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Fête des Lanternes

Fête des LanternesPoésie

「 火树银花合,星桥铁锁开。 」

Le Festival des Lanternes trouve son origine sous la dynastie Han et était déjà, sous les Tang, une grande fête populaire. Su Weidao, dans son poème « La nuit du 15 du premier mois » (《正月十五夜》), écrit : “火树银花合,星桥铁锁开。” (*Les arbres…

Le Festival des Lanternes est l’une des fêtes les plus riches en images de toute la poésie classique chinoise. Dans son poème tang La Nuit du quinzième jour du premier mois lunaire (《正月十五夜》), Su Weidao écrit : “火树银花合,星桥铁锁开。暗尘随马去,明月逐人来”, décrivant la magnificence de la capitale durant la nuit de Shangyuan, lorsque les lanternes embrasaient la ville et que les portes demeuraient ouvertes. Dans Qingyu’an · Yuanxi (《青玉案·元夕》), Xin Qiji écrit “东风夜放花千树,更吹落、星如雨。宝马雕车香满路。凤箫声动,玉壶光转,一夜鱼龙舞”, donnant une ampleur majestueuse à la profusion des lumières, de la musique et des danses de la nuit de Yuanxiao. Ouyang Xiu, dans Shengchazi · Yuanxi (《生查子·元夕》), emprunte une voie tout autre : “去年元夜时,花市灯如昼。月到柳梢头,人约黄昏后”, et fait du Festival des Lanternes le cadre d’une histoire d’amour. Tang Yin, dans Yuanxiao (《元宵》), laisse le vers “春宵一刻值千金”, exprimant le caractère précieux de cette nuit où lanternes et lune se répondent tandis que la joie se répand parmi les hommes.

Fête des Lanternes / Poésie
Plus que 120 jours avant Fête des Lanternes 20/02/2027 · Lunaire 正月十五

Développement historique

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De la dynastie Han aux Sui et aux Tang

Les origines du Festival des Lanternes remontent à la dynastie Han. L’empereur Wen des Han fixa le quinzième jour du premier mois lunaire comme date de Yuanxiao, et sous l’empereur Wu les cérémonies consacrées au dieu “太一神” furent également établies à cette date. Sous les dynasties Sui et Tang, le Festival des Lanternes devint une grande célébration culturelle : sa durée passa d’un seul jour à l’époque Han à trois jours, tandis que son ampleur augmentait et que ses formes comme ses contenus se diversifiaient. Dans le recueil de récits et d’anecdotes tang de Liu Su, Datang Xinyu (《大唐新语》), on lit : “京城正月望日盛饰灯影之会,金吾弛禁,特许夜行。贵族戚属及下隶工贾,无不夜游。车马喧阗,人不得顾”, témoignage qui laisse entrevoir l’extraordinaire animation de ces nuits.

La dynastie Tang marque le premier grand apogée de la poésie du Festival des Lanternes. La majesté des fêtes lumineuses offrit aux poètes une matière d’une richesse exceptionnelle. À travers des images comme “火树银花” et “星桥铁锁”, ils transformèrent pour toujours en paroles l’éclat de la nuit de Yuanxiao à Chang’an et les célèbres “端门灯火”. La Nuit du quinzième jour du premier mois lunaire (《正月十五夜》) de Su Weidao est une œuvre emblématique de cette période : elle remporta le premier prix lors d’un “concours poétique de la nuit du quinzième jour du premier mois lunaire” et fut saluée comme l’une des plus belles représentations littéraires du Yuanxiao sous la grande dynastie Tang. Les six poèmes intitulés Shangyuan Ye (《上元夜》) de Cui Ye, Regarder les lanternes la quinzième nuit (《十五夜观灯》) de Lu Zhaolin et Les Lanternes de la nuit du quinzième jour du premier mois lunaire (《正月十五夜灯》) de Zhang Hu comptent également parmi les grands classiques du Yuanxiao tang.

Les deux dynasties Song

Sous les Song, l’ampleur et l’intensité du Festival des Lanternes furent encore plus grandes, au point que “游人已集御街,两廊下奇术异能,歌舞百戏,鳞鳞相切,乐声喧杂十余里” (Dongjing Menghua Lu 《东京梦华录》, de Meng Yuanlao, dynastie Song). L’essor du genre ci apporta de nouvelles formes artistiques au thème de Yuanxiao, et la poésie lyrique consacrée au festival atteignit alors son plein épanouissement.

