un geste de respect et de gratitude envers la source même de la vie.

Musique et danse

Musique et danse rituelles 傣族

Danse du tambour en pied d’éléphant

Le tambour en pied d’éléphant est l’instrument le plus emblématique de la Fête de l’Eau. Son corps, long et effilé, rappelle une patte d’éléphant, tandis que sa sonorité est profonde et puissante.

Dès que le tambour retentit, la Fête de l’Eau commence véritablement.

La fabrication du tambour en pied d’éléphant constitue elle-même un artisanat d’une grande finesse. Le corps est généralement taillé dans des bois de qualité, notamment le cédrèle ou le manguier. La membrane est faite de peau de bovin et tendue à l’aide de cordes en tendon de bœuf afin d’en régler la tonalité.

Pendant la Fête de l’Eau, les battements du tambour en pied d’éléphant donnent le rythme à toute la ville. Là où résonne le tambour, là se déploie la liesse des jeux d’eau.

Danse du paon

Le paon est un oiseau de bon augure dans la culture dai, et la Danse du Paon est l’une des danses les plus représentatives de la Fête de l’Eau.

Ses mouvements imitent les attitudes du paon : déployer les ailes, faire frémir les plumes, boire de l’eau, marcher avec grâce. Élégante et raffinée, cette danse exprime l’affection des Dai pour le paon et leur admiration pour la beauté de la nature.

Pendant la Fête de l’Eau, la Danse du Paon n’est pas seulement un spectacle artistique : elle est également porteuse de vœux de bonheur, de bon augure et de beauté.

Danse de l’éléphant blanc

La Danse de l’Éléphant Blanc est une autre danse traditionnelle importante de la Fête de l’Eau.

L’éléphant occupe une place sacrée dans la culture dai et est considéré comme un symbole de bon augure et de puissance. La Danse de l’Éléphant Blanc se caractérise par des mouvements solennels et stables qui imitent ceux de l’animal et possèdent une forte dimension cérémonielle.

Pendant la Fête de l’Eau, la Danse de l’Éléphant Blanc et la Danse du Paon, l’une puissante et majestueuse, l’autre souple et gracieuse, constituent ensemble deux expressions complémentaires majeures de la culture chorégraphique dai.

Gong mang et hulusi

Le mang est un grand gong de bronze propre à la culture dai. Sa sonorité, profonde et prolongée, forme avec le tambour en pied d’éléphant l’un des paysages sonores les plus caractéristiques de la Fête de l’Eau.

Pendant les festivités, dès que le mang retentit, tout le village le sait.

Le hulusi est l’un des instruments à vent les plus représentatifs du peuple dai. Sa sonorité est douce, mélodieuse et aérienne. Les nuits de la Fête de l’Eau, la mélodie du hulusi, le clair de lune et les éclaboussures d’eau s’entrelacent pour composer l’une des scènes les plus romantiques du pays dai.

Transmission contemporaine

Héritage et Transmission 傣族

En 2006, le Zhangha dai a été inscrit sur la première liste nationale chinoise du patrimoine culturel immatériel.

En tant que cadre privilégié de représentation du Zhangha, la Fête de l’Eau offre à cet ancien art du chant narratif un espace vivant où sa transmission peut se poursuivre. Les artistes de Zhangha interviennent dans les écoles et les communautés afin de transmettre leur savoir-faire, permettant ainsi à l’héritage culturel de la Fête de l’Eau de prendre racine auprès des jeunes générations.

En avril 2026, l’émission La Chine à travers son patrimoine culturel immatériel (《非遗里的中国》), produite par China Media Group, a diffusé un programme spécial consacré à la Fête de l’Eau. Le commentaire y citait l’expression dai « 桑勘比迈 », qui signifie « Nouvel An du calendrier dai », présentant ainsi au public national le nom originel et le sens premier de la fête.

Lorsque les jeunes Dai font retentir les tambours en pied d’éléphant et dansent le Yilahe pendant la Fête de l’Eau, ils ne se contentent pas de célébrer une fête : par leurs propres corps et leurs propres voix, ils prolongent l’héritage culturel transmis par leurs ancêtres.

Réflexions finales

Aperçu 傣族

L’expression artistique populaire propre au peuple dai lors de la Fête de l’Eau diffère fondamentalement de la tradition de la « poésie des lettrés » associée aux fêtes han. Elle n’est pas principalement écrite avec des mots : elle est chantée, dansée et interprétée au cœur même de la fête. Elle ne relève pas d’un regard extérieur fait d’« observation » et de « méditation », mais d’une parole intérieure qui « s’exprime » et « célèbre ».

Des improvisations chantées des artistes de Zhangha aux voix des cortèges de Yilahe parcourant villages et maisons ; des rythmes entrelacés des tambours en pied d’éléphant et des gongs mang aux mouvements ondoyants des Danses du Paon et de l’Éléphant Blanc ; de l’antique récit cosmogonique selon lequel « l’eau est la source de toutes choses » au chant populaire contemporain affirmant qu’elle est « 比酒更加醉人,比蜜还要甜蜜 » — l’expression artistique populaire de la Fête de l’Eau des Dai prend l’eau pour âme, la bénédiction pour cœur et la fête pour scène, formant ainsi un système d’expression culturelle complet, vivant et sans cesse renouvelé.

Comme le dit cette formule transmise depuis des générations par les Zhangha dai : « 水花放,傣家旺;泼湿一身,幸福终身。 » Dans une seule goutte d’eau résonnent les échos anciens de la mythologie cosmogonique dai, l’imprégnation millénaire de la compassion et de la sagesse du bouddhisme Theravada, la liesse collective des pas du Yilahe et les bénédictions profondément affectueuses des chants du Zhangha. Lorsque les tambours en pied d’éléphant résonnent sur les rives du Lancang, lorsque les cris de « 水水水 » se répercutent dans les villages dai, c’est le peuple dai lui-même qui, par sa voix, son corps et sa danse, adresse à l’eau et à la bénédiction sa déclaration la plus profonde et la plus durable.

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Commentaires des Lecteurs

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