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Fête du Printemps

Fête du PrintempsCoutumes du Festival du Printemps

「 一年将尽夜,万里未归人。 」

Les coutumes de la Fête du Printemps sont d’une grande richesse : le vingt-troisième jour du douzième mois lunaire, on rend hommage au Dieu du Foyer ; avant le réveillon, on balaie la poussière et, puisque « poussière » (尘, chén) et « ancien »…

La Fête du Printemps constitue un vaste système de culture populaire réunissant sacrifices et rituels, décorations festives, traditions culinaires, divertissements et sociabilité. Parmi ses principales pratiques figurent la consommation de bouillie de Laba (腊八粥) le huitième jour du douzième mois lunaire ; le culte rendu au Dieu du Foyer (祭灶) autour du vingt-troisième jour ; la préparation des jiaozi, tangyuan et niangao ; le repas familial du réveillon ; la veillée jusqu’à minuit ; la pose des couplets de printemps, des estampes du Nouvel An et des papiers découpés ; l’allumage des pétards ; l’accueil des divinités et les visites de vœux au premier jour de l’année ; enfin, les foires aux lanternes et les énigmes de la Fête des Lanternes, le quinzième jour.

Bien davantage qu’une simple célébration saisonnière, la Fête du Printemps est un espace culturel essentiel où se renouvellent et se renforcent les liens familiaux, l’harmonie des relations humaines et la cohésion sociale. Depuis des millénaires, elle entretient les attaches affectives entre les individus, les familles, les communautés et la nation, jouant ainsi un rôle fondamental dans la continuité de la civilisation chinoise.

Fête du Printemps / Coutumes du Festival du Printemps
Plus que 106 jours avant Fête du Printemps 06/02/2027 · Lunaire 正月初一

Principales coutumes

Rites et coutumes essentiels

Balayer la poussière

Origine historique

La coutume de balayer la poussière (扫尘) remonte à une époque très ancienne. Le Lüshi Chunqiu (《吕氏春秋》, Annales de Lü Buwei) mentionne déjà des traditions associant le nettoyage de la maison avant le Nouvel An aux temps légendaires de Yao et Shun. Sous la dynastie Song, Wu Zimu (吴自牧) écrit dans le Mengliang Lu : Nuit du réveillon (《梦粱录·除夜》) :

« Qu’ils soient nobles ou gens du commun, qu’il s’agisse de grandes ou de petites maisons, tous balaient la poussière devant les portes et les entrées, éliminent les saletés, nettoient les cours, renouvellent les Dieux de la Porte, suspendent des images de Zhong Kui, fixent des talismans en bois de pêcher et posent des inscriptions printanières. »

Ce passage montre qu’à l’époque Song, le grand nettoyage du Nouvel An faisait déjà pleinement partie d’un système plus vaste de renouvellement domestique et de protection rituelle.

Activités

Un dicton traditionnel affirme : « Le vingt-quatrième jour du douzième mois, on chasse la poussière et l’on balaie la maison » (腊月二十四,掸尘扫房子). Nettoyer son foyer avant la Fête du Printemps est une ancienne coutume chinoise. Dans le Nord, on parle généralement de « balayer la maison » (扫房) ; dans le Sud, de « chasser la poussière » (掸尘).

À l’approche du Nouvel An, les familles nettoient minutieusement leur environnement domestique, lavent les ustensiles, démontent et nettoient literie et rideaux, balaient les cours, retirent poussière et toiles d’araignée et curent canalisations et rigoles.

Dans l’interprétation populaire, les mots chinois « poussière » (尘, chén) et « ancien » (陈, chén) sont homophones. Balayer la poussière symbolise donc le fait de « supprimer l’ancien pour établir le nouveau » (除陈布新) : expulser de la maison pauvreté, malchance et malheurs accumulés pendant l’année écoulée.

Signification culturelle

Cette coutume exprime le désir de laisser derrière soi l’ancien, renouveler la vie et accueillir la nouvelle année. Le nettoyage n’est pas seulement matériel : il constitue également une purification symbolique. En éliminant la poussière et les difficultés de l’année passée, on prépare un espace propre et ordonné pour accueillir la fortune et le bonheur du nouveau cycle.

Dans la conception chinoise traditionnelle, la propreté du foyer et la bonne fortune de la famille sont intimement liées.

Comment participer

Avant la Fête du Printemps, la famille peut organiser un grand nettoyage collectif. Dans certaines régions du Nord, celui-ci commence autour du vingt-troisième jour du douzième mois lunaire ; dans le Sud, il se fait plus souvent le vingt-quatrième.

Les tâches peuvent être réparties entre tous les membres de la famille : nettoyer les coins rarement entretenus, laver la literie et les rideaux et préparer ainsi la maison à accueillir le Nouvel An sous un jour entièrement renouvelé.

Culte du Dieu du Foyer

Origine historique

La coutume de rendre un culte au Dieu du Foyer (祭灶) est extrêmement ancienne et témoigne de la gratitude et de la vénération des ancêtres envers le feu et le foyer domestique. Le Dieu du Foyer était déjà une divinité importante dans l’Antiquité et, à l’époque pré-Qin, le sacrifice au foyer figurait parmi les traditionnels « Cinq Sacrifices » (五祀).

À partir des dynasties Sui et Tang, le culte du Dieu du Foyer se détacha progressivement des grands sacrifices de fin d’année pour devenir un rite spécifique associé au Petit Nouvel An (小年).

Activités

Le culte du Dieu du Foyer marque traditionnellement le début des préparatifs de la Fête du Printemps. Un dicton populaire dit : « les fonctionnaires le vingt-trois, le peuple le vingt-quatre, les bateliers le vingt-cinq » (官三民四船家五), évoquant les anciennes différences de dates selon les groupes sociaux.

Aujourd’hui, le Petit Nouvel An est généralement associé au vingt-troisième jour du douzième mois lunaire dans le Nord et au vingt-quatrième dans le Sud. Les familles disposent fruits, vin, plats cuisinés, sucreries et autres aliments en offrande au Dieu du Foyer, espérant qu’il parlera favorablement de la maisonnée lorsqu’il montera au Ciel présenter son rapport, et qu’ainsi le climat et la fortune seront favorables.

Les friandises collantes, notamment le maltose, étaient traditionnellement offertes pour « adoucir » ou symboliquement sceller la bouche du Dieu du Foyer, afin qu’il ne dise que du bien de la famille. Dans le Pékin des Qing, on offrait notamment des bonbons du Sud, des sucreries de Guandong et des gâteaux au sucre ; on préparait aussi de l’eau et des légumineuses pour le cheval divin censé transporter le dieu jusqu’au Ciel.

Signification culturelle

Le culte du Dieu du Foyer exprime la révérence et la gratitude envers le foyer, centre de la vie familiale. Selon les croyances traditionnelles, cette divinité veillait sur l’alimentation, la fortune et les malheurs de la maisonnée.

Le rite constitue donc à la fois un acte de dévotion et une prière pour l’abondance alimentaire, la paix familiale et la prospérité de l’année à venir.

Comment participer

Le vingt-troisième ou le vingt-quatrième jour du douzième mois lunaire, on peut déposer dans la cuisine de petites offrandes de friandises et de gâteaux traditionnels. Dans le Nord, on peut notamment utiliser des bonbons de Guandong ou d’autres produits rituels.