Le Qingyu’an · Yuanxi (《青玉案·元夕》) de Xin Qiji a été célébré comme la “première composition de Yuanxi à travers les siècles” : avec un pinceau vigoureux, il écrit dans une veine délicate et donne à voir l’extrême solitude au cœur de l’extrême prospérité. Ouyang Xiu, dans Shengchazi · Yuanxi (《生查子·元夕》), associe le Festival des Lanternes au thème de l’amour, et “月上柳梢头,人约黄昏后” devient un vers immortel. Li Qingzhao, dans Yongyule · Luori Rongjin (《永遇乐·落日熔金》), prend Yuanxiao pour toile de fond et exprime une profonde méditation sur l’essor et le déclin, mêlée à la douleur de sa propre destinée. Su Shi, dans Dielianhua · Mizhou Shangyuan (《蝶恋花·密州上元》), oppose les célébrations de Shangyuan à Hangzhou et à Mizhou, laissant apparaître à la fois la nostalgie du passé et la solitude du présent.

Yuan, Ming et Qing

La poésie du Festival des Lanternes sous les Yuan, les Ming et les Qing hérita des traditions antérieures tout en les élargissant. Sous les Ming, les congés de Yuanxiao duraient dix jours ; fonctionnaires et peuple célébraient ensemble, et tout le pays participait à la fête. Tang Yin, dans Yuanxiao (《元宵》), décrit avec une langue claire et accessible la joie du festival, tandis que “有灯无月不娱人,有月无灯不算春” exprime l’importance essentielle de l’union entre la lumière des lanternes et celle de la lune. Des œuvres qing telles que Shangyuan Zhuzhici (《上元竹枝词》) de Fu Zeng prolongèrent à leur tour la tradition créatrice de la poésie de Yuanxiao.

Images essentielles

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Les images qui reviennent encore et encore dans la poésie du Festival des Lanternes forment un singulier “système d’images de Yuanxiao”. Elles sont à la fois des expressions littéraires des coutumes populaires du festival et des vecteurs des émotions des poètes.

La lumière des lanternes

La lumière des lanternes est l’image centrale par excellence de la poésie de Yuanxiao. “火树银花”, “星如雨”, “万灯明” : les lumières du Festival des Lanternes ne sont pas de simples objets d’éclairage, mais un spectacle visuel qui semble dépasser la nature elle-même. Le “火树银花合” de Su Weidao a défini, par les quatre caractères “火树银花”, l’idéal esthétique de l’éclat de Yuanxiao ; Xin Qiji, avec “东风夜放花千树,更吹落、星如雨”, utilise l’imagination fantastique d’un vent printanier faisant éclore mille arbres pour écrire la profusion des lumières ; Zhang Hu, avec “千门开锁万灯明”, représente la participation collective par la scène grandiose de milliers de foyers allumant simultanément leurs lanternes. La lumière est l’âme de la poésie du Festival des Lanternes : ce que décrit “火树银花不夜天”, c’est précisément le carnaval de lumière propre à cette fête.

La pleine lune

Le Festival des Lanternes correspond à la première nuit de pleine lune de la nouvelle année, ce qui fait de la lune une image indispensable de sa poésie. Su Weidao écrit “明月逐人来”, où la lumière lunaire suit la foule ; Ouyang Xiu, “月上柳梢头”, unit le lever de la lune au sentiment d’un rendez-vous amoureux ; Cui Ye, “谁家见月能闲坐”, présente la lune comme un appel auquel nul ne peut résister ; Tang Yin, “有月无灯不算春”, souligne la complémentarité de la lune et des lanternes. La lune de Yuanxiao est devenue un motif majeur pour des générations de lettrés. La lune ronde dans le ciel et les yuanxiao ou tangyuan ronds sur terre composent ensemble l’image culturelle de la rondeur : réunion, plénitude, perfection.