Même si les cuisines urbaines modernes n’utilisent plus les anciens foyers, il est toujours possible d’accomplir une commémoration symbolique simple dans la cuisine afin de découvrir le sens culturel de cette tradition.

Poser les couplets de printemps et les estampes du Nouvel An

Origine historique

Les couplets de printemps (春联) dérivent des anciens talismans en bois de pêcher (桃符) utilisés pour repousser les esprits nuisibles. Le Livre des Han postérieurs : Traité des rites (《后汉书·礼仪志》) mentionne l’usage de tablettes rectangulaires en bois de pêcher suspendues de part et d’autre de l’entrée, pratique traditionnellement associée à l’époque Zhou.

Durant la période des Cinq Dynasties, Meng Chang (孟昶), souverain des Shu postérieurs, aurait inscrit sur ces tablettes :

« 新年纳余庆;佳节号长春。 » « Que la nouvelle année accueille les bénédictions accumulées ; que cette belle fête porte le nom de Printemps éternel. »

Ces vers sont souvent considérés comme l’un des plus anciens exemples conservés de couplet du Nouvel An. La coutume se consolida sous les Song et se généralisa particulièrement sous les Ming. Le fondateur de la dynastie Ming, Zhu Yuanzhang (朱元璋), encouragea activement cette pratique et, après avoir établi sa capitale à Nankin, aurait ordonné qu’avant le réveillon « toute maison, qu’elle appartienne à un fonctionnaire ou à un homme du peuple, pose un couplet de printemps sur sa porte. »

Les estampes du Nouvel An (年画) peuvent quant à elles être rattachées aux représentations han des Dieux de la Porte (门神), initialement destinées à repousser esprits et calamités. Avec le développement de l’imprimerie sous les Tang et les Song, leurs thèmes se diversifièrent et leur fonction évolua progressivement de la protection contre le mal vers l’appel des bénédictions et des heureux présages.

Activités

Les couplets de printemps utilisent une langue équilibrée, parallèle, concise et soigneusement travaillée afin d’exprimer les vœux de la nouvelle année et de refléter l’esprit de chaque époque. Ils constituent une forme littéraire festive propre à la culture chinoise.

Pendant la Fête du Printemps, les familles des villes comme des campagnes choisissent des couplets rouges et les placent sur leurs portes afin d’enrichir l’atmosphère festive, de dire adieu à l’année ancienne et d’accueillir la nouvelle.

Le caractère 福 (fú, « bonheur », « bénédiction » ou « bonne fortune ») est lui aussi largement affiché. Il exprime le souhait d’une vie heureuse et d’un avenir favorable. On le place parfois à l’envers, car « 福倒了 » (« le caractère fu est renversé ») se prononce presque comme « 福到了 » (« la bonne fortune est arrivée »), formant ainsi un jeu de mots de bon augure.

Les estampes du Nouvel An constituent une autre forme visuelle traditionnelle. Autrefois, on les affichait dans les salles principales, les chambres, près des fenêtres, des portes, des foyers et des autels domestiques. Outre leur fonction décorative, elles invitaient symboliquement les bénédictions divines et protégeaient contre les calamités.

Signification culturelle

Les couplets transmettent les souhaits propices par les mots, tandis que les estampes les expriment par les images. Ensemble, ils composent le langage visuel le plus reconnaissable de la Fête du Printemps : le rouge.

Dans la culture chinoise, le rouge symbolise la bonne fortune, la fête, l’enthousiasme, la vitalité et la vie. Lorsque portes et rues se couvrent de couplets et de caractères fu rouges, le paysage quotidien se transforme, renforçant à la fois l’atmosphère collective de la fête et le sentiment d’appartenance culturelle.

Comment participer

Avant le réveillon, on peut acheter des couplets et des estampes du Nouvel An ou les écrire soi-même. Dans la disposition verticale traditionnelle, le premier vers est placé à droite et le second à gauche.

Le caractère fu peut être affiché à l’endroit ou, lorsque la coutume locale le permet, à l’envers sur portes, fenêtres ou armoires. Les estampes peuvent être suspendues sur les murs intérieurs ou les portes, de préférence avec des motifs propices tels que « abondance année après année » (连年有余) ou « abondante récolte des cinq céréales » (五谷丰登).

Repas de réunion du réveillon

Origine historique

L’histoire du repas du réveillon (年夜饭) peut être retracée au moins jusqu’à la dynastie Jin. Zhou Chu (周处) écrit dans le Fengtu Ji (《风土记》, Chronique des coutumes locales) que les gens s’invitaient mutuellement à manger et à boire afin de « faire leurs adieux à l’année », puis restaient éveillés pendant la nuit du réveillon.

Le Jingchu Suishiji (《荆楚岁时记》, Chronique des coutumes saisonnières de Jing et Chu) rapporte également :

« À la fin de l’année, toutes les familles préparent mets et légumes et se réunissent à l’endroit où l’on veille sur l’année ancienne afin d’accueillir la nouvelle. »

L’expression précise de « repas du réveillon » apparaît relativement tardivement. On la trouve dans le Qing Jia Lu (《清嘉录》) du lettré de Suzhou Gu Lu (顾禄), à l’époque Qing.

Plus profondément, cette coutume s’enracine dans les conceptions chinoises de la famille et du temps cyclique. Au moment où l’année ancienne se transforme en année nouvelle, le temps se trouve dans un état de transition. S’asseoir tous ensemble autour d’un repas symbolise donc non seulement la réunion familiale, mais aussi un rite collectif accompagnant le passage d’une année à l’autre.

Activités

Le repas du réveillon, également appelé repas de réunion (团圆饭) ou banquet familial, se tient lors de la dernière nuit de l’année lunaire et constitue l’un des repas les plus importants de l’année.

Le soir du réveillon, les familles préparent un banquet abondant et plusieurs générations s’assoient ensemble autour de la table, échangeant des paroles de bon augure. Traditionnellement, des offrandes peuvent être présentées aux ancêtres avant le repas afin de solliciter leur protection.

Dans le nord de la Chine, les jiaozi occupent une place particulièrement importante. Leur forme rappelle les anciens lingots d’argent et symbolise la richesse. Dans le Sud, les tangyuan et le niangao sont fréquents. Les premiers symbolisent la réunion familiale ; le mot niangao évoque par homophonie l’idée de « s’élever davantage chaque année » (年年高).

Le poisson est présent dans de nombreuses régions, car 鱼 (yú, « poisson ») est homophone de 余 (yú, « surplus »), donnant naissance à l’expression « avoir de l’abondance année après année » (年年有余). Le nombre de plats est souvent pair, afin de symboliser que « les bonnes choses viennent par deux ».

Signification culturelle

Le repas du réveillon est généralement considéré comme le repas le plus important de l’année. Bien plus qu’un banquet, il incarne la réunion de la famille.

Quelle que soit la distance qui les sépare de leur foyer, beaucoup font tout leur possible pour rentrer avant le réveillon et s’asseoir à la même table que leurs proches. Chaque plat porte une signification propice et chaque toast exprime un espoir pour l’avenir.

Comment participer

Le soir du réveillon, préparer le repas en famille. Dans le Nord, on peut confectionner des jiaozi, parfois en cachant à l’intérieur des pièces, des jujubes ou des cacahuètes chargés d’une valeur symbolique. Dans le Sud, on peut préparer des tangyuan ou du niangao.

S’asseoir ensemble, échanger des vœux et partager le repas. Lorsqu’il est impossible de retrouver sa famille, amis ou collègues peuvent organiser un repas de réunion partagé, afin de préserver l’esprit consistant à dire adieu à l’année ancienne et accueillir la nouvelle. Ceux qui le souhaitent peuvent également déposer des aliments devant les tablettes ou les photographies des ancêtres en signe de souvenir et de respect.

Veiller pour accueillir le Nouvel An

Origine historique

La coutume du shousui (守岁) — rester éveillé durant la nuit du réveillon — possède une longue histoire. Un ancien récit traditionnellement attribué à Zhou Chu, écrivain des Jin occidentaux, affirme :

« Le soir du réveillon, les gens s’offrent mutuellement des présents, ce que l’on appelle “offrir l’année” ; ils s’invitent à manger et à boire, ce que l’on appelle “faire ses adieux à l’année” ; et ils restent éveillés jusqu’à l’aube, ce que l’on appelle “garder l’année”. »

La coutume prit une importance croissante durant les Dynasties du Sud et du Nord. Au début des Tang, l’empereur Taizong, Li Shimin (李世民) écrivit dans son poème Garder l’année :

« 寒辞去冬雪,暖带入春风。 » « Le froid s’en va avec les neiges de l’hiver ; la douceur arrive portée par le vent du printemps. »

Activités

Le shousui consiste à rester éveillé pendant la dernière nuit de l’année ancienne afin d’accueillir consciemment l’arrivée de la nouvelle. Dans la langue courante, on parle également de « tenir toute l’année » (熬年).

Un dicton affirme :

« Une seule nuit relie deux années ; à la cinquième veille, les deux années se séparent. »

Traditionnellement, on allumait bougies ou lampes à huile et on veillait toute la nuit, symbolisant l’illumination des ténèbres et l’expulsion des maladies, des épidémies et des forces nuisibles, tout en attendant l’arrivée propice du Nouvel An.

La veillée commence avec le repas de réunion, souvent pris lentement. Certaines familles s’installent dès la tombée du jour et continuent à manger, discuter et célébrer jusque tard dans la nuit.

Signification culturelle

Le shousui exprime le respect du temps et la valeur accordée à la vie. Au moment liminal où une année devient une autre, les hommes restent éveillés pour accompagner ce passage et accueillir consciemment la première lumière du nouveau cycle.

Cette coutume renforce également les liens familiaux. Durant cette longue nuit, les membres de la famille discutent, se remémorent l’année écoulée et partagent leurs attentes pour l’avenir.

Comment participer

Le soir du réveillon, la famille peut rester réunie, discuter, regarder le Gala de la Fête du Printemps (春晚) ou d’autres programmes, grignoter et rester éveillée au moins jusqu’après minuit.

Garder les lumières allumées peut symboliser l’illumination et l’expulsion de la mauvaise fortune. Les personnes âgées ou fatiguées n’ont nul besoin de veiller jusqu’à l’aube : participer jusqu’à minuit et partager la réunion familiale suffit pleinement à préserver l’esprit de la tradition.

Argent porte-bonheur

Origine historique

L’argent porte-bonheur (压岁钱) semble posséder des racines anciennes, bien qu’il se soit particulièrement répandu sous les dynasties Ming et Qing. Historiquement, il existait à la fois des monnaies protectrices spécialement fabriquées pour l’occasion et de véritables pièces de circulation offertes comme cadeaux du Nouvel An.

Les premières pouvaient être des imitations en cuivre ou en fer, carrées ou allongées, gravées de formules telles que « bonheur et accomplissement des souhaits » (吉祥如意), « bonheur, dignité, longévité et joie » (福禄寿喜) ou « puissiez-vous vivre cent ans » (长命百岁).

Sous les Ming et les Qing, l’usage de monnaie courante se généralisa progressivement. Cela marqua le passage d’une fonction principalement protectrice ou rituelle vers la fonction économique et affective du cadeau festif actuel.

Activités

Après le repas du réveillon, les aînés offrent traditionnellement de l’argent aux enfants et aux jeunes comme bénédiction afin qu’ils traversent la nouvelle année en toute sécurité.

Un poème de l’époque Qing décrivant la joie des enfants de Hangzhou évoque :

« Cent pièces enfilées sur un long cordon coloré, distribuées puis gardées près de l’oreiller ; calculant le prix des pétards et des petits sifflets sucrés, l’enfant ravi s’affaire toute la nuit. »

Après l’établissement de la République, il devint courant d’envelopper cent pièces de cuivre dans du papier rouge, évoquant le souhait de « vivre cent ans ». Pour les descendants adultes, on pouvait envelopper un dollar d’argent, symbole de prospérité et de réussite commerciale.

Avec les billets modernes, de nombreuses familles préfèrent offrir des billets neufs ou portant des numéros de série consécutifs, interprétés comme des signes de prospérité et d’ascension continues.

Signification culturelle

L’expression 压岁 (yāsuì) renferme traditionnellement l’idée de repousser les esprits nuisibles et protéger le bénéficiaire pendant l’année.

L’argent du Nouvel An n’est donc pas seulement un présent financier : il constitue une bénédiction et une forme de protection affective offerte par les aînés aux plus jeunes. Dans la Chine contemporaine, il transmet également des souhaits de réussite scolaire, de progression professionnelle, de santé et d’avenir prometteur.

Comment participer

Le soir du réveillon ou le premier jour de l’année, les aînés peuvent placer de l’argent dans une enveloppe rouge (红包) et l’offrir aux plus jeunes. On privilégie souvent des nombres considérés comme propices, notamment 6, 8 ou 9.

Les jeunes adultes qui travaillent peuvent également offrir des enveloppes rouges à leurs parents ou grands-parents en signe de gratitude et de piété filiale. Les billets neufs sont traditionnellement préférés, car ils symbolisent « un souffle nouveau pour une année nouvelle ».

Faire éclater des pétards

Origine historique

La coutume d’utiliser des pétards (爆竹) pour célébrer la Fête du Printemps était déjà formée en Chine au plus tard sous la dynastie Han et possède donc plus de deux mille ans d’histoire.

Ses origines lointaines sont parfois rapprochées de l’ancienne tradition des « torches de cour » (庭燎). Le Livre des Odes : Petites Odes contient le vers « 庭燎晰晰 », décrivant la lumière éclatante des flammes dans la cour.

Le Jingchu Suishiji, composé au VIe siècle, rapporte déjà que le premier jour de l’année, les gens « se levaient au chant du coq et faisaient éclater du bambou devant la cour » afin de repousser monstres des montagnes et mauvais esprits.

Sous les Tang, le bambou éclaté était appelé baogan (爆竿). Le poète Lai Hu (来鹄) écrivit dans Début du printemps :

« 新历才将半纸开,小亭犹聚爆竿灰。 » « Le nouveau calendrier est à peine déplié à moitié ; près du petit pavillon s’accumulent encore les cendres des bambous éclatés. »

Avec l’invention de la poudre à canon et la diffusion du papier, apparurent sous les Song du Nord des dispositifs de poudre enveloppés de papier, ancêtres des pétards modernes.