La danse des poissons et des dragons

“一夜鱼龙舞” est l’image classique par laquelle Xin Qiji décrit les spectacles populaires de la nuit de Yuanxiao. La danse des poissons et des dragons consiste à faire évoluer des lanternes en forme de poissons et de dragons, comme si ces créatures s’agitaient dans la mer. Les représentations de “百戏” pendant le Yuanxiao tang constituaient une part importante de la célébration collective. Le “三百内人连袖舞” de Zhang Hu et le “一夜鱼龙舞” de Xin Qiji montrent ensemble une nuit de musique et de danse en pleine splendeur.

Les branches de saule et le crépuscule

“月上柳梢头,人约黄昏后” constitue l’une des associations d’images les plus romantiques de la poésie de Yuanxiao. Les branches de saule définissent l’espace : le saule est le messager du printemps, et ses premiers bourgeons verts annoncent l’arrivée de la saison. Le crépuscule définit le temps : le ciel n’est pas encore entièrement sombre, tout devient indistinct, et c’est l’heure idéale pour un rendez-vous amoureux. Cette combinaison fut reprise encore et encore par les générations suivantes et contribua à façonner l’identité culturelle du Festival des Lanternes comme “Saint-Valentin chinoise.”

Classification thématique

Poésie des saisons

Chant d’un âge prospère

Le Festival des Lanternes fut l’une des rares fêtes de l’ancienne Chine susceptibles de devenir une véritable célébration collective, et la plus grande partie de la poésie de Yuanxiao se consacre précisément à la description directe de sa magnificence. La Nuit du quinzième jour du premier mois lunaire de Su Weidao représente de front les lumières éclatantes de Chang’an et la joie partagée par tout le peuple ; Shangyuan Ye de Cui Ye exprime la participation universelle par “谁家见月能闲坐,何处闻灯不看来” ; Les Lanternes de la nuit du quinzième jour du premier mois lunaire de Zhang Hu utilise “千门开锁万灯明” pour montrer des milliers de foyers sortant en même temps ; Regarder les lanternes la quinzième nuit de Lu Zhaolin emploie “缛彩遥分地,繁光远缀天” pour écrire l’ampleur spectaculaire des illuminations. Avec Yuanxiao pour décor, ces poèmes révèlent à la fois la majesté d’un âge Tang florissant et la prospérité des villes Song.

Amour et nostalgie

Shengchazi · Yuanxi de Ouyang Xiu unit parfaitement le Festival des Lanternes au thème de l’amour et fait de Yuanxiao l’une des sources culturelles de l’idée de “Saint-Valentin chinoise.” Le quinzième jour du premier mois lunaire, les jeunes gens pouvaient sortir plus librement ensemble pour regarder les lanternes, ce qui rendait possible “人约黄昏后”. Avec Yuanxiao pour toile de fond, la composition oppose l’année précédente à l’année présente et écrit la tristesse de “不见去年人” tandis que la lune et les lanternes demeurent inchangées. Dès lors, la lumière des lanternes et celle de la lune deviennent témoins des histoires d’amour. Le Qingyu’an · Yuanxi de Xin Qiji prend lui aussi la fête pour cadre et, au milieu du tumulte de “众里寻他千百度”, écrit la surprise de “蓦然回首,那人却在灯火阑珊处”.

Méditation sur la vie, l’essor et le déclin

Yongyule · Luori Rongjin de Li Qingzhao prend Yuanxiao pour arrière-plan et exprime, par le contraste entre passé et présent, une profonde méditation sur la prospérité et le déclin, mêlée à la douleur de sa propre vie. La splendeur de Bianjing et la tristesse de Lin’an, la beauté de la jeune femme et l’épuisement de la femme vieillissante : “中州盛日” et “如今憔悴” créent une immense distance émotionnelle. Dielianhua · Mizhou Shangyuan de Su Shi recourt au même procédé, utilisant la prospérité de Hangzhou pour faire ressortir la solitude de Mizhou. Bai Juyi écrit dans Chang’an Zhengyue Shiwuri (《长安正月十五日》) : “明月春风三五夜,万人行乐一人愁”, exprimant la solitude individuelle au milieu d’une fête partagée par des milliers de personnes. Li Shangyin, dans Zhengyue Shiwu Wen Jingshi You Deng Hen Bude Guan (《正月十五闻京师有灯恨不得观》), exprime le regret de ne pouvoir se rendre dans la capitale pour voir les lanternes à cause d’une maladie — ou d’une autre circonstance. Sur le fond lumineux et joyeux de Yuanxiao, ces œuvres écrivent des méditations plus profondes sur l’existence.