Activités

Faire éclater des pétards est une tradition destinée à dire adieu à l’ancien et accueillir le nouveau. Le soir du réveillon, ils sont allumés afin de chasser les forces négatives et d’appeler la bonne fortune.

Le matin du premier jour, certaines familles font éclater des pétards dès l’ouverture de la porte. Cette pratique est appelée « pétard d’ouverture de la porte » (开门炮仗). Après les explosions, le sol se couvre de fragments de papier rouge, scène appelée « salle emplie de rouge » (满堂红) et considérée comme particulièrement propice.

Signification culturelle

Le fracas des pétards est traditionnellement considéré comme capable de repousser les forces maléfiques et d’écarter les calamités.

La célèbre légende du monstre Nian (年兽) offre une explication narrative très répandue : les bruits violents effrayaient la créature et protégeaient les familles. Parallèlement, ces explosions annoncent l’arrivée du Nouvel An et transmettent au Ciel et à la Terre la joie et les aspirations humaines.

Comment participer

Là où la législation l’autorise, pétards et feux d’artifice peuvent être utilisés dans les cours ou les espaces désignés. Il convient toujours de respecter la réglementation locale et les consignes de sécurité.

De nombreuses villes ont restreint ou interdit les feux d’artifice privés pour des raisons environnementales et de sécurité. Dans ces endroits, on peut privilégier les spectacles officiels, les installations lumineuses ou les pétards électroniques.

Présenter ses vœux du Nouvel An

Origine historique

La coutume de présenter ses vœux du Nouvel An (拜年) est parfois rapprochée des audiences cérémonielles de la cour impériale. Les ministres venaient saluer l’empereur le premier jour de l’année, et cette forme de félicitations se diffusa progressivement dans l’ensemble de la société.

Des formes de salut existaient déjà sous les Han. Sous les Song, il devint courant d’envoyer des cartes nominatives ou billets de félicitations, comparables aux cartes de vœux actuelles. Sous les Qing apparurent également des formes collectives appelées « salut collectif du Nouvel An » (团拜).

Activités

Présenter ses vœux constitue l’une des coutumes sociales les plus importantes de la Fête du Printemps. Autrefois, l’expression désignait principalement les salutations formelles adressées aux aînés, en commençant au sein même de la famille.

Le matin du premier jour, les gens se lèvent tôt, revêtent leurs plus beaux habits, rendent visite à leurs proches et amis et échangent des vœux de bon augure.

Dans la société traditionnelle, ce processus renforçait tout particulièrement les liens de parenté. L’auteur Qing Gu Tieqing (顾铁卿) décrit dans le Qing Jia Lu :

« Après que les hommes et les femmes ont successivement présenté leurs respects au chef de famille, le maître de maison conduit les jeunes et les cadets rendre visite aux voisins, aux membres du clan, aux parents et aux amis ; ou bien il envoie les plus jeunes à sa place. C’est ce que l’on appelle “présenter ses vœux du Nouvel An”. »

Signification culturelle

Les visites de Nouvel An sont l’un des rites sociaux majeurs de la fête. Elles ne transmettent pas seulement des bénédictions : elles confirment et renforcent les relations sociales.

Par le salut en personne se renouvellent les liens entre parents, voisins, amis et communautés. Même si les technologies modernes offrent aujourd’hui de nombreux moyens de communication, la fonction essentielle — entretenir l’affection et exprimer de bons souhaits — demeure inchangée.

Comment participer

Le premier jour, saluer respectueusement les aînés et prononcer des formules de bon augure. On peut ensuite rendre visite à ses proches et amis ou les contacter par téléphone, visioconférence ou messagerie.

Parmi les formules courantes figurent « Bonne année » (新年快乐), « Que tout se réalise selon vos souhaits » (万事如意), « Je vous souhaite prospérité » (恭喜发财) et « Je vous souhaite une bonne santé » (身体健康). Lorsque la visite en personne est impossible, il est également possible d’envoyer des enveloppes rouges électroniques.

Danse du dragon et danse du lion

Origine historique

L’origine de la danse du dragon (舞龙) peut être retracée jusqu’à l’époque pré-Qin, lorsque le dragon était considéré comme un être divin capable de relier le Ciel et la Terre. Sous les Han, on dansait déjà le dragon afin de demander la pluie, et cette pratique possédait à la fois une dimension cérémonielle et ludique.

La danse du lion (舞狮) se développa pendant les Dynasties du Sud et du Nord, d’abord comme danse rituelle destinée à éloigner les maux et les calamités. Sous les Tang, elle devint également un divertissement de cour. Après la période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes, les migrations depuis les Plaines centrales contribuèrent à diffuser cette tradition vers le Lingnan et le sud de la Chine.

Activités

Les danses du dragon et du lion comptent parmi les spectacles les plus emblématiques de la Fête du Printemps.

La danse du dragon, traditionnellement appelée également « danse de la lanterne-dragon » (舞龙灯), provient de l’ancien culte du dragon. Dans la culture chinoise, le dragon symbolise le bon augure, la dignité, le courage, la puissance, la pluie et l’abondance. Sa danse vise donc à dissiper les forces négatives et à inviter la fortune.

La danse du lion fut historiquement appelée, dans certains contextes, « Musique de la Grande Paix » (太平乐). Le lion est un animal protecteur et courageux, capable de repousser le mal ; sa danse pendant le Nouvel An apporte ainsi une atmosphère de célébration et de bénédiction.

Signification culturelle

Le dragon comme le lion possèdent une forte dimension sacrée dans la culture chinoise. Le dragon est associé à la pluie, à la fertilité et à l’abondance ; le lion, au courage et à la protection contre les forces maléfiques.

Ces danses ne constituent donc pas de simples spectacles populaires : elles sont également des rites collectifs de bénédiction. Au son des tambours et des gongs, les hommes projettent leurs espoirs pour l’année nouvelle sur le dragon ondulant et le lion bondissant.

Comment participer

Pendant la Fête du Printemps, on peut assister à ces danses dans les foires de temples, les places publiques, les centres culturels et les célébrations communautaires. Certains lieux proposent également des expériences participatives.

Il convient de maintenir une distance de sécurité et de ne pas pénétrer dans l’espace de représentation. Lors de certaines séquences interactives, toucher le dragon ou le lion peut être interprété comme une manière de « recevoir une part de sa bonne fortune ».

Visiter les foires des temples

Origine historique

Les foires des temples (庙会) sont issues de cérémonies religieuses et peuvent être retracées jusqu’à des époques très anciennes. Les premières se déroulaient lors des fêtes ou des journées importantes des temples, généralement à l’intérieur ou autour de leurs enceintes.

Pendant les Dynasties du Sud et du Nord, le bouddhisme prospéra et de nombreux temples furent construits. Des marchands commencèrent à se rassembler autour de ces célébrations afin de répondre aux besoins des pèlerins et visiteurs ; ces rassemblements évoluèrent progressivement en animés marchés de temples.

Sous les Song du Nord, la foire du temple Daxiangguo de Kaifeng était particulièrement célèbre. À Pékin, les foires traditionnelles remontent à la dynastie Liao, se développèrent à la fin des Yuan et au début des Ming, puis connurent leur apogée sous les Ming et les Qing.

Activités

Les foires des temples sont de grands événements de culture populaire et constituent un élément essentiel des célébrations du Nouvel An. Elles réunissent gastronomie, achats, divertissements, pratiques religieuses, artisanat et spectacles.

Les visiteurs peuvent y découvrir spécialités locales, danses du dragon et du lion, arts martiaux, acrobaties, diabolo, moulins à vent, cerfs-volants, papiers découpés, spectacles comiques, magie, échasses, lanternes tournantes et figurines en sucre.

À la foire du temple Baiyun de Pékin, les visiteurs forment de longues files afin de toucher un singe de pierre auquel on attribue le pouvoir d’éloigner les maladies, d’éviter les malheurs et de favoriser la longévité.

La foire est ainsi à la fois une coutume du Nouvel An et un grand marché saisonnier.

Signification culturelle

Les foires des temples réunissent croyance, divertissement, commerce et sociabilité. Ce sont des lieux où l’on honore les divinités tout en permettant à la communauté de se retrouver et de célébrer ensemble.

Leur bruit, leurs couleurs et leur vitalité incarnent l’esprit de « réjouissance partagée par tous » propre à la Fête du Printemps : jeunes et vieux, riches et pauvres, hommes et femmes peuvent tous y trouver leur manière de participer à la fête.

Comment participer

Pendant la Fête du Printemps, on peut visiter une foire locale afin de goûter des spécialités régionales, assister à des spectacles, découvrir l’artisanat et participer à différents jeux.

Les grandes villes du Nord organisent souvent des foires traditionnelles, notamment celles de Changdian et Baiyun à Pékin. Il est préférable de vérifier les dates à l’avance et, lorsque cela est possible, d’éviter les heures de plus forte affluence.

Parcourir la rue des fleurs

Origine historique

La tradition des marchés aux fleurs de Guangzhou peut être retracée jusqu’à la dynastie Ming, lorsque Huadi (花地), dans la région de Fangcun, constituait déjà un important centre horticole.

Dans les années 1860, les marchés dispersés commencèrent progressivement à se concentrer dans les jours précédant immédiatement la Fête du Printemps et évoluèrent vers les marchés aux fleurs du réveillon (年宵花市). Dans les années 1920, la coutume de « parcourir la rue des fleurs » (行花街) se pratiquait généralement entre le vingt-quatrième jour du douzième mois et le réveillon.

En 2021, cette coutume a été inscrite sur la cinquième liste nationale chinoise des projets représentatifs du patrimoine culturel immatériel.

Activités

Parcourir la rue des fleurs est une tradition caractéristique du Lingnan. Du vingt-huitième jour environ du douzième mois lunaire jusqu’au réveillon, la population se rassemble dans des marchés spécialisés où les fleurs deviennent le cœur d’un ensemble associant coutumes du Nouvel An, horticulture, commerce, bénédictions et célébration saisonnière.

Chez de nombreux Cantonais, un dicton populaire affirme : « Ce n’est pas vraiment le Nouvel An tant qu’on n’a pas parcouru la rue des fleurs. »

Les familles achètent plantes fleuries et végétaux festifs afin de décorer leur maison et d’accueillir l’année nouvelle.

Signification culturelle

Dans la culture du Lingnan, les fleurs symbolisent le bon augure, la beauté, le renouveau et la prospérité. Chaque espèce possède une signification particulière :

  • Les kumquats du Nouvel An symbolisent une grande fortune.
  • Les fleurs de pêcher évoquent l’élargissement des horizons et la réussite.
  • Les narcisses représentent la bonne fortune et l’accomplissement des souhaits.
  • Les orchidées Phalaenopsis symbolisent le bonheur et l’harmonie.

Parcourir la rue des fleurs est donc bien davantage qu’une activité commerciale. Il s’agit d’une forme de bénédiction saisonnière : on chemine parmi les couleurs et les parfums, puis on rapporte ces symboles propices jusque dans son foyer.

Comment participer

Entre le vingt-huitième jour du douzième mois lunaire et le réveillon, on peut visiter un marché et choisir des plantes festives telles que kumquats, fleurs de pêcher, narcisses ou orchidées.

La fin d’après-midi et la soirée offrent généralement l’atmosphère la plus évocatrice, lorsque les marchés s’illuminent et se remplissent de visiteurs.

Variations régionales

Coutumes locales
Les coutumes changent tous les dix lieues et les traditions tous les cent. Sur cette vaste terre, les coutumes festives varient d’une région à l’autre, révélant la remarquable diversité et l’inclusivité de la culture chinoise.

Chine du Nord

Pékin:Visiter les foires des temples, notamment la foire de Changdian (厂甸庙会) ; toucher le singe de pierre du temple Baiyun (白云观) afin d’attirer la bonne fortune ; assister à la foire inspirée du Rêve dans le pavillon rouge au Jardin de la Grande Vue ; manger des jiaozi, poser des couplets de printemps et veiller durant la nuit du réveillon. Dans l’ancien Pékin existait également la coutume de « fouler l’année » (踩岁) : on répandait des tiges de sésame dans la cour et on les faisait craquer sous les pas, jeu symbolique évoquant le souhait de « paix année après année » (岁岁平安). Le deuxième jour du premier mois lunaire est traditionnellement consacré au Dieu de la Richesse.

Tianjin:Suspendre des diaoqian (吊钱) et des papiers découpés aux fenêtres ; cuire à la vapeur des « petits pains hérissons » (刺猬馒头) et les disposer sur les rebords de fenêtre ou près des montants de porte, comme s’ils transportaient des lingots de richesse dans la maison ; visiter la foire du palais Tianhou et admirer les estampes du Nouvel An de Yangliuqing (杨柳青年画) ; manger des jiaozi végétariens et des gâteaux de riz.

Hebei:À Yuxian, Zhangjiakou, on pratique le spectaculaire Dashuhua (打树花) : du fer en fusion est projeté contre un mur, créant une pluie d’étincelles. Dans les régions de Baoding et Cangzhou subsiste la coutume des « fleurs de lumière dispersées » (散灯花), confectionnées avec du papier torsadé imbibé d’huile. Dans certaines communautés mandchoues de Chengde perdurent des rites ancestraux et des formes de danse chamanique.

Shanxi:Préparer de somptueux pains décoratifs appelés huamo (花馍), façonnés en montagnes de jujubes, moutons ou poissons ; organiser des courses de chars à tambours (跑鼓车) dans le sud du Shanxi ; allumer de grands feux de charbon appelés wanghuo (旺火) dans le nord ; et donner des spectacles de shehuo (社火) à Pingyao, avec échasses, plateformes surélevées et processions acrobatiques.

Mongolie-Intérieure:Allumer un grand feu wanghuo à minuit le soir du réveillon et en faire le tour en famille pour demander des bénédictions ; manger du mouton découpé à la main, des côtes, des shaomai et des pâtisseries frites ; accomplir des rites en l’honneur du dieu du feu dans les régions pastorales ; et, dans les familles mongoles, offrir des khatas cérémonielles aux aînés lors des vœux du Nouvel An.