Réunions lettrées et méditation Chan

Shangyuan Guo Xiangfu Seng Kejiu Fang Xiaoran Wu Denghuo (《上元过祥符僧可久房萧然无灯火》) de Su Shi est un poème singulier de Yuanxiao. Il décrit la froide tranquillité d’une chambre de moine durant la nuit de la fête et, par le contraste entre les chants et danses de l’extérieur et le silence sans lumière de l’intérieur, exprime une méditation Chan. “门前歌舞斗分朋” décrit l’animation de Yuanxiao devant la porte ; “一室清风冷欲冰”, le froid et le silence de la cellule du moine. “不把琉璃闲照佛,始知无尽本无灯” transforme l’allusion à la “lampe inépuisable” du Sutra de Vimalakirti (《维摩诘经》). À partir de l’expérience de Su Shi visitant un moine lors de Shangyuan, le poème emploie le contraste des espaces et l’allusion bouddhique pour élever le tumulte de la fête vers une compréhension des principes Chan. Lors d’une célébration vouée à la joie collective, Su Shi entre dans une cellule sans lanternes et écrit un poème calme comme une eau immobile : le tumulte appartient aux autres ; la quiétude, à soi-même.

Chants populaires du Festival des Lanternes

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Le Festival des Lanternes n’est pas uniquement une fête des Han, mais aussi une célébration importante pour de nombreuses minorités ethniques. Dans certaines régions du Yunnan, du Guizhou et ailleurs, où vivent d’importantes populations minoritaires, Yuanxiao a intégré des caractéristiques propres aux différentes traditions ethniques. Les Miao, les Dong et d’autres peuples organisent à cette occasion des danses au lusheng, des chants alternés et d’autres activités. Les chansons associées à ces pratiques ont été transmises oralement pendant des siècles et, avec la poésie écrite des lettrés Han, composent une image plus complète de la culture du Festival des Lanternes au sein de la nation chinoise. Bien qu’un grand nombre de ces chants transmis de bouche à oreille n’aient jamais été consignés par écrit, ils se sont perpétués de génération en génération dans la vie festive de ces communautés et portent des formes d’expression émotionnelle et des sensibilités esthétiques différentes de celles présentes dans la poésie Han.

Réflexions finales

Poésie des saisons

La poésie du Festival des Lanternes constitue un paysage singulier et éblouissant au sein du trésor poétique chinois. Du “火树银花合” de Su Weidao et de la grandeur de l’âge florissant des Tang au “东风夜放花千树” de Xin Qiji et à la profondeur délicate du ci Song ; du “月上柳梢头” de Ouyang Xiu et de la rencontre amoureuse au “落日熔金” de Li Qingzhao et à la douleur personnelle liée à la prospérité et au déclin — la poésie de Yuanxiao a consigné, pendant mille ans, l’aspiration et la quête des Chinois pour la lumière, la réunion et une vie belle.

Dans ces poèmes se trouvent le tumulte de la fête collective — “千门开锁万灯明,正月中旬动帝京” ; la romance des saules sous la lune — “月上柳梢头,人约黄昏后” ; la profondeur de la recherche au milieu de la foule — “蓦然回首,那人却在,灯火阑珊处” ; l’émotion devant la prospérité et le déclin — “中州盛日,闺门多暇,记得偏重三五” ; et la plénitude de la lune et des lanternes se répondant dans la lumière — “有灯无月不娱人,有月无灯不算春”. Le sens de la poésie du Festival des Lanternes réside précisément dans sa capacité à transmettre les lumières et la lune d’il y a mille ans à chaque génération de Chinois.

Les lanternes de Yuanxiao sont elles-mêmes porteuses de poésie. Dans les lumières de ces vers, nous voyons la grandeur des Tang, le raffinement des Song, la vitalité urbaine des Ming et la continuité des Qing. La poésie du Festival des Lanternes est l’une des déclarations les plus profondes et les plus durables que les Chinois aient adressées à la lumière, un immense rouleau de lanternes et de lune écrit à l’encre par génération après génération. Dans ce rouleau, la lumière n’est pas seulement lumière : elle est l’aspiration des Chinois à une clarté qui ne s’éteint jamais.

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[Language: ja]

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Commentaires des Lecteurs

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