Nord-Est de la Chine

Heilongjiang / Jilin / Liaoning:Manger des poires et des kakis congelés ainsi que du tofu gelé ; servir du porc avec du chou fermenté et du boudin lors du réveillon ; cacher des pièces de monnaie ou des bonbons dans les jiaozi ; admirer des lanternes de glace et des sculptures de neige ; participer aux danses yangge et aux spectacles sur échasses. Certaines familles mandchoues conservent des rites ancestraux et le culte de Fotuo Mama (佛托妈妈).

Nord-Ouest de la Chine

Shaanxi:Dans le Guanzhong, on cuit à la vapeur des pains du Nouvel An (年馍) en forme de tigres, lapins et autres animaux. Dans le nord du Shaanxi subsiste la tradition de « parcourir les neuf méandres » (转九曲) à travers un labyrinthe de lanternes évoquant les sinuosités du fleuve Jaune, afin d’obtenir des bénédictions et d’écarter les malheurs. Xi’an organise de grands festivals de lanternes sur ses remparts, tandis que le sud du Shaanxi est réputé pour les banquets des « Huit Grands Bols » (八大碗).

Gansu:À Lanzhou, le repas du réveillon peut comprendre des nouilles saozi, des céréales sucrées fermentées et du niangpi ; l’est du Gansu est célèbre pour ses papiers découpés ornant les fenêtres ; Tianshui célèbre la foire du « Neuvième Jour » (上九) à l’occasion de l’anniversaire de l’Empereur de Jade ; dans le corridor du Hexi perdure le liao tianpeng (燎天蓬), au cours duquel on brûle des tas de paille et saute par-dessus les flammes le vingt-troisième jour du premier mois lunaire.

Ningxia:Les familles hui préparent des youxiang, des sanzi et des mahua frits ; les spectacles de shehuo comprennent échasses, bateaux terrestres et danses du dragon. La coutume du liaogan (燎疳) consiste à sauter par-dessus des feux le vingt-troisième jour du premier mois lunaire afin d’éloigner le mauvais sort.

Qinghai:Faire frire des sanzi et des pâtisseries appelées huahua ; danser le Guozhuang (锅庄) dans les régions tibétaines ; interpréter le traditionnel « Chant de la vieille brebis » dans le cadre du shehuo ; et visiter la célèbre exposition de sculptures en beurre du monastère de Kumbum (塔尔寺) le quinzième jour du premier mois lunaire.

Xinjiang:Les familles han préparent des jiaozi et posent des couplets de printemps ; les amis ouïghours et kazakhs peuvent échanger des sanzi, des amandes et d’autres présents du Nouvel An ; Urumqi organise également de grandes expositions de sculptures de glace.

Chine de l’Est

Shanghai:Manger des tangyuan et du niangao ; visiter le festival des lanternes du temple du Dieu de la Ville et le Festival des Lanternes de Yuyuan ; accueillir le Dieu du Foyer le soir du réveillon ; « accueillir le Dieu de la Richesse » le cinquième jour, date à laquelle les commerces rouvrent traditionnellement au son des pétards ; manger du riz aux huit trésors et des rouleaux de printemps.

Jiangsu:À Suzhou, la coutume de « lier le foyer » (扎灶) peut consister à confectionner un « arbre à monnaie » symbolique avec des branches de pin et de cyprès devant la porte. Nankin est célèbre pour le Festival des Lanternes de Qinhuai ; les maisons de thé matinales de Yangzhou connaissent une animation particulière pendant le Nouvel An ; Wuxi conserve la tradition des visites à Huishan ; dans le nord du Jiangsu, on suspend des papiers multicolores appelés gualang (挂浪).

Zhejiang:À Hangzhou, les fidèles cherchent traditionnellement à offrir le « premier encens » (头香) au temple Lingyin durant la nuit du réveillon. Ningbo est connu pour ses gâteaux de riz pilés à la main ; le banquet Fensui (分岁酒) de Wenzhou comprend traditionnellement dix plats froids servis dans de hauts bols, symbolisant la « perfection complète » (十全十美) ; Shaoxing conserve ses traditions d’opéra, Wuzhen célèbre les lanternes sur l’eau et Jinhua est réputé pour ses banquets de jambon.

Anhui:Dans le Huizhou, au sud de l’Anhui, ont lieu des danses du dragon de paille, dont les figures sont couvertes de bâtonnets d’encens allumés. Yixian, dans les monts Huangshan, prépare des gâteaux de riz sculptés appelés dashi tao (打食桃) ; le nord de l’Anhui organise marchés du Nouvel An et représentations d’opéra ; les quatre confiseries traditionnelles de Hefei sont indispensables pour recevoir les invités.

Fujian:Fuzhou célèbre la Fête d’Aojiu (拗九节) le neuvième jour du premier mois lunaire, en préparant une bouillie et en honorant les ancêtres. Dans le sud du Fujian se déroule le « culte au Seigneur céleste » (拜天公) à l’occasion de l’anniversaire de l’Empereur de Jade. Quanzhou est célèbre pour la danse des frappes de poitrine et les danses du dragon et du lion ; Zhangzhou conserve la tradition de marcher sur le feu (踏火) ; Putian prépare des gâteaux rouges de riz gluant appelés hongtuan (红团) ; les régions côtières perpétuent la tradition d’Envoyer la Barque Royale (送王船) ; les Hakka mangent des « légumes de longévité » (长命菜).

Jiangxi:À Nanchang, un dicton affirme que « le septième jour compte autant que le Nouvel An », en référence à Renri (人日), traditionnel « anniversaire de l’humanité ». Les Hakka de Ganzhou préparent du vin de riz et des viandes salées ; Wuyuan organise des processions sur plateformes surélevées (抬阁) avec des enfants costumés ; Jiujiang possède ses bateaux terrestres et Jingdezhen fabrique des lanternes en porcelaine.

Shandong:Festival des lanternes de la source Baotu à Jinan ; culte de la mer sur le littoral de Jiaodong ; traditions de la famille de Confucius à Qufu, avec rites en l’honneur du Sage et lecture des préceptes familiaux ; combats de béliers dans le sud-ouest ; feux de cour appelés zhaoting (照庭) le soir du réveillon ; immenses pains décoratifs appelés dabobo (大饽饽) ; et, le cinquième jour, coutume de « briser le cinq » (破五) et d’expulser symboliquement la pauvreté.

Chine centrale

Henan:Foires de la montagne Wansui à Kaifeng et de Guanlin à Luoyang ; tradition des figurines d’argile Ninigou (泥泥狗) à Huaiyang ; singulier « shehuo des injures » (骂社火) dans l’ouest du Henan, où les moqueries rituelles sont considérées comme propices ; balayage des déchets hors de la maison le cinquième jour pour « congédier la pauvreté » ; et danses du double lion à Luohe.

Hubei:Chercher le premier encens au temple Guiyuan de Wuhan ; danses des lanternes-dragons à Jingzhou du premier au quinzième jour ; danse Baishou (摆手舞) chez les Tujia d’Enshi ; fondue de porc salé à Yichang ; rites locaux d’« accueil du printemps » (接春) à Huangshi.

Hunan:Foire du Temple du Feu à Changsha, réputée pour son tofu fermenté odorant et ses gâteaux au sucre et à l’huile ; marchés du Nouvel An miao dans l’ouest du Hunan, avec chants alternés et danse au lusheng ; tradition dong du Yueye (月也), fondée sur les visites collectives ; repas de réunion à Yueyang avec du poisson salé qu’il ne faut pas terminer, afin de symboliser « l’abondance année après année » ; danses de lanternes en forme de crevettes à Xiangtan.

Chine du Sud

Guangdong:La célèbre coutume de « parcourir la rue des fleurs » (行花街) à Guangzhou, qui atteint son apogée le soir du réveillon ; danse du Lion du Sud et estampes xylographiques du Nouvel An à Foshan ; processions de divinités ying laoye (营老爷) et gâteaux de riz traditionnels à Chaoshan ; banquets de poon choi à Shenzhen ; festivités tournantes de nianli (年例) dans l’ouest du Guangdong ; coutume cantonaise d’offrir des enveloppes rouges lai see (利是).

Guangxi:Danse du dragon aux pétards dans des lieux comme Binyang ; traditions zhuang de la Fête de la Déesse-Grenouille (蛙婆节) pour demander de bonnes récoltes ; Fête Manghao (芒蒿节) chez les Miao de Liuzhou, avec danses masquées ; chants « d’eau salée » chez les communautés Tanka de Beihai ; coutume de préparer de grands zongzi du Nouvel An.

Hainan:Fête de l’Échange des Fleurs (换花节) à Haikou le quinzième jour, durant laquelle les jeunes échangent des fleurs et font connaissance ; célébrations Gongqi (公期) à Wenchang, avec culte ancestral, processions divines et banquets communautaires ; marmite végétarienne à Qionghai le premier jour ; chants alternés diaosheng (调声) de Danzhou ; sonnerie des cloches pour demander des bénédictions à Nanshan, Sanya.

Hong Kong et Macao:Chercher le premier encens au temple Wong Tai Sin, admirer les feux d’artifice du port Victoria et les défilés de chars à Hong Kong ; marchés du Nouvel An sur la place du Sénat, spectacles près des Ruines de Saint-Paul et offrande du premier encens au temple d’A-Ma à Macao. À Macao, les coutumes associent des éléments chinois et portugais.

Sud-Ouest de la Chine

Sichuan:Grande foire du temple de Chengdu au sanctuaire de Wuhou et festivals de lanternes à Qingyang ; célèbre Festival des Lanternes de Zigong ; traditions de Langzhong telles que puiser l’eau à l’heure Yin (抢寅水), exposer les chaussures brodées, la proclamation du printemps par les chunguan (春倌说春) et la coutume de « marcher pour chasser les cent maladies » (游百病) ; danses des lanternes-bœufs dans l’ouest du Sichuan ; viandes salées, saucisses et tangyuan ; combustion rituelle de dragons de papier à Yibin le quinzième jour.

Chongqing:Foires de la Cité fantôme de Fengdu ; danse du dragon de Tongliang, notamment la spectaculaire version du dragon de feu évoluant sous une pluie d’étincelles de fer ; foires de Ciqikou ; décorations de fleurs de prunier d’hiver ; fondue du réveillon symbolisant la prospérité ; banquet kilométrique de l’ancienne ville de Zhongshan.

Guizhou:Dans le sud-est du Guizhou, les coutumes du Nouvel An miao se mêlent à celles de la Fête du Printemps han, avec danse au lusheng, combats de buffles et danse du tambour. Les communautés dong pratiquent le culte de Sa (祭萨), ancienne divinité ancestrale féminine ; les communautés tunpu organisent les processions de Wanggong (抬汪公) ; la soupe de poisson aigre est un plat festif ; Guiyang et Zunyi sont célèbres pour leurs danses du dragon et la coutume consistant à « faire exploser le dragon » avec des pétards.

Yunnan:Foire du Temple d’Or à Kunming ; tradition bai du Raosanling (绕三灵) à Dali ; danse au tambour « pied d’éléphant » dans certaines régions dai pendant la période du Nouvel An ; culte du Ciel (祭天) chez les Naxi de Lijiang ; jambon, erkuai et nouilles de riz ; traditions du calendrier solaire yi à Shilin ; coutumes de dabaojing (打保境) à Tengchong.

Tibet:Le Nouvel An tibétain peut tomber à proximité ou coïncider avec la Fête du Printemps lunaire. Parmi ses traditions figurent la Nuit du Guthuk, où l’on mange une soupe contenant des boulettes à signification symbolique afin d’expulser la mauvaise fortune ; la fumigation rituelle de genévrier sang (煨桑) ; les danses Guozhuang ; les drapeaux de prière ; et des aliments tels que le chema (切玛) et les fritures khapse/kasai (卡赛).

Taïwan:Chercher le premier encens au temple Longshan de Taipei ; festival des lanternes de la paix de Fo Guang Shan à Kaohsiung ; lâcher de lanternes célestes à Pingxi pendant la Fête des Lanternes ; Bombardement du Seigneur Handan (炸寒单爷) à Taitung ; mets du Nouvel An tels que le gâteau de navet, dont le nom taïwanais évoque un « bon départ », et les feuilles de moutarde symbolisant la longévité.

Chine du Nord — foires de temples et jiaozi

Dans le Nord, la Fête du Printemps possède souvent une atmosphère intense, animée et solennelle. Les jiaozi occupent une place centrale. Leur forme de lingot symbolise la richesse, et leur consommation le premier jour est parfois associée à l’expression traditionnelle « changer d’année au moment du jiaozi » (更岁交子), jeu de mots reliant le passage du temps au nom de cet aliment.

Le Petit Nouvel An du Nord est généralement célébré le vingt-troisième jour du douzième mois lunaire. Visiter les foires des temples constitue une activité familiale classique, tandis que la veillée du réveillon reste également très répandue.

Le Nord-Est ajoute à ces traditions une culture hivernale propre, particulièrement visible dans les lanternes de glace et les sculptures de neige. Le Harbin Ice and Snow World attire de nombreux visiteurs pendant cette période.

Comment participer : les grandes villes du Nord organisent d’importantes foires. À Pékin, celles de Changdian, Longtan et Baiyun sont particulièrement connues. On peut y goûter des fruits d’aubépine confits, du lüdagunr et d’autres spécialités septentrionales. Dans le Nord-Est, lanternes de glace et sculptures de neige offrent une expérience singulière du Nouvel An hivernal.

Chine du Sud — marchés aux fleurs et tangyuan

Les célébrations méridionales sont tout aussi animées, mais s’inscrivent souvent dans une atmosphère plus douce et plus tempérée. Les tangyuan et le niangao y sont courants : les premiers symbolisent la réunion, tandis que le second évoque l’idée de s’élever année après année.

Le Petit Nouvel An du Sud est généralement célébré le vingt-quatrième jour du douzième mois. Dans le Lingnan, la visite des marchés aux fleurs est l’une des coutumes les plus représentatives.

De nombreuses communautés du Sud accomplissent également des cultes domestiques ou se rendent dans les temples pour demander protection. Les viandes salées occupent une place importante dans de nombreux repas de réveillon. Parmi les spectacles régionaux les plus caractéristiques figurent la danse Yingge (英歌舞) de Chaoshan, au Guangdong, et la danse des frappes de poitrine (拍胸舞) du sud du Fujian.

Comment participer : le marché aux fleurs de Xihu, dans le district de Yuexiu, et le marché aux fleurs de Tianhe, à Guangzhou, comptent parmi les lieux les plus représentatifs. Shenzhen, Foshan et Zhongshan organisent également des marchés de différentes tailles. Le climat étant relativement doux, des vêtements légers suffisent généralement, et la fin de journée offre l’ambiance la plus animée.

Langzhong, Sichuan

Langzhong, dans le Sichuan, reconnue comme l’un des grands foyers culturels de la Fête du Printemps, conserve plusieurs coutumes singulières : puiser l’eau à l’heure Yin (抢寅水), exposer les chaussures brodées (亮花鞋), la proclamation du printemps par les chunguan (春倌说春) et « marcher pour chasser les cent maladies » (游百病).

Puiser l’eau à l’heure Yin se pratique tôt le matin du premier jour. On tire l’eau des puits pendant l’heure traditionnelle yin, considérée comme particulièrement pure et capable de repousser maladies et malheurs.

Exposer les chaussures brodées constitue une manifestation folklorique caractéristique du Nouvel An local.

La proclamation du printemps par les chunguan consiste en des interprètes parcourant rues et ruelles avant le Nouvel An, portant des images du Bœuf de Printemps et récitant des vers propices.

Marcher pour chasser les cent maladies se déroule le seizième jour du premier mois lunaire : les habitants sortent, marchent et gravissent des lieux élevés, symbolisant l’idée de « faire cent pas pour éloigner cent maladies ».

Comment participer : pendant la Fête du Printemps, on peut visiter l’ancienne ville de Langzhong afin de découvrir ces traditions dans leur contexte d’origine. Les programmes culturels comprennent souvent des démonstrations. Pour participer à la collecte de l’eau, il est préférable de vérifier à l’avance les horaires et les puits désignés.

Autres traditions régionales

Les coutumes de Mongolie-Intérieure combinent des traits du Nord-Est avec des traditions pastorales. Les familles peuvent cuire à la vapeur des gâteaux de riz et des petits pains aux haricots, manger du tofu congelé ou des jiaozi végétariens, tandis que certaines familles mongoles perpétuent des rites de culte du feu et de l’oboo.

À Lanzhou, dans le Gansu, le repas du réveillon peut comprendre des nouilles saozi et des céréales sucrées fermentées. Les familles du Shanxi sont réputées pour leurs huamo décoratifs et leurs nouilles taillées au couteau. Pendant le Nouvel An, ces pains à la vapeur richement façonnés sont à la fois des aliments et des œuvres d’art populaire.

Comment participer : il est préférable de consulter les programmes locaux avant de voyager, car les coutumes varient selon les districts et les villages. En Mongolie-Intérieure, on peut découvrir des rites du feu dans les zones pastorales ; à Lanzhou, goûter des nouilles au bœuf et des céréales sucrées fermentées ; dans le Shanxi, certains ateliers et villages proposent des démonstrations de fabrication de huamo.

Conclusion

Notes persistantes

Les coutumes de la Fête du Printemps composent un immense panorama culturel structuré autour de deux idées fondamentales : « dire adieu à l’ancien » et « accueillir le nouveau ». Du grand nettoyage de la maison et du culte du Dieu du Foyer, destinés à laisser le passé derrière soi, au repas familial et à la veillée du réveillon ; des couplets et pétards qui repoussent la mauvaise fortune et invitent les bénédictions, aux visites de Nouvel An et à l’argent porte-bonheur qui renouvellent les liens humains ; de l’énergie des danses du dragon et du lion à l’effervescence des foires de temples et des marchés aux fleurs, les traditions de la Fête du Printemps préservent tout à la fois la révérence et la gratitude des anciens Chinois envers le Ciel, la Terre et la nature, ainsi que l’importance durable accordée à la famille et à l’espérance d’une vie meilleure.

La Fête du Printemps est d’abord une fête où l’on « dit adieu à l’ancien ». À partir du culte du Dieu du Foyer, autour du vingt-troisième jour du douzième mois lunaire, les habitants nettoient la poussière et les malheurs de l’année qui s’achève et décorent leurs portes de couplets et d’estampes du Nouvel An. Le soir du réveillon, la famille se réunit et veille durant les dernières heures de l’année. Ces coutumes peuvent paraître simples, mais elles expriment une profonde philosophie chinoise consistant à « éliminer l’ancien pour établir le nouveau » (除旧布新) : ce n’est qu’en laissant derrière soi ce qui est usé que l’on peut ouvrir un espace à la renaissance.

La Fête du Printemps est aussi une fête où l’on « accueille le nouveau ». Le matin du premier jour, les gens revêtent des vêtements neufs, ouvrent leurs portes au bruit des pétards et rendent visite à leurs parents et amis pour échanger des vœux. Les aînés offrent de l’argent porte-bonheur aux plus jeunes, leur souhaitant paix et sécurité. Les danses du dragon et du lion, les foires de temples et les rues fleuries transforment les espaces ordinaires en scènes de célébration collective. Enfin, les lanternes de la Fête des Lanternes referment dans la lumière le long cycle festif. Chaque coutume constitue, à sa manière, une bénédiction adressée à la vie que l’on souhaite construire pendant la nouvelle année.

Les coutumes de la Fête du Printemps réunissent ainsi l’adieu et le renouveau dans un seul cycle rituel. Dire adieu à l’ancien signifie laisser partir le passé ; accueillir le nouveau signifie placer son espoir dans l’avenir. Le premier geste exprime le respect du passage du temps ; le second célèbre la continuité de la vie.

À l’image des pétards du réveillon, qui chassent simultanément les malheurs de l’année ancienne et annoncent l’arrivée propice du printemps ; à l’image du jiaozi tenu dans la main, qui porte à la fois la saveur de la réunion familiale et l’espérance de l’avenir, la Fête du Printemps incarne un principe culturel de « poursuivre l’héritage du passé tout en ouvrant la voie à l’avenir, dans un renouvellement incessant » (继往开来、生生不息).

Cette capacité à préserver la continuité tout en accueillant le renouveau constitue l’une des clés culturelles permettant de comprendre pourquoi la Fête du Printemps a traversé plus de deux millénaires tout en conservant une extraordinaire vitalité.

Le 4 décembre 2024, la Fête du Printemps a été inscrite par l’UNESCO sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, devenant alors le 44e élément chinois inscrit sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

Les coutumes de la Fête du Printemps constituent à la fois une expression vivante de l’idéal chinois de « l’unité du Ciel et de l’humanité » (天人合一) et l’une des manifestations quotidiennes les plus puissantes du « sentiment d’attachement à la famille et à la nation » (家国情怀).

Entre l’adieu et l’accueil, entre la mémoire et l’espérance, entre le foyer et la civilisation, la Fête du Printemps renouvelle ainsi, année après année, un dialogue profond sur le temps et la vie.

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[Language: ja]

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Commentaires des Lecteurs

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